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‘“ prendre que des Barbares eussent pu aller si loin.”
Mes frères : Il y a quatorze cents ans, au bord d'une mer fameuse par ses tempêtes ; sillonnée autrefois par des milliers de flottes, tantôt marchandes, tantôt guerrières ; théâtre des plus terribles batailles navales des temps modernes—se promenait, à la fraîcheur du soir, un des plus beaux génies, un des cœurs les mieux faits dont l’histoire ait conservé le souvenir. Entraîné, jeune homme, dans de funestes, égarements, il avait eu le bonheur d'entendre une suite d'instructions où il reconnut la vérité catholique, et le bonheur encore plus grand d'être docile à la grâce, qui lui demandait de ces sacrifices si pénibles quand ils sont à faire, et qu'on aime tant à se rappeler quand ils sont accomplis. Au- GUSTIN était son nom. Les yeux fixés tour à tour sur la vague silencieuse qui venait
expirer à ses pieds, et sur les charmantes nuées du ciel d'Italie, il se répétait: ‘ Com- “ ment expliquer, comment comprendre ceci :
“ Le Père est Dieu ; le Fils est Dieu ; l’Es-
“ prit-Saint est Dieu, et tous trois ne sont ‘“ qu'un seul et même Être mystérieux, qui ‘ m'a fait, qui a fait le ciel et la terre et la ‘“ mer?” Tout à coup, il aperçoit sur le rivage un enfant d’une rare beauté, assis, tenant en main une coquille avec laquelle il venait de creuser une petite cavité dans le sable. Il avait empli sa coquille d’eau, et l’y versait lentement.—‘ Que fais-tu là, mon enfant ?” dit Augustin.—"" Ce que je fais ? 7e vide la mer ; je vais la faire toute entrer dans ce petit trou !” Un éclair brille a l'esprit d'Augustin : ‘“ Cet enfant,” dit-il, ‘“ c’Esr mot !?
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