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Remarque sur l’étendue des handea noire

L’application de la méthode de MM. Fi/.eau et Foucault offre de grandes dilïicultés. D’abord, les pouvoirs rotatoires magnétiques ne sont jamais considérables, cl il en résulte que la grandeur des rotations varie peu d’une extrémité du spectre l’autre. Ainsi, elle peut être de 7 degrés à une extrémité et de 18 degrés à l’autre. Lors donc que l’on amènera la section principale de l’analyseur parallèlement au plan de polarisation qui a été dévié de 1 o degrés, on aura là. il est vrai, une ligne noire, mais les extrémités du spectre ellesmêmes, et n fortiori les parties voisines de la ligne noire, seront trèssombres. L’intensité, en effet, sera représentée à une extrémité par sin2(io° — 7"), et à l’autre par sin2(i8° — 10"), quantités très-petites. Le spectre entier sera donc si faible qu’on aura peine à voir les raies et la situation exacte de la ligne noire.

M. Wiedemann obviait à cette difficulté par l’artifice suivant : entre le premier prisme de Nieol et la substance, on met un tube contenant une dissolution sucrée, ou plus simplement une plaque de quartz perpendiculaire dont la rotation s’ajoutera à celle de la substance soumise à l’action magnétique. Supposons que la rotation soit de 18 degrés pour les rayons rouges, de a5 degrés pour les rayons jaunes, de 5o degrés pour les rayons violets, et cela sous l’action de 1a plaque de quartz seule. La substance qui produirait les rotations 7, 10. 18 degrés ajoutera son effet au précédent, et

POLARISATION ROTATOIRE MAGNÉTIQUE

les plans de polarisation des couleurs considérées seront déviés de »5. 35, 68 degrés. Les différences de ces déviations sont assez considérables pour que, le rayon correspondant à 35 degrés étant éteint, les autres restent très-visibles. Les phénomènes sont encore bien appréciables lorsqu’on dispose la rotation magnétique pour qu’elle se retranche de lu rotation du quartz, car les différences il, iâ, 3 •> degrés dilfèrenl elles-mêmes suffisamment.

Lorsqu’on fait usage de cet artifice, il faut avoir soin de placer la dissolution active ou la plaque de quartz assez loin de l'électroaimant pour que l'inlluence de ce dernier soit négligeable.

On doit aussi ne pas exagérer l’amincissement des bandes obscures, car lorsqu’elles sont étroites elles ne se déplacent plus que par de grandes rotations de l’analyseur. Dans l’observation directe, une rotation de i i degrés suffisait pour faire parcourir à la bande noire toute l’étendue du spectre : après l’addition du quartz, le même espace n'était parcouru que par une rotation de 68 9.5 = 43 degrés,

c’est-à-dire quatre fois plus grande. La méthode perd donc sa sensibilité en devenant praticable, et par suite chaque observateur doit chercher les lames compensatrices qui lui semblent amener les déterminations dans les meilleures conditions possibles. Des rotations de 18 degrés pour les rayons rouges, a.*» degrés pour les ravens jaunes et 5o degrés pour les rayons violets, ont paru les nombres les plus convenables. On arrive à peu près à ces résultats en se servant d’une lame de quartz de t millimètre d’épaisseur. Une telle lame est très-commode parce qu’elle se place derrière le polariseur en y occupant peu de place, et qu’elle se trouve soustraite à l’action magnétique pour peu qu’on éloigne le polariseur. Mais il faut que l'axe de la lame soit bien parallèle aux rayons, et c’est une condition assez difficile à réaliser.

574. Remarque sur l’action des plaques qui ferment le tube. — Il se présente en outre deux difficultés qui exigent certaines modifications dans la disposition de l’appareil et un agrandissement notable dans ses dimensions.

Rappelons d’abord que les seules expériences qui nous intéressent sont relatives aux liquides. Ce sont les seuls corps que nous puissions

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obtenir purs et transparents. Les solides sont presque tous opaques, et le petit nombre de ceu\ qui ont de la transparence sont des verres plus ou moins trempés et de composition mal délinie : nous devons donc les laisser de côté.

Les liquides sont enfermés dans une petite cuve fermée par des plaques dont le pouvoir rotatoire sera ici très-influent. La correction, facile à faire dans les expériences sur la lumière blanche, à l’aide delà teinte de passage, est ici très-délicate, puisqu’il faudrait faire des corrections pour toutes les couleurs, et pour cela déterminer la dispersion très-petite des plans de polarisation dans ces plaques : chaque résultat serait compliqué d’une double erreur; il faut donc rendre nulle l’action des plaques.

Pour cela, on remplace les électro-aimants par des hélices, dans l’axe desquelles un long tube est disposé pour contenir le liquide; les extrémités du tube dépassent celles du manchon formé par les hélices, et les plaques cessent d’avoir aucune influence. Si, en effet, on compare l’action de cet appareil à l’effet des électro-aimants de M. Ruhmkorff, on trouve qu’une colonne d’euu de 60 centimètres n y produit pas une rotation plus grande qu’une colonne de 60 millimètres dans l’appareil de M. Ruhmkorff; l’action des plaques, qui donnait des rotations de ao minutes à i degré, ne produira plus que des rotations de a à G minutes, en les supposant placées dans l'intérieur de l’hélice; et si on les met en dehors, leur action sera tout à fait négligeable. On constate en effet quelles ne produisent pas plus de rotation quand le courant passe que lorsqu'il ne passe pas.

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