L*EZ18TE1CGE DU PEUPLE JUIF
Messieurs,
Il était indispensable de bien éclairer et de solidement établir œtte proposition : — les miracles sont des fiiifs historiques, — afin d*en obtenir nne prenve écla^ tante des interyentions multipliées de Dieu , et de la vérité des enseignements qu*il a rendus publics, par la bouche de ses représentants. Dans cette œuvre, je ne crois pas avoir épargné ma peine; si la force de mes démonstrations s'élève à la hauteur de ma bonne volonté et de Tardent désir que j*ai de vous être utile, vous devez être convaincus , et je puis être satisfait.
Toutefois, je ne me crois pas encore quitte envers
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vons. La question des miracles se préi^ente souâ un noavel aspect, qui sollicite une nouvelle étude. Au lieu d'opérer directement sur le merveilleui lui-même, nous pouvons considérer les phénomènes généraux de rhistoire, qui en dépendent, et conclure, de ces phéno* mène»!^^ la iolpee^ divine qut itottâr I^s oxpHque ; c'està -dire, nous pouvons, par une hypothèse hardie, supprimer tous les raisonnements qui ont occupé notre esprit, quand il s'est. agi de prouver l'existence de» Ifaits miraculeux , et , suivant une autre route , arriver à construire cette proposition qui dissipe tous les doutes , renverse toutes les difficultés , affermit les convictions chancelantes : le miracle est entré si intimement dans la trame religieuse de Fhistoire humaine , qu'il est impossible de nier son existence, sans faire de cette histoire même, ou le plus profond des mystères, ou la plus bizarre des contradictions, ou le plm. grand de^ prodige^
, . Plus clairement : nécessité historique dea uiiracke, pour expliquer l'es^isteuce du peuple juif; néçeasité .hi^to^ique 4^s miracles , pour expliquer riufluence et TattitudQ de Jésus.- Christ; nécesûté historique des i^ij^ficles ,. ppur expliquer l'œuvre des apôtjres. Telles sqnt ^ Messieurs , leis propositions qu'il loe reste k dévelo^iper ; je m'occuperai aujourd'hui de U première. U y a troia choses ^ coQi^idérer, dans l'histoire d'un peiipte : les idées., les événement/s, les pwsonnages: Ifs vjlée$i qui nous révèlent son e&prit ; les événements,
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qui- nom révèlent sa formation et sa rie ; les person^ nages, qni nous révèlent son caractère propre. Gon* sidérons ces trois choses dans le peuple juif, et royons combittn il remporte sur les nations antiques dont le souvenir nous a été transmis, et quelles conelasiMS nims devons tirer de cette supériorité.
Au sommet des idées, il en est une qui nous donne, mieui que toutes les antres, la mesure de l'esprit d'un peuple : c*est Tidée quil se iait de Dieu. Dieu étant le premier, le plus pur, le plus sublime des êtres, doit être représenté, dans Tcsprit humain, par la première, la plus pure, la {dus sublime des idées, et, de cette idée, les autres doivent dépendre, comme, dans Tordre des êtres, tous dépendent de Dieu. Or, Messieurs, s*il est une chose remarquable chez le peuple juif, c'est Tidée qu'il ae fait de Dieu , c'est son incomparable théologie. Dieu , pour lui , ne se rapetisse point à la mesure des faiblesses et des passions de Thumanité, mais il se tient à une distance infinie de toutes les per feintions que rintelligence peut concevoir, par le moyen des re* présentations créées.
Dieu, c'est Ehyé, l'Être des êtres; celui qui n'emprunte à personne le principe de son existence, msis
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qui le prend dans sa propre nature. Tout en lui* est être. Il n*7 a rien qu*on puisse ajouter ou retrancher, ne serait-ce que par ta pensée. Il s'est défini lui-même en ces admirables paroles : < — Je suis celui qui suis, Ego «tint qui stm.
Dieu , c'est Jihùvahf TÉtre éternel. Il résume en son nom toutes les phases de la durée : le passé, le présent, Tayenir. Gomme son nom ne se divise pas^ de même son existence ; il Toit tout passer, sans entrer dans la succession des mouvements qui emportent les natures inférieures. I^ ciel et la terre s'en vont , le manteau royal sous lequel il nous cache sa gloire, s'use à chaque instant : mais lui reste le même; ses années sont sans déclin, parce qu'elles sont sans jours. Omnessicut testimenlum veterascenl; tu autem idem ipse es, et anni tui non déficient (1).
Dieu, c*est Hélions le Très-Haut. Aucune gloire ne i^e peut mesurer avec la sienne; les plus éclatantes merveilles languissent devant lui : on ne peut rien lui comparer, que par un mensonge sacrilège.
Dieu, c'est Schaddat, le Tout -Puissant. Point de homes à sa force infinie. Il peut tout détruire, comme il a pu tout faire : un mot de sa bouche adorable a produit tous les êtres , un mot peut les repousser dans le néant.
Dieu, c'est Àdonat, le Seigneur. Sa volonté sainte
(1) Ps. CI.
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^t la règle suprême à laquelle tout doit se soumettre; c'est la raison dernière de tous les mouvements, gui agitent le monde physique et le monde moral. Il n'y a pas de petits ni de grands, quand il parle; car il est le Maître des maitres : Dominus dominantium.
Dieu« c'est le saint, le vrai, le juste, le miséricordieux. Sa bonté surpasse nos misères infinies. Il 'est le père de Torphelin, le refuge du pauvre, le soutien de roppriiné, le bouclier du juste, le vengeur du crime , le pasteur des peuples ^ la providence universelle. Son nom est admirable , sa gloire est incommunicable, ses perfections sont inénarrables. Dieu enfin, c*est TUnique; tous ceux que les nations appellent dieux sont des vanités, des ouvrages d*hommes, des monstres condamnés à l'ignominie et à la destruction.
Telle est, Messieurs, l'idée que le peuple juif s*est faite de Dieu. Vous comprenez tout de suite que le culte s*élève,en proportion de cette idée. Ce Dieu si grand , il ne faut adorer que lui ; ce Dieu si bon, il faut l'aimer de tout son esprit, de tout son cœur, de toute son Àme , de toutes ses forces ; ce Dieu si saint, il faut le respecter jusque dans son nom; ce Dieu si maître , il faut consacrer à son service une partie de sa vie. Mort à l'idolAtre , mort à l'impie , mort au blasphémateur, mort au profanateur du sabbat! A Dieu la place d'honneur au milieu d'Israël, à Dieu toute une tribu, pour le service de son temple
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ftaiat, à Dien Toffrunde du meilleur des biens dé rdomme, h Dieu les plus sublimes cantiques qu'ait jamais pu produire le génie des poètes. Le temple sera iride ; car il ne faut pas que les images , bien que bonnes et saintes, se mêlent, dans Tesprit du peuple, à ridée pure qu'il doit se former de Celui qui est; il ne faut pas que des représentations, même innocentes , le sollicitent et le fassent pencher vers ridolâtrie. Les sacrifices' seront pleins de significations mystérieuses : ici , la victime sera dévorée tout entière par les flammes, afin de mieux figurer la souveraine dépendance de Thomme; Ih, elle sera partagée entre le prêtre et le peuple , afin que ■^établisse une communion de pieuses pensées, qui les emportent vers le même Dieu. Couchés sur Tautel , les animaux ofierts , selon leur natui^ , leur nombre , leur position, deviendront un langage typique, par lequel se fera la confession des misères et des fautes que Ton vent purifier. Afin de mieux faire comprendre les saintes exigences de la majesté de Dieu, mille cérémonies rappelleront à Thomme que toujours quelques souillures se oacboit, soit dans son âme , soit dans son corps , et le rendent indigne de se tenir devant la face du Très «Haut, liais, en multipliant les rites, il aura soin d^éviter les pratiques superstitieuses, qni le mettent en puissance des mauvais esprits.
Voilà quel est Dieu et quel est son culte, dans Fldée
MS MiRAGUiê. SOS
du peuple juif. Que pense-t*il de la nature? L» oeture, «près qu'il s*Qst élevé «iu^i jusqu'à la cause supréuie, ne peut plus être pour lui ni un mystère, ni un piège 9 ni UQ scandale. Il la pénètre d'un clair regard ^ il en voit Torigine et la destination. Tous les èXr^ eeiit , sortis des mains libérales de Celui qu'il adore. Les substances, les formes, les forces, les mouvements, la vie, tout procède de lui ; mais tout est hors de lui., bien qu'il soit en tout. Chaque créature porte l'empreinte lointaine de ses perfections , et toutes les créatures ensemble forment un poëme en action , qui raconte sa gloire et sa bouté. Bénir Dieu et le faire bénir, telle est la première destioation de la nature ; et puis servir Thomme, car tout a été mis h ses pieds. Toutefois, il ne doit pas régner en t}ran : maître des créatures , il faut qu'il eu règle l'usage ; aussi les petits des oiseaux , les animaux sans défense , la terre eSktmême auront droit au respect de leur seigneur, et seront protégés par des lois, contre ses caprices et ses trop grandes avidités.
t' homme est maître de 1a nature ; mois il ne fout pas qu'il s'évanouisse daus sa propre grandeur. C'eit vrai que Pieu a pris la peiue de faoenner sou corps de ses mains très -saintes, qu'il a soufflé sur lui l'esprit de vie : une âme, merveilleuse ressemblance de l'esprit simple , intelligent , libre , immortel dont die est la rdie, une âme portant éternellement l'empreinte de la face lumineuse de Dieu : Signatmi ai &vfêf nos
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lumm vnllus tui. Domine (t). G*est à peine, enfin, si rbomme « a été fait plus petit que les anges. » Mais « en le couronnant de gloire et d*bonneur (2), » Diea Ta sacré prêtre des créatures infirmes qui rampent à ses pieds, et des mondes inintelligents qui se meuvent sur sa tète ; il n^est si grand que pour mieux , saisir la nature dans ses embrassements , et Toffrir, par la prière, à Celui qui en est le premier et souverain Maître. Gomme il ne doit point s*enfler de sa grandeur, il ne doit point non plus Toublier, en se laissant séduire par les charmes équivoques de la beauté créée, et les plaisirs trompeurs que Ton trouve dans les biens d'ici-bas. La terre n*est pas une patrie , c'est un lieu de passage. Dieu seul est la demeure immatérielle et permanente, où se repose l'âme fatiguée des luttes de la vie : In pace in idipsum, dormiam et requiescam (3). Dieu seul est la source inépuisable, où l'bomme s'abreuve et s'enivre de délices infinies : Inebriabuntur ab uberiate domus tuce^ et torrente voluptatis tuœ potahis eos (4). Dieu seul est la récompense surabondante de toutes les vertus et de tous les travaux : Ego ero merces tua magna nimis (5).
Quelles idées , Messieurs , quelle élévation d'esprit !
(i) Ps. IV.
(2) Pb. VIII.
(3) Ps*. IV.
(4) Ps. XXXV.
(5) Gen., cap. XV, v. 1.
I.a famille et la société en reçoivent, nécessairement, une influence salutaire. La famille, c*est une réunion sacrée d'êtres que Dieu a bénis. Le père y représente la providence, la mère y exerce les doux offices de Tamour, Fenfant en est Tespoir. Le père et la mère doivent y être révérés, comme les images de Dieu. La femme y est inférieure à Thomme; mais, pour qu*elle ne soit pas victime des brutalités de sa force et de rinconstance de son cœur, la loi entoure sa faiblesse d'une robuste protection : elle punit de mort les infidélités honteuses qui déshonorent le lit conjugal. I/enfant sera châtié, s*il est indocile et pervers, mais jamais livré, sans défense, à la merci des colères paternelles. Le serviteur et Tesclave doivent trouver, dans les bons traitements et la douceur du gouvernement domestique , une compensation à Thumiliation de leur état et de leurs fonctions. L'ordre , la paix, la joie, le bonheur, tels sont les avantages que la législation judaïque s*efforce de procurer à la famille, afin que, par la force même des choses, ces avantages passent à la société.
Respect de rautorité, égalité civile, amour du prochain , mutualité des bons ofiices , équilibre de la propriété , modération dans la vengeance , quand elle est devenue nécessaire à Tintérèt public : telles sont les bases de la société judaïque. L^autorité temporelle vient de Dieu; mais elle ne doit pas se substituer à lui. Ses ambitions sont contenues par une autorité plus
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pttfe, plus gmnde et plus forte, Tâutoilté spifittiellô, qui la menace et la maudit, s'il est besoin. Jamais les enfanta d'Israël ne s'aviliront devant elle, par les 1&chetcs d'une adoration sacrilège; il faut que Tacite puisse dire un jour, h leur louange, qu'ils n'ont pas, comme les antres peuples, flatté les rois et honoré les Césars, par la prostitution d'un culte qui n'est dft qu'à Dieu : Non regibus hœc adulalio , non Cœsaribus honof. Point de noblesse, point de roture; point de patriciens, point de plébéiens : mais tous peuvent revendiquer, avec la même fierté, le titre de fils d'Abraham , d'Isaac et de Jacob , Tunique d'où dérive pour tous une commune illustration. S'aimer comme des frères, s'assister datis le besoin, par des prêts désintéressés, secourir le pauvre , prendre en pitié la teuve et l'orphelin , atoir soin d'oublier pour eux, dans les sillons , les meilleurs épis d'un champ moissonné, sur les ceps, les meilleures grappes d'une vigne cueillie : c'est à quoi s'appliquerout les enfants de Dieu. Ils ne sont ici -bas que les locataires du Seigneur : Toilà pourquoi ils ne pourront jamais aliéner la propriété; aux années jubilaires , les maisous et les terred rentreront daus la possession de ceui qu'un accident avait obliges de s'en dessaisir; les dettes seront remises et les serviteurs délivres. Ainsi, point de richesses scaùdaleuseâ et oppressives, point de misères honteuses et sans espoir, point de ces contrastes hideui qui ddshoborenl une nation; mais le mouvement tranquille de la propriété , rcpre*
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oant, à de& époques rë^^lées, son équilibre. La vie àm rhomme e8t une chose sacrée : afin de le mieux faire comprendre, Tanimal homicide lui-même sera misa mort. Tout meurtrier demeurera sans asile » et chaque famille aura son \engeur. Cependant le coupaUe ne sera puni que s*il est conraincu , et tout citoyen pourra, en étendant la main sur sa tôte et en disant : — Je suis innocent du sang de cet homme , — le prendre sous sa protection, jusqu'à ce que son crime soit prouvé. Les ennemis eux-mêmes ne seront pas abandonnés aux fureurs aveugles des soldats triomphants : leurs femmea seront respectées; les massacres, les pillafea, la destrue^ tion s'arrêteront là où ils deviennent inutiles et injustes. Un voile funèbre s*étendra sur la victoire, et, afin de montrer au peuple combien la guerre est une douloureuse , terrible et funeste nécessité , les artnées n'auront point les honneurs du triomphe, mais chaque soldat se puriflera du sang que son épée a répanda .
Est-ce assex de garanties pour la société? Non, Messieurs c la loi , maltresse des oœurs , descend jusqu'en leurs plus intimes profondeurs; eUe j réprime et y condamne toutes les haines secrètes , toutes les peu'^ sées de vengeance , tous Iob désirs impurs ^ toutes lea convoitises qui s'égarent sur le bien d autrui. Et cette loi Mainte ne demeure pas, comme ailleurs, entre les mains d'une famille sacrée ou d'une caste nobiliaire; mais toutes les familles en doivent posséder un etem^ pUira» Aux jours des grandes solennités, lecture en est
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faite au peuple, aGn que, sortant de la bouche vënéFée des prêtres, elle entre plus avant dans sa mémoire et dans sa conscience.
Encore quelques mots , qui achèvent de vous flaire connaître les idées du peuple juif, et de vous révéler son esprit. Ce peuple si éclairé sar Dieu, la nature, l'homme, la famille, la société, il connaît Thistoire du monde , Torigine du mal ; il sait son avenir. De son sang naitra Celui que Thumanité tout entière attend comme un libérateur. Chaque jour, la physionomie de cet êlre mystérieux devient pour lui plus nette et plus précise; sa tribu, sa famille , sa nature, son nom , ses vertus , ses travaux , ses douleurs , sa mort , sa puissance , son triomphe , son règne , tout s*éclaire à mesure que le temps s'avance. Plus de trois cents ans avant que Theure bénie de la rédemption ait sonné, le peuple juif sait à quoi s'en tenir sur les siècles futurs.
Encore une fois , Messieurs, que de grandeur! que de sublimité! Est-ce un petit peuple que celui qui possède de telles idées? Et voyez- en , je vous prie , le couronnement, la consommation, dans leur majestueuse immutabilité. La nation est inconstante ; mais, malgré ses nombreuses défaillances , elle retourne sans cesse à son Dieu , à sa loi , à ses espérances. Des hommes de génie surviennent , dont les saints et admirables écrits sont reçus avec un pieux respect , par les rois, les prêtres et le peuple ; mais ils ne changent
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rien à Tordre établi : û poursuit sa marclie uniforme et tranquille, pendant près de quatorze siècles. Aujourd'hui, nous en rencontrons des traces vives, profondes, dans les restes mutilés de ce grand peuple , dont la mission est accomplie depuis dix -huit cents ans. Ses plus hautes et plus pures idées subsistent, dans la théologie de la nation sainte qui lui a succédé.
Maintenant, Messieurs, d'où croyez -vous que le peuple juif tienne ses idées? Est-ce des nations qui rentûurent et avec lesquelles il est en rapport? Mais si vous passez l'Euphrate , si vous traversez le désert , si vous franchissez les rochers escarpés du Liban si VDUs sortez, enfin, des étroites limites du territoire où se sont établies les douze tribus, vous vous heurtez à des contrastes qui épouvantent Timagination et navrent le cœur. Toutes les religions sont inhospitalières, pour le Dieu si haut et si parfait qu'adore Israël; les astres l'ont supplanté, les idoles ont envahi ses autels. Non -seulement les Ghananéens , les Égyptiens, les Indiens, les Ninivites, les Babyloniens, les Perses sont coupables de ces crimes ; mais ks peuples les plus policés, ceux qui nous ont laissé de leurs exploits et de leurs chefs-d'œuvre les plus authentiques monuments, ceux dont on vante, avec une opiniâtreté qui tient de la manie , la gloire , le génie , les vertus , les institutions , — les Grecs et les Romains , — sont tombés à genoux , devant les vaines images des divinités scandaleuses que leurs passions avaient inventées, pour se