‹ Conférences du Couvent de Saint-Thomas-D'Aquin de ParisChapitre 31 sur 42 · DE LA SCIENCE THÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SCIENCE THÉOLOGIQUE

cette coDclusion , Messieurs ; mais , pour Tamour de Dieu , ne tous plaignez pas si je la répète : il est des choses qu'on ne dit jamais assez.

La science théologique vous est connue, dans ses principes et ses procédés. Maintenant il est facile de déterminer sa place, par rapport aux autres sciences.

J*ai dit , avec le Docteur angélique , que la science théologique était subordonnée à la science de Dieu, des anges et des bienheureux. Par ses principes, elle participe dans le temps aux lumières de Téternité; mais, n'en ayant pas l'évidence immédiate et actuelle, elle est emportée, par son naturel mouvement, vers le lieu de son origine, et tend â se résoudre dans la science supérieure dont elle n'est ici-bas que l'humble subalterne. Cependant, bien que ses efforts ne soient pas encore couronnés et qu'elle n'ait pas acquis son perfectionnement ultérieur, elle surpasse toutes les sciences spéculatives et pratiques qui font honneur à notre raison et à notre expérience. Elle les surpasse par la certitude de ses principes, appuyés non sur l'autorité faillible de rintelligence humaine, mais sur l'autorité infaillible de l'intelligence divine ; elle les surpasse parla dignité de son objet, qui, de sa nature, échappe aux investigations de notre esprit, et ne peut être

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saisi qu'autant qu4] se livre lui-même ; elle les surpasse par la perfection de sa fin^ qui est, de toutes celles que se proposent les sciences humaines, la dernière et la plus élevée (1); enfin, 3ïessieurs, elle les surpasse parce qu'elle est la sagesse même. Écoutez sur ce sujet renseignement de saint Thomas : « La science théologique, dit-il, est sagesse entre toutes les sagesses humaines; elle est sagesse, non pas dans tel ou tel genre, mais simplement, dans le sens le plus relevé et le plus propre. Que fait le sage? il dispose, il ordonne, il juge. Il juge les choses inférieures, par une cause supérieure : c'est pourquoi nous appelons sage, dans chaque genre , celui qui considère la cause la plus élevée de ce genre. L'architecte est un sage, par rapport aux ouvriers et manœuvres qui travaillent et préparent les matières d'un édifice ; car c'est lui qui en a vu et disposé la forme dans son intelligence. Si nous considérons la vie humaine, Thomme prudent est un sage, car il dispose et ordonne ses actions vers la fin qui leur convient. Celui-là donc qui considère simplement la plus haute de toutes les causes, Dieu, peut être appelé le sage par excellence. Or, la science théologique s'occupe spécialement et proprement de Dieu , la cause suprême ; elle s'en occupe, non-seulement du côté où il se fait connaître par les créatures visibles de ce monde, mais du côté où

(1) Sum. Theol., i p., qusBst. 1, art. 5 in corpore.

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