OU DE LA CONTROVERSE RELIGIEUSE
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Nous avons couronné la Théologie, déposé le sceptre entre ses mains, et assis son trône an sommet des sciences humaines dont elle est la reine. Tout serait au mieux s'il n*y avait , dans Tempire de la grande science, un ferment de discorde qui jamais ne fut ni ne sera étouffe; si son règne, bien qu'affermi par l'autorité divine , n'était perpétuellement agité par de tumultueuses contradictions. lies oppositions intestines qui troublent chacun de nous, dans la tranquille possession de la vérité , éclatent au dehors , et la reine des sciences se voit contrainte d'appliquer à son gou-
6&6 QUARANTIEME GOMFÉREIMCE.
yernement ce vieil aniome qui dit à tout pouvoir : « Prépare la guerre , si tu veux la paii : Si vis pacetn , parabellum. » Depuis longtemps, la guerre est préparée. Saint Paul, dont le regard profond voyait, dans les premières agitations de TÉglise, le présage assuré et le germe funeste de toutes les contradictions de Terreur, voulait que son disciple fût prêt , non-seulement à exhorter les fidèles dans la saine doctrine, exhortari in doctrina mna, mais encore à repousser et à confondre les contradicteurs , et eos qui contradicunt arguere (1). Et saint Jérôme, tout fier des premiers exploits de la dialectique sacrée, s'écriait : a Tout ce qu'il 7 a dans le siècle d'opinions perverses , tout ce qui appartient à la sagesse de la terre et qui croit avoir de la solidité, tout cela est renversé par la dialectique et se résout en cendre et en fumée , comme la paille sous l'action du feu (2). » La Théologie est donc une seimoe militante, non pas à la manière de ces conquérants hardis et sans conscience qui cherchent à étendre leur pouvoir per fa$ et nefas, mais à la raaiiière de oes rois justes et padiques qu'on voit touîows en armes , aux portes de la patrie menaoée. Protéger la foi, c'est soB devoir, et, pour accomplir ce devoir, elle n'a pas d'autre bouclier ni d'autre épée que cette même raison^ dont elle se sert pour feeonder , élucider, eréoimer entre elles les vérités sumatarelles* Voilà
(1) Ad Tit, cap. i,v. 9.
(^ Iii«ffoii. mfier Btechiti.