DE LA GONTROVEBSE RELIGIEUSE
L'hérésie, jointe à des mœurs barbares, n'était-elle pas une menace suspendue sur la société tout entière, qui alors était chrétienne?*
L'adoucissement de nos mœurs , s'il est vrai qu'elles se soient adoucies, a-t-il rendu inutiles les peines aflBictiYes du moyen âge?
L Eglise est-elle responsable des excès commis par la politique, au nom de l'inquisition?
Enfin, en retranchant le nombre des victimes frappées par le pouvoir civil , sous le couvert d'une institution religieuse, que reste-t-il?
Vous le voyez, Messieurs, les questions sont nombreuses et elles sont graves. Pour y répondre entièrement et sagement, il faut étudier autre chose que les articles passionnés de nos journaux et de nos revues , autre chose que les misérables romans et pamphlets qui ont jusqu'ici formé l'opinion publique. Si vous avez le courage d'affronter ce travail , vous sentirez se dissiper une foule de préjugés , et il est possible que ce qu'on appelle avec tant de bruit une œuvre de sang et de mort, ne vous apparaisse plus que comme la juste application d'un pouvoir paternel et discret, qui veut sauver les Ames, par des peines afflictives auxquelles notre nature, toujours en garde contre la douleur, n'est jamais insensible. Mais quelle que soit la- conclusion qui vous arrive, elle ne saurait prouver ce que prétendent nos libres penseurs : que le châtiment fut l'universel
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et unique moyen de discussion employé par l'Église. Depuis que S. Paul a écrit, à son disciple Tite, les paroles que je citais en commençant : « Il faut combattre les contradicteurs de la vérité : Opartet eos qui eontradicunt arguere, » la controverse religieuse a toujours répondu aux provocations de Terreur. Justin, Irénée , Tertullien , Origène , Athanase , Hilaire , Grégoire, Ambroise, Jérôme, Augustin, Cyrille, et combien d'autres qui ne se contentèrent pas de contempler, dans la solitude, les principes divins et Tharmonie sublime des vérités surnaturelles, mais qui descendirent, armés d'un glaive impitoyable, dans la lice où s'agitaient Cérinthe, Ébion, Marcion, Valentin, Tatien, Montan, Manès, Jovinien, Arius, Pelage, Donat, Nestorius, Eutychès, et Timmense armée des hérétiques. Comme ils ont démasqué leurs vaines subtilités I Comme ils ont renversé les arguments qui leur servaient de défense I Comme ils leur ont mis sous les yeux les conséquences ruineuses de leurs fausses interprétations ! Comme ils leur ont enfoncé dans la gorge ce grand principe proclamé par Irénée : « Toute manière d'expliquer TÉcriture qui ne s'accorde point avec la tradition, doit être rejetée... Or, la tradition est la doctrine que les apôtres et Jésus -Cbrist nous ont transmise de vive voix, et qui se conserve et s'enseigne dans les Églises... Entre toutes les Églises, c'est l'Église romaine , si grande , si ancienne , si connue de tous , à laquelle doit se conformer toute autre