‹ Conférences et discours inéditsChapitre 15 sur 54 · DE MADAME, DUCHESSE D'ANGOULEME · texte numérisé non relu

DE MADAME, DUCHESSE D'ANGOULEME

au service que fit celebrer l'association Paternelle des chevaliers de saint-louis.

tn Domino Deo Israël speravit:

ilaque post eum non fuit similis ei de cuiictis regibus Juda, sed neque in his qui ante eunt

fuerunt.

11 mit son espérance au Seigneur Dieu d'Israël j c'est pourquoi il n'y en eut point après lui d'entre tous les rois de Juda qui lui fut semblable, comme il n'y en avoit point eu avant lui. IV Reg. xvxii, 5.

Madame ,

Un roi qui dans tout le cours de sa vie publique, comme de sa vie privée, ne connoit

T-ANÉGYRTQUE DE SAINT LO'îs. l3l

d'autre règle que la conscience, ni ri .1 re droit (jue la justice; un roi qui pour entier dans les vues de la sagesse éternelle ne se sert du pouvoir qu'elle lui a confié, que pour éiie l'appui des bons et l'effroi des méchans, et qui, pout le bien même de ses peuples, est ausNi incapable de souffrir la plus légère atteinte à son autorité que de la porter arbitrairement audelà des bornes légitimes; un roi qui dans lu paix fait régner, autant qu'il est en lui, la religion, les mœurs, les lois, les sciences et les lettres, Tindustrie et l'abondance; qui dans la guerre n'est jamais armé par l'ambilion ni par l'orgueil, et qui fait honorer ses victoires par la modération, comme ses revers par la magnanimité; un roi de ce caractère présente le spectacle le plus digne des regards du ciel est de la terre, des bontés du Créateur, et des hommages des mortels. Or, entre tous les rois de France, celui qui a le plus parfaiiement réalisé dans sa personne tant de grandes qualités, et dont on peut dire, comme les livres saints eji parlant d'Ezécbias, qu'il a mis en Dieu et en sa loi sa confiance et sa force, et qu'il n'a point eu d'égal dans ceux qui ont occupé son trôrje, soit avant, soit après lui; c'est celui-là même

l32 PAÎiÉGYRIQUE DÉ SAIKÏ LOTJlâ.

dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire^ c'est le roi saint Louis.

Quelle tâche en ce moment nous est imposée! Comment ne serions-nous pas effrayé de la beauté même de notre sujet, et ne sentirions-nous pas l'impuissance où nous sommes d'égaler nos paroles à sa grandeur? Et que peuvent tous nos efforts pour la gloire d'un prince, qui, grand aux yeux de ses contemporains, a été plus grand encore aux yeux de la postérité 5 d'un prince que l'histoire met au premier rang des rois et des héros, que la religion a placé sur ses autels, et dont le nom en traversant les siècles est parvenu jusqu'à nous chargé de leurs hommages et de leurs bénédictions? Surtout que pouvons-nous dire à sa louange après ce grand nombre d'orateurs renommés qui ont célébré avec tant d'éclat ses qualités politiques, guerrières et chrétiennes, dans des discours dont le public est en pos^ session? Aussi c'est bien moins pour la gloire de saint Louis que pour celle de la religion qui forma son cœur à toutes les vertus, que nous venons rappeler quelles furent au dedans comme au dehors les merveilles de son règne. Nous ne dirons rien qui ne soit garanti par les

PiWÉGYRIQUÊ ÙÊ SAINT LOUIS. l33

înonumens les plus irrécusables. Se livrer ici à de pompeuses esagéralions, ce seroit méconnoitre tout à la fois et le caractère de saint Louis qui fut grand avec simplicité, et le caractère particulier d'un auditoire chrétien qui cherche à s'édifier, non par des récils mensongers, mais par la vérité.

Saint Louis, modèle des rois par sa conduite, soit au dedans, soit au dehors de son royaume, tel est le plan et le partage de ce discours.

Page 1