‹ Conférences et discours inéditsChapitre 27 sur 54 · ÉLOGE DE JEAKKE D ARC. S^B · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE JEAKKE D ARC. S^B

qu'il avoit créés disparoissent comme des fantômes, et les dynaslies antiques se relèvent entourées de l'hommage des siècles, et nos princes reparoissent avec leurs douces et magnanimes vertus. L'héritier de soixante rois règne au même litre que ses prédécesseurs, par la grâce de celui qui a dit : C'est par moi que régnent les rois, et que les législateurs décrètent ce qui est juste. Ptv me reyes régnante, et legum conditores jusia decernuut (i).

O sainte, ô divine Providence, ce royaume qui depuis tant de siècles semble être votre royaume de prédilection, seroil-il donc maintenant rejeté de devant votre face? Comme l'impie Ballhasar, auroil-il été mis dans la balance et trouvé trop léger? Non, il n'en est pas ainsi, le trésor de vos miséricordes pour nous n'est point épuisé ^ Dieu de nos pères, vous serez toujours notre Dieu, et nous serons votre peuple. Si trop de crimes et d'impiétés ont provoqué votre justice, que de vertus aussi ont sollicité vos miséricordes, et ^wv quel lieu de la France sont tombés vos regards qui

(I) Prov. Tui, 15.

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n'ait été arrosé du sang de quelque innocente victime, martyre de sa religion et de son amour pour vous? Oui, Seigneur, vous nous conserverez la religion comme le trône de nos rois 5 et je crois entendre cette cité, et avec elle la France entière, s'écrier : Seigneur, j'ai placé en vous mon espérance, et mon espérance ne sera pas trompée. In te. Domine, nperavi', non confundar in œternum (i).

Après vous avoir montré Jeanne d'Arc dans les jours de sa prospérité, il me reste à vous la montrer dans les jours de ses malheurs.

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