‹ Conférences et discours inéditsChapitre 3 sur 54 · SUR LA PERSEVERANCE APRÈS LA PREMIÈRE COMMUNION · texte numérisé non relu

SUR LA PERSEVERANCE APRÈS LA PREMIÈRE COMMUNION

Hœc est dies quant fecit Dominas , exultemus et lœtemur in ea.

C'est ici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d'allégresse. Ps. cxvii, 24

iJuE ce jour est beau, mes chers Eni'ansî qu'il est doux, qu'il est glorieux pour vous, et que la mémoire doit vous en être chère et précieuse à jamais! Enfin vous les avez goûtées les douceurs célestes d'une première communion animée des senliraens d'une foi vive et d'une piété également tendre et respectueuse. Il est descendu dans vos âmes le Roi de gloire, pour y verser l'abondance de ses grâces et de ses bénédictions ; il est à vous comme vous êtes à lui^ et si TEglise appelle particulièrement le jour du Seigneur celui de sa résurrection glorieuse qui fut le triomphe de sa puissance, n'esl-il pas aussi bien particulièrement pour vous le

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jour du Seigneur, celui où il est venu dans vos cœurs pour y consommer le triomphe de son amour? Hœc est dies, etc. Que j'aime à me représenter par la pensée ce moment où vous avez reçu le corps adorable de Jésus-Christ! D'abord comme abiraés dans la majesté du grand Dieu que vous veniez de recevoir, vos premiers senlimens ont été ceux d'une adoralion profonde; pour vous le monde n'étoit plus, vous étiez seuls avec votre Dieu . Bientôt l'amour enflammant votre cœur, vous vous êtes entretenus avec ce Dieu de bonté, lui exposant vos besoins, et lui témoignant votre tendre confiance avec toute la candeur d'un enfant qui parle au meilleur des pères. Ensuite la reconnoissance dilatant votre cœur, vous auriez voulu, ce semble, publier dans le monde entier les miséricordes du Seigneur, inviter toutes les créatures à répéter avec vous que c'est vraiment ici le jour du Seigneur : Hœc est dies, etc. Mais où ne m'entraineroilpas, chers Enfans, le doux plaisir de célébrer votre bonheur? Sil m'est permis de me réjouir un moment avec vous, il ne faut pas que j'oublie les salutaires leçons que vous doit mon ministère. Le même apolre qui nous apprend à nous réjouir dans

Sa StTv LA PERSÉVÉRANCE

le Seigneur, nous avertit aussi d'opérer notre salut avec crainte et avec tremblement (i)- Hélas ! pourquoi faut-il que des idées d'inquiétude et d'alarme viennent se mêler aux sentimens de la joie, et que l'éclat de ce beau jour soit comme obscurci par les nuages du redoutable avenir! Non, je ne me défie pas de vos dispositions présentes 5 je crois à la sincérité des sentimens qui vous animent; vous êtes saints et purs : mais le serez-vous touj ours? Triste incertitude, mes chers Enfans î Il n'en est pas un seul parmi vous qui ne soit en ce moment pénétré pour le Seigneur de l'amour le plus sincère et le plus tendre, pas un seul qui ne forme le dessein de marcher avec courage dans les sentiers de la vertu 5 et ces heureux sentimens, vous les devez à votre Dieu qui vous a prévenus de ses dons et de ses faveurs, vous les devez encore aux dignes ministres dont le zèle aussi doux, aussi ardent qu'éclairé ne cesse de travailler à votre sanctification; et quel ne sera pas, à leur égard, votre respect et votre reconnoissance! Généreux Enfans, dans l'ardeur qui vous anime,

(1) Philip. 11, 12,

n'aimeriez-vous pas mieux expirer au pied de ces autels que d'être infidèles à votre Dieu? Oui, volontiers empruntant les paroles du vieillard Siméon tandis qu'il tenoit dans ses bras le Sauveur du monde, vous diriez : Seigneur, c'est maintenant que vous pouvez m'appeler à vous 5 votre serviteur est prêt à quitter la terre. O si vous prévoyez que je doive être infidèle à votre loi sainte^ si, enfant ingrat et rebelle, je dois manquer à l'amour que mérite le meilleur des pères; ô mon Dieu, bornez ici ma carrière, et ne prolongez pas des jours qui ne seroient point employés à vous aimer; aujourd'hui mon ame est en paix, et s'il faut mourir, je mourrai dans le sein de votre amour; Nunc dimitlts seruum tuum^ Domùie, secinidùm verhuin tuu7n in pace Çi). Qu'importe de vivre pour vous ofFenser, 6 mon Dieu ? et qu'ai-jc à faire encore sur la terre? Mes vœux sont remplis ; je l'ai vu celui qui est le salut du monde, ou plutôt je le possède dans mon ame; non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vil en moi : 6 mon Dieu, ou mourir ou vous aimer, c'est

(I) Luc. II, 29.

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le vœu de mon ame. Puisse ce désir, mes rhers En fans, être aussi durable qu'il est aujourd'hui sincère! Ce que nous savons, c'est que Dieu ne vous abandonnera pas le premier, et qu'avec le secours de la grâce vous pouvez persévérer dans la piété qui vous anime aujourd'hui. Mais quels en sont les moyens, voilà ce que nous venons vous apprendre, et ce qui va faire le sujet de ce court entretien.

Vierge sainte, les voilà ces tendres En fans qui aujourd'hui sont devenus plus particulièrement les vôtres par leur union avec Jésus- Christ leur frère, et votre fils. Montrez que vous êtes particulièrement leur mère, en demandant, en obtenant pour eux la grâce de se bien pénétrer des vérités saintes qu'ils vont entendre, et desquelles, j'ose le dire, dépend leur véritable bonheur. Jli^e, Maria.

Lorsque le Seigneur eut autrefois publié sa loi sainte sur la montagne de Sinai, Moïse fit dresser un autel environné de douze colonnes qui représentoient les douze tribus d'Israël ; et comme c'éloit la coutume de sceller les traités par le sang des victimes, il immole des hosties pacifiques. Il prend ensuite le livre de l'ai-

iiance, en fait lecture devant tout le peuple qui l'écoute en silence, et qui, après l'avoir entendu, s'écrie : Nous ferons ce que le Seigneur a dit. Alors Moïse prend du sang des animaux immolés, en fait une aspersion sur le livre de ia loi et sur le peuple, en disant : C'est ici le .ang de l'alliance que Dieu a faite avec nous (i). Or voilà, mes chers Enfans, une image frappante de l'auguste cérémonie à laquelle aujourd'hui vous avez tant de part. Dieu étoit sur son Irône; vous vous éles avancés jusqu'au pied des tabernacles où sa majesté repose, SCS ministres, comme d'autres Moïse, vous ont jKirlé en son nom, ils vous ont fait cormoitre ses volontés saintes, et vous avez promis d'y être fidèles. Ce n'est point ici une promesse vaine 5 c'est un contrat divin, irrévocable j les anges en ont été les témoins *, le ciel l'a ratifié : oui, vous avez promis à votre Dieu de le servir comme votre maître, de l'aimer comme votre père; et le Seigneur, dans sa miséricorde, s'est engagé à vous trailer comme ses serviteurs et ses enfans. Le prèlre n'a pas répandu sur vous le sang des boucs et des taureaux ; mais le

(I) Exnd. XXIV, 3 et seq.

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