DU PRIUCE DE CONDÉ
roîes que j'ai lues dans son testament : Je recommande inoii ame à r Eternel^ auxpvières des Français fidèles à hur Dieu et à leur roi. Grand Prince, j'aime à répéter devant cette assemblée une demande si chrétienne et si française, parce qu'il n'y a ici que des chrétiens et des Français.
Eh ! qui de nous, en efifet. Messieurs, voudroit perpétuer les dissensions et les haines, prêter encore l'oreille à ces doctrines d'anarchie et d'impiété qui ne pourroient qu'amener des calamités nouvelles ? Ne seroil-il pas temps enfin de bien comprendre qu'il n'y a jamais eu et qu'il n'y aura jamais pour aucun peuple de liberté sans lois, ni de lois sans morale, ni de morale sans religion? Tout peuple qui méconnoitroit ces vérités premières seroit d'autant plus aveugle qu'il se croiroit plus éclairé 5 il seroit dans l'ignorance la plus profonde, la plus honteuse du cœur humain , de ses premiers besoins comme de ses premiers devoirs. Une bouche royale nous l'a dit, qu'il ne falloit désespérer de rien avec desFrançais^ mais sachons bien aussi qu'il n'y auroit rien à espérer pour nous hors de ces jjrincipes >acrcs qui seuls peuvent conserver, comme seuls
ils ont fondé, sans exception, toutes les sociétés humaines. Le chêne antique de la monarchie, dont les rameaux ont ombragé le berceau de la plupart d'entre nous, avoit lutté durant quatorze siècles contre les vents et les orages. Enfin il fut abattu sous les coups de la plus violente tempête qui jamais ait agité le monde 5 mais ses racines étoienl demeurées cachées et vivantes sous ses débris ; et voilà que, nourri d'une sève nouvelle, il peut s'élever et croître encore sous les yeux de l'Europe, plein de vigueur et de majesté. Nos destinées sont, pour ainsi dire, dans nos mains ; il ne s'agit, pour le salut commun , que de nous raUier tous sincèrement autour de ces autels qu'ont encensés nos pères, comme aussi autour de ce trône qu'ils environnoient de leur amour et de leur fidélité.
Depuis plus de huit siècles, Messieurs, la France est gouvernée par des monaïques issus du même sang. Connoissez-vous sur la terre une race meilleure , une plus longue suite de rois pieux, vaillans et bons, plus faits pour occuper un trône, et plus dignes de commander aux hommes.-' La France, je le sais, a eu quelques médians princes 5 elle a eu