‹ Conférences et discours inéditsChapitre 40 sur 54 · DU PRINCE DE COKDÉ · texte numérisé non relu

DU PRINCE DE COKDÉ

ses jours de décadence comme de gloire, d'infortune comme de prospérité 5 telle est la commune destinée de tous les peuples de la terre. Mais où trouver en Europe une nation qui ait été pendant huit cents ans plus heureusement et plus glorieusement gouvernée que la nôtre par des princes d'une même dynastie?

Faut-il rappeler ici et ce Louis \1, nouveau fondateur de la monarchie, et ce Philippe qui mérita et qui a gardé le titre d'Auguste; et ce saint Louis, grand homme de guerre, comme grand législateur, qui sut toujours être roi en chrétien, et chrétien en roi; et ce Charles, dont le surnom atteste encore la haute sagesse 5 et ce Louis XII, le Père du jieuple ; et ce François I", le Père des lettres; et ce bon, ce grand Henri dont la mémoire sera éternellement populaire; et ce Louis-le- Grand qui a donné son nom au plus beau des siècles ; et cet immortel Duc de Bourgogne, qui promettoit à la France un règne si beau ; et ce Dauphin, plus rapproché de nous, qui joignoit tant de lumières à tant de vertus ; et ce monarque aussi bon qu'infortuné, dont je n'ose ici prononcer le nom, dont le souvenir

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nous accable, dont le cœur ne sut qu'aimer et pardonner, et qui, aujourd'hui, est un des anges tutélaires de la France, après avoir été victime de son amour pour elle? Messieurs, je crois voir ces longues générations de rois se lever de leurs sépulcres, nous apparoitre dans ce temple, toutes rayonnantes de gloire et de majesté, et présenter elles-mêmes au peuple français l'héritier de leur trône et de leur puissance. Oui, c'est de leurs royales mains que nous avons reçu notre monarque avec les princes de son auguste maison. Qu'il vive, qu'il règne, qu'il trouve en nous les sentimens que ses prédécesseurs trouvèrent toujours dans nos pères, toutes les fois qu'ils ne furent pas égarés par les fureurs des partis.

Guerriers valeureux, vous dont les uns, blanchis dans les camps, se sont illuslrés par de hauts faits -, dont les autres, trop jeunes encore pour avoir couru les mêmes hasards , bîûlent de la même ardeur, défenseurs armés du trône et de la France \ et vous aussi. Français de tous les rangs, nous tous, éclairés par la même expérience, soyons animés des mêmes sentimens. Le moment est venu de renouer pour jamais l'antique alliance de l'autel et du

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trône, de reconnoilre hautement que les deux ancres de salut pour la France sont la religion et la légitimité. Fixons tous ensemble nos regards sur ce cercueil. Là repose le héros de la fidélité. C est sur sa tombe qu'il faut abjurer nos erreurs et nos écarts, et protester plus que jamais de notre inviolable dévouement à la foi, comme aux enfans de saint Louis. Ainsi, nous marcherons sur les traces du Prince, objet de nos regrets et de notre vénération. Ainsi, chrétiens et Français, nous vivrons, nous mourrons fidèles à Dieu, au roi, à la patrie.

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