‹ Conférences et discours inéditsChapitre 8 sur 54 · INFLUENCE DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA RELIGION

que chacun peut comprendre que nous sommes les en fans du même Père, que tous nous sommes nourris du même pain de vie, soit du iiaut de la chaire de vérité, ^it au banquet sacré ^ que la même félicité est réservée à tous, et que dans le même ciel, les guerriers et les simples bergers pourront se trouver à côté du plus grand et du plus saint des rois.

Nous faisons grand bruit de nos lois nouvelles, de nos institutions, et des formes actuelles de noire gouvernement. Certes, ce sont là des choses élrangères à mon ministère: mais en ma qualité de ministre du Dieu vivant, il m'appartient de proclamer devant les sages du siècle les oracles de la sagesse éternelle. Eux et leurs svstèmes pourront bien passer, mais la parole de vérité ne passera point 5 or, il est écrit pour tous les temps, qu'en vain l'homme élève l'édifice, si la main de Dieu n'en a posé les fondemens : Nisi Dominus œdijîcaverit domum, in vanujn laboraverunt qui œdificatU eam (i). La sagesse humaine pourra bien travailler, façonner la statue, lui donner toutes les formes extérieures 5 mais qui l'ani-

(1) Ps, tXXTI, I .

StJR LA SOCIÉTÉ. ^C)

mera ? C'est dans le ciel qu'il faut aller chercher le feu divin qui doit lui donner la vie 5 ti c'est encore un écrivain sacré qui nous dit que tout don parfait descend du Père des lumières : desceniieits à Paire luminum (i).

Enfin nous faisons grand bruit de nos sciences et de nos arts ; mais je le dirai sans détour, autant j'honore, j'eslime, je révère le savoir quand il se consacre au triomphe de la vertu, autant je le méprise quand il se prostitue aux doctrines d'impiété, de corruption ; et j'entre volontiers dans la pensée du pieux AXiityxv àeV linitiitioii^ qui a dit à peu près (2) : Le simple villageois qui craint son Dieu et qui le sert dans la sincérité de son cœur, vaut bien mieux que le savant superbe qui ne refuse d'adorer Dieu que pour s'adorer lui-même.

Persuadé, comme je le suis, de tout ce que la religion a de vrai, de beau, d'utile, je ne puis que m'adresser à vous tous, qui, après avoir été réunis pour un temps, vous séparerez peut-être pour toujours, et je vous dirai : Pères vertueux, enfans soumis, magistrats intègres, administrateurs vigilans, guerriers va-

(«) Jacob. I, 17. — (2) Lib. I, cap. 11, n. 1.

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leureux, mères tendres, épouses chrétiennes, vous tous qui désirez de voir les haines cesser, les cœurs se rapprocher, les lois s'affermir, la paix se consolider, et avec elle nous venir tous les biens à la fois, ralliez-vous autour de l'autel comme du trône; devenez les apôtres de la religion, du moins par vos exemples ; et si vous avez le malheur de ne pas y croire, respeclez-la du moins pour ses hienfaits. Rentrés dans vos foyers, vous raconterez à vos familles ce que vos yeux ont vu, ce que vos cœurs ont senti, ce que je n'ose dire, mais ce que je sens comme vous. Pleins de ce souvenir, vous ranimerez autour de vous un feu sacré qui ne s'éteindra que par la ruine de vos familles et de votre patrie, de la religion cl de la royauté.

Conservez-la, cette religion sainte, comme le plus précieux héritage que vous puissiez léguer à vos enfans ; si vous ne pouvez leur laisser des richesses, laissez-leur du moins la religion avec les vertus qu'elle inspire et les consolations qu'elle donne. Par reconnoissancc et par amour, vous apprendrez à la première enfance le nom de cette bienfaitrice qui n'est connue dans cette contrée que par les heureux qu'elle fait. Si c'est pour la dernière fois qu'il

SUR LA SOCIÉTÉ. lOI

nous est donné de prier dans ce temple avec elle et pour elle, redoublez de vœux et de supplications 5 conjurez plus que jamais le ciel de lui accorder tout ce qui en faisant son bonheur feroit le nôtre, et faisons retentir à son oreille, avec une ardeur nouvelle, ce cri des cœurs français, ce chant religieux et guerrier tout ensemble, signal de l'honneur et de la fidélité : Seigneur, sauvez le Roi : Domine, salwmn fac Regem^ écoutez les vœux que nous vous adressons pour son bonheur et pour celui de son auguste famille, désormais inséparable de celui de la France^ ef exaudi nos in die qiiâ hivocaverimus te.

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