‹ Conférences et discours littérairesChapitre 12 sur 31 · Ibul, p · texte numérisé non relu

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portée, morale, permet d'initier doucement Tenfance aux principes les plus élevés et les plus salutaires.

Mais n'est-il pas nécessaire et d'étroite obligation de donner à ces notions la base fixe d'une règle dogmatique? Introduire à l'école la science et la philosophie sans la sauvegarde de l'orthodoxie ne serait-cetpas s'exposer à dessécher le cœur de l'enfance au souffle du scepticisme et de l'incrédulité? Les Américains du Nord ne l'ont pas cru : et cependant on sait l'importance qu'ils attachent à la conservation de leur foi et au respect des choses saintes. M. Hippeau nous apprend comment ils ont résolu cette délicate dilTiculté.

« Le pays, dit-il, où le sentiment religieux paraît encore le plus vivace a compris la nécessité de tenir les écoles en dehors des influences que l'esprit de prosélytisme pourrait exercer sur elles. C'est dans les temples et dans les éjilises, c'est sous la surveillance des ministres des différents cultes que doit se donner exclusivement l'enseignement religieux proprement dit et que s'expliquent et se commentent les dogmes positifs. Dans la crainte de voir imprimer à l'instruction publique une tendance sectaire, la loi exclut les ministres du culte, à quelque dénomination qu'ils appartiennent, de tous les comités dirigeant ou inspectant les écoles tenues par l'État. Et quoique les instituteurs -n'ouvrent

INTRODUCTION

jamais leurs classes sans faire faire à leurs élèves une prière commune et leur lire un chapitre de la Bible, il leur est expressément défendu de faire mention des dogmes d'aucune religion chrétienne particulière et d'aucune religion positive ^ »

On chercherait en vain comment une règle différente pourrait être équitablement appliquée dans un pays qui reconnaît la liberté et la diversité des cultes. Si l'instruction publique y était placée sous les auspices de la religion, il faudrait nécessairement, ou que l'une des confessions fût déclarée dominante et qu'on lui permît d'opprimer les autres, ou qu'on créât autant d'écoles que de confessions existantes. C'est à ce dernier parti que se sont arrêtés les auteurs du projet de loi sur l'instruction primaire qui va être présenté à l'Assemblée nationale. Ils y étaient poussés par une irrésistible logique — seulement il leur sera difficile de répondre à deux graves objections qui condamnent leur système et le feront, je l'espère, rejeter. D'une part, en faisant de l'esprit de secte le principe de l'enseignement, ils divisent la nation en fractions d'autant plus irréconciliables que supérieurs à toute discussion les motifs de leur antagonisme rendront une transaction quelconque impossible. D'autre part, des individualités isolées qui, dans les communes

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