L'Ancien Régime et la dévolution, p
INTRODUCTION
(( La division des classes fut le crime de l'ancienne royauté et devint plus tard son excuse : car, quand tous ceux qui composent la partie riche et éclairée delà nation ne peuvent plus s'entendre ni s'entr'aider dans le gouvernement, l'administration du pays par lui-même est comme impossible, il faut qu'un maître intervienne *... » Et enfin :
« Ce n'est pas une petite entreprise que de rapprocher des concitoyens qui ont ainsi vécu pendant des siècles ou étrangers ou ennemis, et de leur apprendre à conduire en commun leurs propres affaires. Il a été bien plus facile de les diviser qu'il ne l'est alors de les réunir. Nous en avons fourni au monde un mémorable exemple. Quand les différentes classes qui partageaient la société de l'ancienne France rentrèrent en contact, il y a soixante ans, après avoir été isolées si longtemps par tant de barrières, elles ne se touchèrent d'abord que par leurs endroits douloureux, et ne se retrouvèrent que pour s'entre-déchirer. Même de nos jours, leurs jalousies et leurs haines leur survivent -. »
De terribles enseignements viennent de démontrer la justesse de ces observations, en même temps la coupable légèreté avec laquelle nous avons jusqu'ici négligé de rechercher un remède à cette plaie