‹ Conférences et discours [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 49 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

vera des ailes solides pour s'envoler dans les hauteurs.

Vous connaissez l'histoire de Dédale qui avait construit le labyrinthe de la Crête? Son but était d'en faire une prison d’où les prisonniers + pourraient jamais s'évader, ce qui arrivait sans doute alors, comme aujourd’hui,

On jugea probablement que c'était un attentat contre la liberté... des prisonniers, et il en fut bien puni. Car il y fut enfermé ur des premiers, avec son fils Icare.

Or l'œuvre étaii si bien faite, je veux dire tellement inextricable, que lui-même ne pouvait trouver d'issuepour en sortir,

Mais son merveilleux génie n’était jamais à bout deressources ; et les deux prisunniers se fabriquèrent des ailes pour s'envoler par-dessus ies murailles. Seulement. ces ailes étaient en cire ; et Dédale, se défiant de la fusibilité de cette substance, se contenta de voler dans les. basses régions de l’air. Mais le fils, avec i’orgueil et la témérité de la jeunesse, s'élança vers les hauteurs et voulut s'approcher du soleil. Ses ailes fondirent, et le malheureux tomba dans la mer qui porte aujourd'hui son nom—la mer Ic sienne.

Eh ! bien messieur. nos lois sont aussi une œuvre très réussie, comme labyrinthe ; et elles sont souvent inextricables même pour les Dédales qui les font.

Vous en êtes les prisonniers, et si vous ne comptez que sur les précédents pour en sortir, rappelez-vous leprécédent d’Icare. Ce sont des ailes, sans doute, et elles-

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Vous porteront à une certaine hauteur, mais elles sont souvent en cire et quand letribunal voudra les examiaer à la pleine lumière du soleil de la justice, elles pourraient bien se fondre, et vous exposer à queique naufrage icarien.

Voilà, messieurs, ce que j'avais À vous dire du barreau et de la magistrature qui sont une des grandes forces de l'Etat, et qui doivent rester unis dans de mutuels sentiments de respect, de bienveillance et de dévouement.

Puissions-nous bien comprendre toute la grander de notre mission, et ne rien négliger, chacun dans sa sphère, pour la remplir glorieusement pour nous et utilement pour la patrie !

Le costume sévère, quasi sacerdotal que nous portons, ne couvre pas des personnages de carnaval. Il <st la livrée d’une institution presque immuable qui vit depuis des siècles et qui vivra des siècles encore. Notre toge défie à la fois la haine des hommes et le pouvoir destructeur du temps. Elle a été une des choses vénérables du passé ; elle est une des gloires du présent ; elle sera l'espérance et la sauvegarde de l'aveair, et c’est dans la splendeur de ses plis que la société menacée viendra chercher refuge à l'heure des suprémes dangers,

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