‹ Conférences et discours [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 49 · M. LE BATONNIER, MESDAMES ET MESSIEURS · texte numérisé non relu

M. LE BATONNIER, MESDAMES ET MESSIEURS

J'ai vu avec Plaisir, l'année dernière, l'inauguration de ces Conférences du Barreau, et j'ai fait de mon mieux, pour les encourager ; mais je me disais : combien de temps cela durera-t-il? Un hiver, probablement. Cela fondra avec les neiges du printemps, ou ccla brûlera dans l'incendie des élections.

Eh! bien, je constate avec bonheur que cela n'a ni fondu, ni brûlé; et je considère qu’une œuvre qui survit à la dévastation d’une Election Générale est une œuvre viable,

Je suis particulièrement heureux de voir que les Dames de Québec continuent d’honorer, ou plutôt d’embellir ces réunions d'hommes graves, que leur présence suffit à rendre moins sombres,

Sans doute, Mesdames, vous n’entendez pas toujours ici des choses amusantes. Mais en fait d’amusements, Vous n'avez pas souvent À Québec l'embarras du choix; et, supposé que vous y

prendriez des connaissances — je ne dirai pas de procédure civile, car en procédés civils, vous n'avez rien à apprendre — mais de droit, cela pourrait vous être utile à une époque où l’on parle tant des droits de la femme.

Et puis, qui sait si de ces réunions légales ne sortiront pas quelques unions légales ?

Je sais parfaitement que les mères de familles qui ont des filles À marier, et les veuves, ne pensent pas à cela en venant ici. Maisenfin on rencontre en ce monde tant d'accidents que l’on n’a pas cherchés.

Ilya d'ailleurs parmi les membre: du Barreau, des partis très présentables et assez variés. Ilyena des jeunes et des vieux, des chevelus et des chauves, des tristes et des gais, des beaux et des laide.

Il y a même des veufs rangés et sages pour les toutes jeunes filles, et des étudiants sans avenir pour les veuves qui ont beaucoup d'argent.

Je soupçonne que vous redoutez les avocats parce qu'ils contractent au Palais des habitudes chicanières, etje comprends que vous préfériez de pacifiques notaires. Mais il ne faut rien exagérer, pas même l'esprit contentieux des avocats. Il n’en manque pas à qui les chicanes du Palais suffisent amplement, et qui ne demandent pas mieux que d'avoirla paix au foyer domestique.

Je sais que la plupart sont très mélés à la politique, et que vous éprouvez une sainte horreur pour cette Dame qui séduit tant d'hommes, on ne sait pourquoi.

En cela, vous avez bien raison. Carles hommes politiques sont, ou ministériels ou oppositionnistes, Ministériels, ils sont habitués à &ouverner et ils emportent cette mauvaise habitude sous le toit conjugal. Oppositionnistes, ils sont toujours prêts à voter non confiance dans le gouvernement de leurs femmes.

Cependant, Mesdames, il Y a certainement dans l'avocat politique un bon côté, pour un certain nombre de femmes: il est toujours absent. Il faut bien qu’il aille à son bureau, au Palais, à la Chambre et au club. Et alors, s’il a soin d'apporter au foyer conjugal, quand il y rentre, assez d'argent pour avoir une maison bien tenue, une table bien servie, et une femme bien mise, c’est l'idéal des maris, pour les femmes qui aiment la solitude, et pour celles qui aiment la joyeuse compagnie,

Messieurs les avocats se vantent d’aillenrs d’être fidèles en amour, et ils citent comme précédent (ils ont des précédents pour tous les Cas possibles) un de leurs collègues défunts, de Québec, qui a fourni une belle carrière, et qui a aimé la même jeune fille pendant plus de €0 ans.

Ce précédent 4-t-il une grande autorité en faveur des avocats et de leur prétention à la fidélité ? C’est à vous d’en juger, mesdames, et de voir s’il n'y a pas des précédents contraires. Je vous ferai seulement remarquer que dans le cas cité la fidélité n'avait pas été soumise à l’épreuve du mariage. 6

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Soyons sérieux, messieurs, et luissons de côté les résultats possibles de ces réunions du Barreau, an point de vue matrimonial.

Quel en est le but vrai? Et quels avantages devonsnous en retirer ?

Le but, messieurs, est de nous faire mieux connaître et mieux aimer notre état, et la haute position que le

Barreau occupe dans la société. Le but est de nous rendre plus aptes, les uns et les autres, à remplir nos devoirs d'état et notre mission sociale dans le monde.

Et quel est l’objet de ces devoirs d'état ?

Est-ce uniquement de gagner de l'argent? Non. C’est de faire en sorte que les lois soient respectées, et que justice soit rendue à tous. C'est de faire servir, au plus grand bien du peuple et à l’agr.ndissement de la patrie, les hautes facultés, les aptitudes spéciales, les moyens d'action et l'immense influence du Barreau dans la direction des sociétés modernes,

C'est à cette hauteur qu'ii faut vous placer,messieurs, et vous l'avez compris puisqu’au début de cette nouvelle année de travail voue avez demandé les lumières de l’Esprit-Saint.

Messieurs, c’était vraiment un grand et beau spectacle que celui auquel nous assistions ce matin; et je suis encore sous l'empire de l'émotion profonde que j'en ai éprouvée.

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Il m'a semblé que tous les cœurs des étudiants et des professeurs, des Avocats et des juges, vibraient à l’unisson, quand une voix forte a poussé vers le ciel cette mystérieuse invocation: Vené Creator Spiritus ! Il m'a semblé qu'un courant de je ne sais quel magnétisme surnaturel s’établissait entre le ciel et Ja terre, et que la voûte sonore de la chapelle, transformée en un vaste appareil téléphonique, trans. mettait notre cri suppliant à l'oreille même de Dieu.

Et pourquoi donc, messieurs, cet appel à l'Esprit créateur? De quelles créations sommes-nous donc préoccupés ?

Jecomprends que l'Esprit créateur ait plané, à l'aube

de cet univers, sur les éléments à l'état de chaos, et leur ait donné la forme, l’ordre et l'harmonie, Mais aujourd’hui il ne reste plus rien à créer. Est-ce que le monde n’a pas reçu sa forme définitive ? Est-ce qu’il n’est Pas parfait ?

Hélas! non, messieurs, la et jamais parfaite.

ou formateurs.

Penda’ , cette année qui commence, qu’allons-nous faire tous ensemble, élèves et professeurs, avocats et magistrats ?

Au séminaire et à l’université on va faire des hommes ;et comme Dieua pris un peu de terre et lui a soufflé son esprit, on va Prendre des enfants et des

196 CONFÉRENCES ET DISCOURS jeunes gens, c'est-à-dire un peu de terre, et on va leur communiquer le souffle de la vie intellectuelle.

Ici, nous allons prendre la leitre morte de la loi et nous allons lui donner l'esprit, afin d'en faire une loi vivante, un instrument de l'éternelle justice.

C'est en vue de cette grande mission à remplir que nous avons tous criéce matin à l'Esprit créateur: “ Veni”!

Et ne dites pas, messieurs, que j'exagère la grandeur de votre rôle. Car la mission du Barreau ne se borne pas à remplir certains devoirs convenus à l'égard des plaideurs qui requièrent ses services. Ceci est le terre-à-terre de la profession.

Votre mission est éminement sociale. Les murs de ce palais sont trop étroits pour la contenir, et vous le savez, un grand nombre d’entre vous sont appelés sur un plus vaste théâtre.

Ce ne sont pas seulement vos clients, mais la société et votre pays qui ont droit à vor services.

Dans les temps de crise, et quand l’ordre public et la paix sociale ont besoin de défenseurs, c'est dans vos rangs qu'il faut aller les chercher.

Que cesoit le pouvoir qui commette des abus d'autorité, ou que ce soit le peuple qui abuse de la liberté, dans l’un ou l’autre péril c'est vers le Barreau que la patrie se tourne ; c'est à ses grands orateurs qu'elle demande de la sauver.

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Les conditions des sociétés modernes ne sont pas celles de l'antiquité où tous les pouvoirs se trouvaient le pl's souvent concentrés dans un seul homme.

Il ya aujourd’hui à la tête de tous les peuples chrétiens des Corps dirigeants, et ce sont eux qui &gouvernent,

Et si vous me demandez quels sont aujourd'hui ceux qui gouvernent notre Pays.je vous répondrai : c'est le prêtre dans la chaire, c'est l'avocat au barreau et à la tribune, Voilà quelles sont aujourd’hui les deux grandes forces sociales.

Eh! bien, messieurs, plus votre mission et votre

“influence dans la société sont grandes, et plus grande est votre responsabilité. Plus vous devez vous grandir Yous-mêmes pour être de taille à remplir votre noble rôle,

Pour cela, que faut-il faire ?

—1l faut travailler, travailler encore, travailler toujours.

Mais àquoi? A acquérir la science du Droit. Estce tout ?—- Non, il faut acquérir des connaissances générales, presque universelles. Est-ce tont? — Pas encore, il faut que vous sachiez l’ex poser cette science, le démontrer ce droit.

Cette justice que vous réclamez soit à l’audience, goit à la tribune, il faut que vous sachiez la faire briller aux yeux des tribunaux et des chambres. En un mot, il faut que vous possédiez l'art de la parole.

C’est la qualité maîtresse et nécessaire à votre état.

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C'est l’arme indispensable dans les luttes que vous avez à soutenir. C’est la force qui vous donnera l'influence et la gloire.

Il me semble que vous n'êtes pas assez profondément pénétrés de cette vérité: que la parole, dans son acception la plus large, — c'est-à-dire, soit écrite, soit parlée, — est la plus grande puissance de ce monde, supérieure à la force même des armes!

C’est ce que Cicéron affirmait en s’écriant: Cedant arma logæ, que les armes cèdent le pas à la toge!

Quand vous lisez l'histoire des grands conquérants, des Alexandre, des César, des Annibal et des Scipion, vous vous exaltez en voyant de quelle auréole de gloire leurs fronts sont couronnés, mais vous ne songez peut-être pas que c’estla parole écrite qui na fait briller leur gloire et qui la perpétue à travers les siècles. Ce sont les historiens et .es poètes qui les ont immortalisés.

Vous reconnaissez sans doute qu'Homère est bien plus grand que tous ses héros. Mais peut-être n’avezvous pas remarqué une chose curieuse: c’est que le grand poète, quia tant glorifié les guerriers, a cru nécessaire cependant d’en faire desorateurs. Le vieux Nestor et Ulysse paraissent s'être a ppliqués à l'éloquence plus qu'au métier des armes, et ils ont plus contribu que les autres à la prise de Troie.

Si vous vous en souvenez, Achille et même Ajax sont aussi de grands discoureurs.

La parole a de plus ce grand avantage qu’elle survit.

Quand l'épée se brise ou rentre au fourreau elle est

vite oubliée. Mais la parole une fois lancée ne s'arrête plus. Elle franchit les espaces et traverse les siècles.

Il y a 3,000 ans qu'un homme a parlé dans la terre de Hus, et la parole de Job retentit encore à nos oreilles et retentira jusqu'à la fin des temps.

Il ya1.900 ans qu'un autre homme, patron des Canadiens-Français, a été proclamé par Jésus-Christ lui-même le plus grand des enfants des hommes.

Qu'’était-il donc, et qu'est-ce qui a .ait sa grandeur ? L'Evangile nous le dit : Il était une voix criant dans ie désert !

Enfin, Dieu lui-même n’est pas seulement un Esprit, il est la Parole, le Verbe, et c’est le Verbe qui a créé et renouvelé le monde.

Donc, messieurs, rien de plus fort, rien de plus grand, rien de plus durable que la parole.

Et s'il faut un témoignage de plus, je vous citerai ce que l’Ecclésiaste, c’est-à-dire Dieu lui-même, en a dit: “Celui qui possède la acieuce de la parole possède ce qui contient tout, ” Hoc quod continet omnia scientiam habet vocis !

Résumons, messieurs, ce que je viens de vous dire, et concluons en précisant les avantages que nous devrions retirer de ces réunions du Barreau.

Voici, messieurs, ce que je désire, ce que je vous demande, et ce que j'espère.

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En premier lieu, je vous ai montré toute la grandeur de votre belle profession, et je désire que vous vous y attachiez davantage.

En second lieu, j'ai mis en pleine lumière toute la puissance de la parole et je vous demanderai de cultiver de plus en plus ce grand art.

En troisième lieu, j'espère que ces réunions contribueront, non seulement à développer la culture de l'esprit et de l'éloquence parmi vous, mais aussi à entretenir des relations plus fraternelles, de manière À donner au peuple l'exemple d’une mutuelle bienveillance et dela charité chrétienne — vertus éminemment sociales que les passions politiques font trop souvent mettre en oubli.

Et d’abord, le dévouement à votre profession, voilà sur quoi j'insiste. Mais je ne prétends pas par là vous fermer l'arène politique. Au contraire, je crois que les études et les nobles luttes du Barreau sont une préparation nécessaire aux luttes de la tribune, et je prétends que la tribune parlementaire ne peut pas se passer de vous. Mais j'insiste sur cette préparation.

Soyez avocats d'abord, faites-vous une place au premier rang dans le Barreau, assurez-vous une clientèle et les moyens d'existence qui garantissent votre indépendance; et si le pays vous appelle alors à prendre part au gouvernement de l'Etat, suivez votre vocation.

J'ai déjà dit dans une autre circonstance que dans notre pays,un homme ne peut pas avoir deux femmes,

mais il peut avoir deux carrières; seulement il est naturel que l’une prime l'autre.

En Turquie, ou ln polygamie est permise, il n'y a réellement dans Je sérail qu'une femme qui soit la reine, ou la Sultane, Eh! bien, je crois que les avocats devraient faire de même quand ils entrent dans la politique et que leur belle profession devrait être leur Sultane, afin qu'à l'heure où l'inconstance politique leur tourne le dos ils puissent revenir À leurs premières amours.

J'ai dit en second lieu que vous devriez cultiver avec plus de soin l'art de la Parole, et je vous ai montré le clergé et Je Barreau comme les deux corps diri- &eants de la société, Je n'ai Pas mentionné séparé. ment la Presse, qui est une Puissance redoutable, Parceque la presse est généralement faite par les avocats.

Eh! bien, messieurs, remarquez bien ce que je vais vous dire: quand l’un ou l'autre de ces deux corps sociaux perd son Prestige et son influence, cherchez les causes de cette déchéance, et vous verrez que l’une de ces causes est l’infériorité dans l’art de la parole.

Vous me direz peut-être: “Nous ne pouvons pas être tous des oraieurs.” Non, mais vous pouvez tous apprendre à bien Parler; et la distance n'est pas grande entre j'crateur et le beau parleur. Celui-ci repose même souvent de celui-là.

Cornme la comédie repose du drame, le beau parler repose de la grande éloquence et obtient quelquefois de plus grands succès.

Evidemment, vous n'attendez pas de moi que je vous trace les préceptes de l’éloquence, et que je vous indique :. études à faire pour acquérir ce grand art.

Laissez-moi seulement vous dire que la première condition requise est que vous sachiez parler correctement votre langue.

Messieurs, je connais à Québec, à Trois-Rivières, À Montréal, des avocats qui parlent mal, et dont les femmes parlent très bien le français.

Vous allez me dire, peut-être, que c'est naturel ? Eh! bien non, il est naturel que votre femme parle plus que vous, mais non pas mieux.

Au contraire, c'est vous qui devriez lemieux connaître votre langue puisque vous y êtes tenu par état, et que vous vivez au milieu des livres.

Dans un pays comme le nôtre il est même nécessaire —si vous voulez exercer une grande influence sur ses destinées—que vous puissiez parler le double verbe qui le distingue, —l’anglais et le français.

Mais en tout cas il ne vous est pas permis d'ignorer votre largue maternelle, la langue de vos ancêtres. C’est un devoir patriotique de la bien connaître: c'est Ja condition de salut pour votre race.

Vous avez vu quelquefois mourir un homme. Quand sa langue s'embarrasse et ne peut plus accentuer ses mots, vous vous dites: sa fin approche. Mais quand il perd tout à fait la parole, vous le considérez déjà comme un homme mort.

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Eh! bien, Messieurs, il en ent de même d'un peuple. Quand il oublie sa langue, c'est qu'il est près de mourir. Quand il a perdu le verbe qui lui est Propre et qu'il a reçu des ancêtres, ce n'est plus un peuple.

Gardez-le donc,Messieurs,ce verbe glorieux qui vous distingue, qui vous honore, et qui témoigne de votre vitalité. Gardez-la, mes chers compatriotes, cette belle langue française qui avec sa mère, la langue latine, a civilisé l'Europe ; et pour l'avenir de votre race dans l'Amérique du Nord,transmettez-la fidèlement à vos fils et à vos filles.

N us ne sommes, vous le savez, ni ]n majorité, ni la richesse, ni la puissance : tâchons d'être au moins l'aristocrutie de l'intelligence et du savoir. A l'influence de l'argent et du nombre Opposuns la culture de l'esprit et la puissance de la parole,

, Entin, Messieurs, j'ai exprimé l'espoir de voir se produire dans nos rangs des rapports plus larges de mutuelle bienveillance ec de charité chrétienne.

C’est encore là une des conditions de salut pour notre race.

Jetanc un jour ses regards sur l'avenir du christia. --3me qu'il voyait naître et grandir, saint Paul disait que le temps où il fleurirait serait celui où l’on aime rait : tempus ejus lempus amantium.

Ah ! Messieurs, que nous sommes loin de cet idéal révé par l'Apôtre des Nations ! Voyez un peu ce que font les peuples cirétiens. Pour témoigner de leur

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amour les uns pour les autres, ils entretiennent des armées permanentes innombrables et des flottes immenses destinées à répandre au loin la dévastation et la mort.

Disons-le cependant, il y a là des rivalités nationales que les différences de sang. de langue, de religion expliquent plus ou moins.

Mais nous, Messieurs, sujets de la même souveraine, habitant la même patrie, que faisons-nous ? Ne sommes-nous pas trop souvent en guerre ? Et quels sont les belligérants ? —Des Anglais d’un côté et des Français de l’autre ?

Hélas! s'il n'y avait que cela, je me l’expliquerais encore.

Mais les luttes les plus acharnées se font entre Canadiens-Français c'est-à dire entre des hommes qui ont le mème sang dans les veines, la même croyance dans l'âme, le même verbe sur les lèvres!

N'est-ce pas une aberration dans un pays où nous, sommes une minorité, et où nous ne serons forts qu’en restant unis ?

Et n’y a-t-il pas là un grave sujet de s'alarmer sur

l'avenir de notre nationalité ?

C’est le sujet que je livre à vos méditations.

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