‹ Conférences et discours [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 63 · RUE · texte numérisé non relu

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particuliire des dieux, sur une protection miraculeuse du ciel, les succès des fondateurs de villes et des chefs de races. L’Zlinde et l’Enéide en contiennent trop d'exemples connus pour qu’il soit nécessaire d’insister.

A l’origine de tout peuple, à la première page de toute constitution, à la base de toute société politique, il faut donc de toute nécessité la foi en la divinité, et un culte religieux. La religion est la pierre angulaire de tout édifice social.

Mais ce n’est pas tout. Cet édifice construit, il faut le conserver. Ce peuple né, il faut le gouverner, l’instruire, le développer. Or, tout cela est impossible sans la religion, parce que sans elle il ne peut y avoir ni morale publique, ni autorité, ni paix sociale.

Que deviendrait en effet la morale, s’il fallait en confier la garde aux seuls parlements ? Et qu'est-ce que cette morale indépendante que nous prêchent les philosophes modernes, si ce n’est l’immoralité libre et qu’on voudrait rendre légale ?

Et si nous rejetons tout principe religieux, où trouverons-nous le fondement de l’autorité ? Sera-ce dans le Contrat social ?

Mais il y a longtemps que les esprits éclairés—à quelque religion qu'ils appartiennent, et même sans religion-—-ont fait justice de cette utopie du rêveur excentrique de Genève. Et d’ailleurs ce contrat social —comme tout autre contrat—ne peut subsister qu’autant que subsiste le consentement des parties con-

tractantes, et si l’une d'elles refuse ce consentement, que devient alors le principe d’autorité ?

Et la paix sociale, si nécessaire au développement de toute race, qui la sauvegarder: si ce n’est la religion ? Problème redoutable dans les conditions présentes des sociétés modernes | ;

De nos jours, en effet, presque toutes les nations semblent accepter comme principe de gouvernement la souveraineté du peuple ; dans la forme du gouvernement qui nous régit nous-mêmes elle exerce un pouvoir presque illimité, et conséquemment il y a ici—comme dans la plupart des pays européens— deux souverains en face l’un de l’autre et tout naturellement en antagonisme: le roi et le peuple.

Comment le gouvernant et le gouverné peuventils se trouver ainsi également souverains? C’est un problème que je n'ai pas à résoudre en ce moment. Je constate seulement le fait, et je vous demande: comment ces deux puissances rivales pourront-elles gouverner sans conflit, et vivre côte à côte dans l’harmonie ? Quel pouvoir servira de contrepoids ? Quelle influence supérieure saura maintenir un juste équilibre entre les droits des peuples et les droits des rois ?

Ce problème que les politiciens libres penseurs cherchent en vain à résoudre n’a jamais eu et n’aura jamais de solution en dehors de la religion. Les droits des peuples et ceux des rois ne sont vraiment conciliables que lorsqu'ils se confondent dans la commune

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