‹ Conférences et discours [microforme] (volume 3)Chapitre 35 sur 63 · DISCOURS PRONONCÉ À LA ROCHE-SUR-YON, EN VENDÉE, LE 17 AVRII · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ À LA ROCHE-SUR-YON, EN VENDÉE, LE 17 AVRII

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Ce sont les journaux de la Vendée, de Nantes et

même de Paris, qui nous ont apporté les échos de ce

discours, et nous en trouvons un long compte rendu

dans le Publicateur, journal vendéen, et dans l'Espérance du peuple, de Nantes.

La réunion avait (té convoquée par le regretté M. Edouard de La Bassetière, député de la Vendée, et se composait de 1500 à 2000 auditeurs, parmi lesquels on distinguait des sénateurs, des députés, des conseillers généraux, des conseillers d?

arrondissement, d'anciens magistrats, et la plupart des notabilités du département.

En présentant à cette assemblée l’hôte de la Vendée, M. de La Bassetière fit un discour

8 dont nous voulons

insérer ici quelques lignes qui s’adressent À notre pays :

“ La dignité, l'indépendance d'esprit, la pureté des

mœurs, la foi catholique : voilà quelles sont les gran-

dioses floraisons qui s’épanouissent de l’autre côté de l'Atlantique, sur la terre libre du Canada. Heureuses populations, toujours fières d’avoir conservé intactes les nobles traditions des aïeux! La France, hélas! n’a pas eu la même sagesse: elle a brisé ce qui faisait sa force.

‘ Toutefois, il est encore sur la terre chérie de Dieu des âmes généreuses, des chrétiens fervents qui ne désespèrent pas de l'avenir. Les Vendéens, en partic lier, ont le droit de donner aux Canadiens le doux nom de frères, et ce n’est certes pas la faute de leurs héroïques capitaines, dignes chefs des ‘‘ géants, ” si la Révolution a conquis la patrie de saint Louis...

‘“ Les Canadiens ont mêlé leur sang au nôtre en maintes batailles: à Castelfidardo, à Mentana, ils combattaient et mouraïent à nos côtés. C’est ainsi que s'affirme la véritable fraternité; une même foi engendre les mêmes dévouements.

‘“ Au pied de la croix, le Canada et la Vendée se retrouveront toujours. Qui pourrait affirmer que Dieu n’a pas réservé pour le salut de notre pays cette terre lointaine où règne le catholicisme? Celui dont les desseins sont impénétrables nous enverra peut-être un jour, quand nous serons en danger de périr, une élite

de soldats et de prêtres qui, nouveaux colons, ramè-

rs

neront parmi nous la croix triomphante. Les descendants de ceux que le signe sacré a sauvegardés viendront alors nous le rapporter, tel qu’ils l’ont reçu de leurs pères, et la barbarie reculera, comme autrefois, devant l’étendard du Christ.”

Après ces paroles qui furent très applaudies, M. le juge Routhier prononça le discours suivant, dont quelques passages sont une réponse à ce que M. de La

Bassetière a dit.

MEspAMES, MESSIEURS,

En traversant ce matin votre noble pays, dont l’histoire a glorifié le nom jusqu'aux confins du monde, j'ai tressailli d’allégresse ; car c'était un de mes rêves longtemps caressés de visiter un jour la généreuse et catholique Vendée.

Je revoyais les grandes luttes d'autrefois et j’entendais la voix de vos héros tout à la fois soldats et martyrs. Ma présence au milieu des descendants de ces gigantesques lutteurs ajoute encore à mon émotion, et les éloges que votre éminent président vient de me prodiguer rendent ma tâche bien difficile.

Tout en craignant de ne pas répondre à votre attente, je suis sûr pourtant de votre bienveillance, car je suis un Vendéen d'Amérique. Fils de la même famille, nous sommes faits pour nous comprendre.

Quand je me reporte aux jours de mon enfance, je me souviens que je pleurais à chaudes larmes en li-

sant l’histoire de vos guerres glorieuses contre la Révolution, et j'aurais alors offert ma vie avec enthousiasme pour le triomphe de votre cause. Aujourd’hui ma vie vous serait bien inutile, mais puisque ma parole peut être mise à votre service, je vous la donne de grand cœur.

Il me semble que mon apparition dans cette enceinte doit faire naître en vous comme en moi les mêmes sentiments : ceux qu'éprouve une famille au retour d’un enfant qui a fait un bien long voyage. Je crois lire dans tous les yeux votre empressement à m'interroger, et' votre curiosité de savoir ce que je suis devenu pendant ma longue absence du toit paternel.

Eh bien ! Mesdames et Messieurs, je vais vous satisfaire ; mais ne vous attendez pas à une confession comme celle de l’enfant prodigue. L'histoire de mon pays en est plutôt la contre-partie, et si je la comparais à celle de la France contemporaine, j'aurais la franchise de vous montrer que, cette fois, c’est le père qui a été prodigue.

Cette petite malice ne saurait vous blesser. Au contraire, à cette heure où la France est tant éprouvée, à cette heure où des esprits sérieux, mais pessimistes sans doute, se demandent avec une douleur profonde si la France va se relever ou périr, ce doit être une consolation et une joie pour vous de savoir qu’au delà des mers il y a une France nouvelle, une noble fille que la vieille France a mise au monde il y a près de trois siècles, et qui conserve, en grandissant, la langue,

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les lois, les traditions et la foi religieuse qu’elle a reçues de sa mère.

D'ailleurs, Messieurs, notre gloire est la vôtre, et le Canada français n’est qu’un prolongement de votre belle patrie.

Jacques Cartier, Jolliet, La Salle, Marquette, dont les mémorables découvertes avaient donné à la France un empire colonial plus grand que l’Europe entière ; Samuel de Champlain, M. de Maisonneuve, Monseigneur de Montmorency-Laval, dont les immortelles fondations ont triomphé de toutes les épreuves et survécu à tous les désastres ; M. de Frontenac, d’Iberville, le marquis de Montcalm, le chevalier de Lévis, dont les actions héroïques rappellent les plus merveilleux exploits de la Grèce et de Rome, sont bien tous des gloires françaises. Ils étaient vos frères avant de devenir nos pères, et vos voix doivent se joindre aux nôtres pour célébrer leur mémoire.

Ce double hommage leur est bien dû, certes ; car si la France produit encore aujourd’hui des hommes illustres, je n’hésite pas à dire qu’elle compte peu de gloires aussi pures et aussi dignes de l’admiration des siècles.

En découvrant des terres inconnues, et en fondant une patrie nouvelle, ils n’obéissaient pas à des motifs d'intérêt sordide : leurs paroles, leurs écrits, leurs actions en témoignent. Animés du plus pur patriotisme et de foi chrétienne, ils nourrissaient la noble ambition d'agrandir en même temps le domaine de France et le royaume du Christ.

Hérauts de la vraie civilisation, ils plantaient la croix partout où ils arboraient l'étendard des lis; ils marchaient toujours accompagnés de quelque représentant de Dieu, et jamais ils n’entreprenaient une œuvre importante sans avoir appelé sur elle les bénédictions célestes.

Ah! Messieurs, nous accordons généralement trop d’admiration aux grands conquérants qui dévastent la terre, et dont les pas font jaillir du sol des ruisseaux de sang. Les vrais grands hommes ne sont pas ceux qui détruisent, mais ceux qui fondent; ce ne sont pas ceux qui promènent la mort au sein des peuples, mais ceux qui répandent la vie dans les déserts et les solitudes !

L'Eglise de Jésus-Christ ne s’y trompe pas, et c’est pourquoi elle chante: qu’ils sont beaux sur les montagnes et sur les âpres sentiers du désert les pieds de ceux qui annoncent la paix !

L'histoire de nos origines est riche de ces gloires pacifiques, et quand nous évoquons les grandes figures qui brillent à son frontispice, découvreurs, fondateurs et fondatrices, évêques, missionnaires, hommes de guerre et colons, nous ne savons sur quelles têtes il faudrait déposer le plus de couronnes.

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Si la France-eût persévéré dans l’œuvre de colonisation chrétienne qu’elle avait commencée en Amérique ; si, restant fidèle à sa mission, elle eût continué

CONFÉRENCES ET DISCOURS 221 d’être le missionnaire et le soldat de Dieu dans les deux continents, le royaume qu’elle eût fondé en Canada aurait multiplié sa puissance et sa gloire d'une manière merveilleuse.

Mais vous savez sur quelle pente fatale elle glissa avec le dix-huitième siècle. En repoussant les lumières de la foi, ses gouvernants et ses philosophes devinrent aveugles, et ils ne virent pas l'avenir possible de ses immenses et riches possessions d'Amérique.

Le jour vint où la Providence jugea la mère patrie indigne de conserver plus longtemps la garde de sa fille, et la lui arracha pour la confier à une tutelle étrangère.

Après une lutte des plus glorieuses, après des victoires qui rappellent votre guerre des géants, le nombre l’emporta sur le courage, et la malheureuse colonie qui avait coûté tant de sacrifices à nos pères et aux vôtres, passa sous le joug de l’Angleterre.

Ah! Messieurs, vous avez connu comme nous les douloureux lendemains de la défaite ! Vous avez souffert et pleuré comme nous en voyant l'étranger traverser en vainqueur la terre de la patrie !

Mais vous n’avez pas connu la suprême agonie d’un peuple qui se meurt! Vous n'avez pas entendu les trompettes de l’ennemi retentir comme un glas funèbre au sein de la patrie conquise et annoncer ses funérailles !

Voilà par quel deuil suprême et indescriptible vos frères d'Amérique ont passé. La patrie nouvelle qu’ils

perse nn ote eh cr NA ne Méens eé éréniitnt rer

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avaient fondée était dévastée, solitaire, transformée

en un vaste cimetière, et sur la rive de leur grand et

bien-aimé fleuve le conquérant avait planté une pierre

funéraire avec cette inscription : Ci-gît un enfant cou-

rageux et de noble lignée qui s'appelait la Novvcllerance !

Ah! me direz-vous, quel désespoir ce dut être pour nos ancêtres glorieux !

Eh bien non, ces grands cœurs ne furent pas encore désespérés.

Dans les brumes lointaines de l'avenir ils crurent voir luire encore je ne sais quels rayons d'espérance. Ils persistèrent à croire que les nations chrétiennes ne meurent pas ainsi, et qu’elles peuvent même ressusciter quand la mort les a atteintes !

O patrie des Cathelineau, des Larochejacquelein et des Charette, vous le savez bien, vous, queles peuples catholiques ne sont pas faits pour être longtemps couchés dans la tombe ; car ils ont pour chef Celui que le tombeau n’a pu contenir que trois jours, et quand il les rappelle à la vie, ils entendent sa voix jusque dans le sommeil de la mort !

C’est à cette voix, dont notre clergé fut le fidèle écho, que nos pères se relevèrent, et gardèrent leur confiance en la Providence des nations.

Longtemps ils caressèrent l'illusion d’un retour de la France, et parfois ils s’imaginaient voir des navires

français remontant le fleuve Saint-Laurent; mais ce mirage s’évanouit dans le grand cataclysme de la Révolution française.

L'un de nos meilleurs poètes a peint le découragement de nos ancôtres après la conquête, dans une légende qui est devenue très populaire au Canada, Il u représenté un porte-drapeau qui, ne pouvant survivre à la défaite, s’enveloppe de son étendard, et s’en va mourir sur le champ de bataille de Carillon, témoin de sa plus mémorable victoire.

Permettez-moi de vous en citer quelques strophes qui sont devenues pour nous presque un chant national :

‘# O Carillon, je te revois encore,

Non plus, hélas ! comme en ces jours bénis, Où dans tes murs la trompette sonore

Pour te sauver nous avait réunis !

Je viens à toi quand mon âme succombe, Et sent déjà son courage faiblir,

Et près de toi venant chercher ma tombe, Dans mon drapeau je viens ici mourir.

Mes compagnons d’une vaine espérance Berçant encor leurs cœurs toujours français, Les yeux tournés du côté de la France, Diront souvent : reviendront-ils jamais ?

L’illusion consolera leur vie:

Moi, sans espoir, quand mes jours vont finir, Je n’ai pas même une parole amie ;

Dans mon drapeau je viens ici mourir.

Cet étendard qu'aux grands jours des batailles, Noble Montcalm, tu plaças dans ma main,

Cet étendard qu’aux portes de Versailles Naguère encor je déployais en vain,

Je le remets aux champs où de ta gloire

Vivra toujours l’immortel souvenir,

Et dans ma tombe emportant ta mémoire, Dans mon drapeau je viens ici mourir!”

Messieurs, ce chant du cygne du vieux soldat canadien vous à émus, et sa mort est sans doute bien touchante, Cependant il y a mieux à faire que de mourir de douleur dans les plis de son drapeau: c’est de vivre pour lui et pour son triomphe.

Un sol£at meurt, mais le drapeau, et la cause qu’il représente ne meurent pas. Quand l’étendard tombe, les vrais braves doivent se disputer l'honneur de le relever, et tenter un suprême effort de patriotisme pour sauver la patrie.

C'est ce que les Canadiens ont fait, Ils recommencèrent la lutte, non plus sur les champs de bataille, mais dans les conseils de la nation, dans la presse, dans les associations, par la parole, par la plume, par

le désintéressement et le dévouement patriotiques.

Le trône et les forteresses étaient renversés: ils s’abritèrent derrière leurs autels restés debout. Ils se groupèrent autour de leur clergé resté fidèle à son poste. Encouragés, instruits et dirigés par l'Eglise, tendre mère qui ne les avait pas abandonnés, ils arrachèrent une à une à l'Angleterre, qui voulait les asservir, toutes les libertés dont ils jouissent maintenant,

Certes, les épreuves ne manquèrent pas, et les efforts de l’Angleterre pour nous absorber ne furent peut-être pas le plus grand des dangers que nous avons courus,

Il n’y avait pas Qu'nze ans que nous subissions le joug de l’Angleterre lorsque les colonies américaines se déclarèrent irdépendantes, et nous invitèrent à les

suivre dans leur révolte. La tentation fut grande; car Albion nous opprimait encore à cette époque, et par delà la frontière nous voyions flotter dans l’air les bannières de la France sous le commandement de Lafayette.

Qui nous a retenus à cette heure périlleuse ? Ce fut le clergé, et il eut raison. Il valait mieux pour le Canada continuer d’être une colonie anglaise que de devenir un des Etats-Unis d'Amérique.

En restant anglais, notre pays allait aussi échapper aux horreurs et aux suites désastreuses de la Révolution française. Par suite de circonstances que nous pouvons bien appeler providentielles, l'Angleterre allait nous sauver de la France, pendant que notre amour pour la France nous sauvait de l'Angleterre.

Mais c’est à l'Eglise surtout que nous avons dû notre salut. La religion est la grande école du patriotisme, et nous sommes restés Français parce que nous sommes restés catholiques.

Aussi considérons-nous l'Eglise comme notre scconde mère, puisqu'elle a sauvé et conservé jusqu’aujourd’hui cette vie nationale que nous avons reçue de la France.

C'est pourquoi nous sommes venus à son secours, dans la mesure de nos forces, quand il était encore possible de la défendre contre les envahisseurs pitmontais. Il y a quinze ans que vous avez vu trois cents Canadiens-Français passer les mers, traverser

la France, et courir à Rome faire un rempart de leurs corps autour du Souverain Pontife !

Les Italiens les ont appelés des mercenaires étrangers ! Etranges mercenaires que ces soldats qui ne recevaient pas un sou du Pontife, et que le Pontife appelait ses fils! Alors, d’ailleurs, nul n’était étranger dans la Ville Eternelle, du moment qu'il était catholique.

Je n'ignore pas, Messieurs, qu’il y a en Europe des légions de savants, d’économistes et d'hommes d'Etat qui me trouveraient bien naïf, s'ils m’entendaient soutenir que c’est la religion qui nous a sauvés. Car tous prétendent sauver les sociétés, ceux-ci par la science, ceux-là par un régime économique, les uns par des lois et des constitutions, les autres par une liquidation sociale.

Eh bien! Messieurs, permettez-moi de le dire, ce sont eux qui sont les naïfs.

On fait aujourd’hui un étalage bien pompeux des progrès de la science ; c’est un mot avec lequel bien des gens se grisent.

L'orgueil humain se vante d’avoir dompté la matière, d’être devenu le maître des éléments par la

vapeur et l'électricité ; mais si les obstacles matériels

sont vaincus, si les distances sont franchies avec la rapidité de l'éclair, l’homme n’a pas cessé de souffrir et d'être malheureux. C’est toujours l’histoire de

CONFÉRENCES ET DISCOURS 227 Prométhée dévoré par d’immortels vautours pour avoir dérobé le feu du ciel. La conquête du monde ne donne pas la paix de l’âme, et celui qui sait est moins tranquille que celui qui croit.

Et la société, est-elle bien plus prospère depuis que la science multiplie pour elle les formules et les solutions scientifiques? Hélas! il faut que la maladie soit bien grave puisqu'il y a tant d’empiriques qui proposent de lui couper radicalement les membres!

Certes, je crois à la science, mais à la science chrétienne éclairée par la foi. Quant à la science purement humaine, je la crois trop bornée pour apporter le bonheur à l’homme, et le salut à la société,

L’Arabe qui traverse le désert à cheval, porte à sa selle une petite coupe au bout d’un long cordon, et quand ii passe près d’une rivière, il y puise sans descendre de cheval l’eau qui étanche sa soif. Or, c’est ainsi que nous puisons à la source de la science, sans nous y arrêter, en courant, et dans une coupe si petite que nous éprouvons toute la vie la soif de Tantale !

Mais si la science est impuissante à sauver les s0ciétés, elles trouveront le salut dans les lois et les constitutions, lise .t les légistes.

C'est encoie une illusion, Messieurs. J’ai une entière confiance dans l'efficacité du droit et de la justice ; mais il ne f«ut pas confondre le Droit :vr: les lois. On fait mére aujourd’hui un grand nombre de lois qui sont contraires au Droit.

De combien de constitutions la France a-t-elle fait

l'essai depuis un siècle ? Combien de milliers de lois et de décrets sont insérés dans ses codes? Personne ne le sait mieux que vous, et ce n’est pas à moi de vous apprendre que les lois et les constitutions ne sauvent rien, à moins qu’elles ne soient appuyées sur le Décalogue et l'Evangile interprétés par la gardienne infaillible des dogmes chrétiens.

Voilà la plénitude, la perfection de la Loï, en dehors de laquelle les institutions et les utopies politiques sont vouées à l’impuissance. Si les peuples s’obstinert à la rejeter, ils périront.

Je ne veux pas entrer sur le terrain politique ; mai: si vous me demandez quel régime sera plus salutaire à votre patrie bien-aimée, je vous répondrai: cu sera celui qui prendra pour base et pour couronnement la ‘* Loi de Dieu.” La meilleure forme de gouvernement est celle qui reconnaît et applique franchement dans ses institutions et dans ses actes cette maxime élémentaire mais fondamentale du droit social chrétien : ‘* Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.”

Pardonnez-moi, Messieurs, cette digression dans laquelle je me suis laissé entraîner, en vous racontant comment la Religion seule a sauvé de l'absorption anglaise ce petit peuple qui, selon toutes les prévisions humaines, était destiné à périr, après les infortunes et les désastres de la conquête.

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