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CONFÉRENCES ET DISCOURS 251 enfin, l’éminent et vénéré prélat délégué vers nous par Sa Sainteté, comme un messager de la bonne nouvelle, et rehaussant encore l’éclat de cette solennité en y associant la plus antique, la plus glorieuse et la seule immortelle de toutes les royautés!
Ah ! Messieurs, en contemplant cette imposante assemblée, il me semble voir l’illustre Pontife qui gouverne en ce moment l'Eglise, et qui fait tant d'efforts pour la pacification générale des peuples et pour la conciliation des deux puissances, il me semble le voir dominant cette enceinte, embrassant dans un regard sympathique les représentants des deux pouvoirs unis en une seule famille dont il est le père souverain, et enveloppant dans une même bénédiction la mitre et la couronne, l’Eminence, l’Excellence, les archevêques, les évêques et les prêtres, les gouvernants et les gouvernés, les aïeux, les pères et les enfants !
Ce tableau grandiose en évoque un autre, qui en est pour ainsi dire l'arrière-plan, et qui représente le progrès et le développement constant des sociétés chrétiennement organisées et des sociétés religieuses. C’est l’idée dominante que je veux esquisser à grands traits dans les quelques minutes qui me sont données.
Mesdames et Messieurs, quand le soleil se lève sur les vieilles terres orientales qui furent le berceau du genre humain, les premiers fronts qu’il éclaire sont les sommets des pyramides. Mais sous les ardents
rayons du grand astre qui réchauffe et vivifie toutes choses, les fastueux tombeaux des Pharaons restent froids, lugubres et inféconds dans l’impassibilité de la mort.
C’est l’image saisissante de la stagnante immobilité des peuples orientaux, qui n’ont pas voulu se soumettre à la loi du Christ.
Mais il n’en est pas ainsi des peuples de l'Occident. Deux traits caractéristiques les distinguent: c’est le mouvement et la vie. Il ne sont pas assis à l’ombre ; ils sont debout, et ils marchent à la lumière de ce nouveau soleil que le Christ est venu allumer sur la terre et auquel il a donné son nom, le christianisme.
À mesure que cet astre radieux poursuit sa carrière vers l'extrême Occident que nous habitons, les profondeurs des solitudes s’illuminent, et l’on voit perpétuellement naître et se développer sous ses rayons bienfaisants des germinations nouvelles.
Il n’y a guère plus de deux siècles que Mgr de Laval est venu jeter en terre sur les rives du Saint-Laurent la précieuse semence d’une Eglise nouvelle, et vous savez par quels orages fut souvent accueilli cet arbre mystique qu'il arrosait de ses sueurs.
Mais les germinations que les eaux du baptême ont une fois baignées ne se flétrissent jamais complètement. Elles yâlissent, elles s’étiolent quelquefois; mais elles gardent dans leurs racines un reste de sève qui peut monter encore, ranimer la vie sous l’écorce
du tronc, et faire épanouir dans les rameaux de nouvelles floraisons,
C’est ce qui fait la supériorité de la germination religieuse sur la germination civile et politique, et le contraste entre les deux est plus frappant dans notre histoire que dans aucune autre, peut-être.
Voyez ce que sont devenues les œuvres des deux puissances créatrices auxquelles le Canada doit son origine. Le roi de France était puissant, et ilenvoyait ici des gouverneurs et des soldats. Le Pontife de Rome était faible, et il déléguait aux quelques familles qui peuplaient nos rivages l’évêque de Pétrée et quelques pauvres religieux.
Or, un siècle plus tard, la germination politique dépérissait misérablement, pendant que la germination religieuse continuait de croître. Bientôt l’œuvre du roi de France tombait en ruines, et nous pleurerions aujourd’hui sur son tombeau, si l’œuvre du Pontife ne l'avait pas sauvée! Oui, c’est un fait indéniable, que les impies eux-mêmes ne peuvent pas contester: l’œuvre du Pontife, en subsistant, a sauvé dans notre pays l’œuvre du roi. L'immortalité de l'Eglise a couvert l'Etat de son manteau, et si jamais les vaincus d’hier deviennent les vainqueurs de demain, si l'avenir voit fleurir en Amérique une France nouvelle, c’est l'Eglise qui l’aura faite |
Poursuivez encore le contraste, et voyez combien de”temps subsistent les institutions politiques, même dans notre pays, si remarquable pourtant par sa
stabilité. Qu'est devenue la constitution de 1791 ? Que reste-t-il du régime politique qu’on nous a imposé en 1841 ? Combien d’annéesencore subsistera la constitution que nous nous sommes librement donnée en 1867? En est-il un parmi vous qui puisse m'assurer qu’elle durera seulement vingt ans encore ?
Ah ! Messieurs, les institutions civiles et politiques appartiennent à l’ordre des choses qui passent, tandis que les institutions religieuses sont intimement liées à l’ordre des choses permanentes. Le temps n’appartient pas à César, mais à Dieu.
Voilà pourquoi l'Eglise et l’Etat doivent être unis afin que l'immutabilité de l’une corrige la nature variable de l’autre. Voilà pourquoi la fondation de Mgr de Laval a traversé plus de deux siècles d’orages et de luttes sans rien changer à sa constitution, à sa forme, ni à sa doctrine, mais en se développant toujours et en grandissant merveilleusement.
Quand Louis XIV, à l'apogée de sa gloire, présentait au Souverain Pontife, pour être envoyé au Canada, l’abbé de Montmorency-Laval, il ne prévoyait pas sans doute que l’humble missionnaire allait fonder en Amérique une dynastie qui durerait plus longtemps que la sienne. Et cependant, aujourd’hui, quand la descendance du roi-soleil est éteinte, quand son dernier représentant vient d’être expulsé de France et mange le pain de l’exil, on voit ici tout un peuple acclamer le quinzième successeur de Mgr de Laval, créé Cardinal!
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Comme on voit la plante dans le mystérieux travail de sa fécondité sortir de terre, s'élever, s'épanouir en feuillage et se couronner d’une fleur, comme on voit le palais et le temple, solidement assis dans les entrailles du sol, superposer leurs étages, leurs voûtes, leurs colonnades et leurs décors, et se couronner enfin d’un dôme, ainsi l’on a vu l'Eglise du Canada s’édifier lentement, grandir et se couronner enfin de la haute dignité cardinalice !
O Laval! à Plessis! dormez en paix dans les reflets d’une gloire que vous n’avez pas cherchée! Votre œuvre a grandi avec l'apothéose que la postérité vous prépare! L'édifice dent vous avez été les plus illustres architectes, le temple dont vous avez jeté dans notre sol les fondations puissantes, a reçu aujourd’hui son couronnement,
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Et vous tous, leurs successeurs, qui recueillez les fruits des semences qu'ils ont déposées en terre, Cardinal, Archevêques et Evêques, qui formez la véritable couronne de l'Eglise du Canada, vous n’oublierez pas que vos obligations et votre responsabilité grandissent
avec les honneurs qui vous incombent.
Placés au-dessus de nous, s0yez, comme dit saint Bernard, la providence de ceux qui sont en bas. Soyez leurs conseils, leurs secours, leurs serviteurs. Gouvernez pour servir. Ce n’est pas moi qui parle, c’est saint Bernard.
Faites de nous une nation d'élite, à la hauteur de la mission qui nous attend, car notre mission en Amériave n’est pas une chimère.
Le XIX"° siècle est un siècle de transition où la lutte du bien et du mal est encore indécise, mais le XX: siècle verra le triomphe du bien. Quand les peuples auront fait l'expérience de toutes les théories scientifiques et de toutes les utopies politiques du jour, quand ils auront côtoyé tous les abîmes et subi tous les désastres, ils se retourneront vers la vérité chrétienne, et l’acclameront.
Or, dans cet avenir glorieux qui se prépare, l’Amérique, et, plus particulièrement notre patrie, devront jouer un grand rôle.
Préparez-nous pour cette mission de la France d'Amérique dans l’avenir du monde.
Vous savez d’ailleurs que le principal caractère de l'Eglise dont vous êtes les chefs est l’universalité. Non seulement elle prétend remplir toute la durée des temps, mais elle veut envahir tout l’espace et conquérir toutes les nations.
Votre apostolat universel s’est manifesté dès le Cénacle, qui fut ébranlé par un grand vent, et dans lequel des langues de feu descendirent sur la tête des hommes choisis dont vous êtes les continuateurs. Or le grand vent, c’est le messager qui porte au loin sur ses ailes la parole évangélique ; c’est la force qui conduit les navires à travers les océans, et qui va semer sur les terres lointaines les germes des plantes et les
semences de la vérité. Les langues symbolisent la parole de Dieu, et elles sont de feu parce qu’elles portent avec elles la lumière et l'amour!
Eh bien! Messeigneurs, il est à l’ouest et au nord du continent américain des tribus encore infidèles et des terres encore sauvages. De vastes champs sont encore ouverts à votre zèle apostolique, et, dans un avenir plus ou moins rapproché, l'Eglise du Canada étendra vers le septentrion et vers l’occident des ramifications nouvelles. Quand l’avenir aura peuplé nos immenses territoires, de nouveaux diocèses seront créés, de nouveaux évêques seront choisis pour aller rejoindre leurs illustres collègues qui ont déjà porté l'Evangile jusqu'aux solitudes les plus éloignées; et bientôt, de l’Atlantique au Pacifique, leurs voix généreuses et fidèles s’appelleront et se répondront. Comme des sentinelles rangées de distance en distance, elles répéteront aux heures des ténèbres la parole lumineuse, le mot d'ordre qui leur viendra du général en chef, l’évêque de Rome.
Car Rome, c’est la patrie universelle : c’est le home de l'Américain comme de l’Européen, du Canadien comme de l’Italien, des enfants d’Albion comme des fils de saint Patrice.
C’est de là que vient le vrai home rule sous l’empire duquel les nations vivent, et survivent quand on croit les avoir tuées.
Rome n'appartient pas à un parti, ni même à une
nation. Elle appartient à toutes les races, elle est la
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mère de toutes les nations. Elle ne refuse à aucune ses lumières; et elle ne proscrit aucun progrès véritable, ni aucune liberté légitime.
Ceux qui croient voir un antagonisme entre son autorité et la liberté la méconnaissent, ou n’ont pas la vraie notion du progrès social. Car les deux principaux éléments de ce progrès sont l’autorité et la liberté, l’autorité qui assure l’ordre, et la liberté qui produit le mouvement. Certes, l’amour de la liberté est un sentiment naturel de l’homme, ii est profondément gravé dans son cœur. On aime la liberté comme on aime la nature, comme on aime sa patrie.
Mais il ne faut pas s’imaginer qu’il faille n’avoir aucun supérieur pour être libre. Comme dit Bossuet, où il n’y a pas de maître, tout le monde est maître, et où tout le monde est maître, tout le monde est esclave.
Le mot latin liber ne veut pas dire seulement libre, mais aussi enfant. La liberté, c’est donc la condition de fils opposée à celle d’esclave. Etre libre, c’est avoir un père pour maître. Ce n’est pas être affranchi d’obéissance et de subordination, c’est être soumis à l'autorité d’un père, au lieu d’être courbé sous le joug d’un tyran.
Sous l'empire du droit antique, les esclaves étaient des choses, et on en disposait de la même manière. Etre libre, c'est être une personne ayant un nom dans la famille, ayant une place au foyer ; c’est pou-
voir appeler son chef son père, et les autres sujets ses frères ; c’est avoir droit d’être traité comme un fils!
Eh bien! Mesdames et Messieurs, cet idéal de la liberté dans ses rapports avec l'autorité, il est réalisé dans la constitution de l'Eglise chrétienne.
Quand son chef véritable, le Christ, nous a enseigné à prier en disant: ‘ Notre Père qui êtes aux cieux...” il nous a affranchis de l'esclavage ; il a proclamé la vraie fraternité, la vraie égalité et la vraie liberté !
Aussi l’Ecriture, en racontant son ascension au ciel, prononce-t-elle cette parole remarquable, et ascendens in altum captivam duxit captivitatem, ‘‘ et remontant au ciel il .. traîné derrière lui la captivité captive.” Quelle image pittoresque et saisissante dans cet éloge du grand libérateur du genre humain !
Lorsque les conquérants dont l’histoire exalte les hauts faits revenaient de leurs lointaines expéditions, ils traînaient derrière leur char de triomphe des rois enchaînés et des populations captives. Mais ce n’est pas ainsi que le Christ a célébré son triomphe.
Plus fort qu'eux tous, et sans armées, il a su conquérir l’univers non pas pour réduire l’humanité en esclavage, mais pour l’affranchir; et, pour qu’elle fût libre à jamais, il a traîné derrière son char, en remontant au ciel, la captivité captive.
Ah! chantez sa gloire, millions d’esclaves qu'il a faits livres. Tombez à ses genoux, femmes chrétiennes que ses enseignements ont réhabilitées. Dressez-
lui des autels, peuples qu'il a délivrés du joug des tyrans |!
Voilà comment le chef invisible de l'Eglise a compris la liberté, et comment il l’a ressuscitée quand elle était morte! voilà comment il a su être père tout en proclamant qu’il était le maître! Or, celui qui le représente visiblement sur cette terre est également un père, et le plus ardent défenseur de la liberté! Que dis-je? il en est aujourd’hui le martyr! Montrons-nous donc toujours ses enfants, et nous continuerons d’être libres et de grandir sous l'autorité de ceux qu’il a chargés de nous gouverner, et qui nous transmettront ses enseignements.
L'Eglise a été notre salut dans le passé: elle sera notre gloire, notre grandeur et notre prospérité dans l'avenir.
Et maintenant, au nom de mon pays, permettezmoi de vous confier un message, Ô vous que l’immortel Léon XIII a envoyé vers nous. Lorsque vous retournerez vers lui pour lui rendre compte de votre honorable mission, assurez-le de notre amour filial pour sa personne, de notre admiration pour ses œuvres, et de notre soumission entière à son autorité.
Exprimez-lui notre reconnaissance ; car nous comprenons qu’il a vouiu non seulement récompenser le mérite personnel de notre nouveau dignitaire, mais aussi reconnaître la foi et la fidélité de toute une
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ï énrrnnntnnmannnsiasatnanhopentuanainé a san ae no ‘h CONFÉRENCES ET DISCOURS 261 — RE ee ROUES Se re
"+ race, et la rapprocher davantage de son cœur pa- di ternel. 2 is Dites-lui enfin que vous avez vu refleurir sur la ‘1h e terre américaine la France des anciens jours, une jf fille de la fille aînée de l'Eglise, toute brillante nil: e encore des promesses et des espérances du jeune âge, ; t et s’acheminant, sous l'égide d’Albion, par le libre ! développement de ses forces, sans secousse ni vio- " lence, vers la maturité et l’'émanci pation. 1] = #4 e :
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CONFÉRENCES ET DISCOURS 263 PRONONCÉ AU CONGRÈS CATHOLIQUE DE PARIS, LE 17 MAI
N'ayant pu nous procurer le texte entier de ce discours, nous en reproduisons l'analyse et les extraits publiés par le journal le Monde, de Paris, qui l’appréciait comme suit :
“ Ce discours a produit dans l'assemblée un véritable enthousiasme. Nous nous permettrions de l’appeler un hymne chanté par la poésie et l’éloquence à la gloire du Canada, si nous ne craignions que le mot ne rendît suspecte la trame historique très solide qui en fait le fond. Les applaudissements qui l’ont accueilli menaçaient de ne pas finir.”
La Gazette de France disait de son côté:
‘Le véritable succès oratoire de la soirée a été remporté par M. Routhier, juge au Canada. Il a parlé de la petite patrie française d’au delà de l'Atlantique avec une éloquence et une poésie qui défient la froide analyse; aussi regrettons-nous vivement de n'avoir pas sous les yeux le texte de ce discours pour en ex-
traire les passages les plus vibrants de foi et de patrio-
tisme. La thèse de l’orateur était simple : Au Canada, la France a fait une œuvre de foi, et c’est une œuvre de foi que le Canada est appelé à accomplir dans le monde. Là est son avenir, là est la destinée que lui réserve la Providence des nations.
‘ Lorsque M. Routhier s’est rassis, les applaudissements de l'assemblée ont éclaté, si nourris et si répétés que M. Chesnelong, debout, a dû attendre plusieurs minutes avant de féliciter l’orateur, et de lui dire avec quelle reconnaissance les catholiques français recevaient ces témoignages de vieille fraternité de la part des Canadiens, et avec quelle sincérité et quelle chaleur il prie M. Routhier de rapporter sur les bords du fleuve Saint-Laurent les mêmes marques d’inaltérable cordialité.”
L'Univers disait aussi :
“ Le spectacle de la France qui, hélas ! n'offre pas toujours des sujets de consolation, nous fait accueillir avec bonheur l’occasion de porter un instant les yeux sur l’autre rivage de l’Atlantique, celui où sont nos frères du Canada. Hier, c'était une satisfaction d’autant plus grande qu’un orateur distingué, M. Routhier, esprit fin autant qu’élevé, s’est chargé de dérouler sous nos yeux, avec un charme pénétrant, la
glorieuse histoire du Canada.
“Ce discours émaillé de traits d'esprit, écouté avec un vif intérêt, et entrecoupé par de fréquents applaudissements, s’est terminé par une ovation faite à l’orateur, qui avait su transporter son auditoire en lui faisant du Canada une peinture si belle qu’on n’y saurait voir aucune tache.
‘En réalité le tableau devrait comporter quelque ombre, et ceux qui sont au courant de ce qui se passe au Canada faisaient mentalement quelque réserve, mais on s'explique que, parlant en France, M. Routhier n'ait voulu, comme il l'a dit lui-même, voir aucune tache en son pays.”
L'Observateur Français, le Paris-Canada, le Figaro, l'édition parisienne du New- York Herald, le Calignani’s Messenger et d’autres encore firent l'éloge de ce discours.
Enfin, nous trouvons dans la Semaine religieuse de Montréal une lettre de Son Eminence le cardinal archevêque de Rheims s'exprimant ainsi au sujet du même discours :
‘On nous dit des merveilles du Canada et de ses nobles enfants. Il y a quelques semaines, à l’assemblée générale des catholiques, tenue à Paris, l’orateur qui a remporté le plus beau et le plus complet triomphe à tous les points de vue, était enfant de cette Nouvelle-France qui, fidèle à elle-même, reste le
modèle de sa mère | ”