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calme et de mystérieuses clartés. Les côtes célèbres
en naufrages dans le monde paien se sont changées
en havres de refuge, les ruineset les solitudes ont fait
place aux cités florissantes, et les chefs de peuples,
que l’humanité nommait avec terreur Néron ou Attila,
prirent dans l’histoire les noms de Charlemagne et de
saint Louis!
Il semble qu'une institution aussi bienfaisante aurait dû être protégée et maintenue dans tous les temps et par tous les hommes. Mais il n’en fut pas ainsi, vous le savez; et les Papes, la plus glorieuse de toutes les dynasties royales, la plus admirable galerie de grands hommes qui fut jamais, les Papes furent bien souvent attaqués, vilipendés, persécutés. Leur souveraineté temporelle, fondée sur les titres les plus légitimes et les plus sacrés, fut assaillie et renversée à certaines époques de désordres sociaux et de ténèbres morales.
Après avoir habité les catacombes et les prisons, les Papes ont connu l'exil. Ils en ont mangé le pain amer à Avignon, à Valence, à Savone, à Fontainebleau, à Gaëte; mais ils n’ont fait que passer dans ces villes, et toujours ils sont revenus à Rome reprendre le sceptre royal, sans avoir jamais abandonné la houlette du Pasteur universel!
Hélas! les mauvais jours des époques néfastes sont revenus!
L’illustre pontife qui gouverne aujourd’hui l'Eglise habite encore la Ville Eternelle ; mais il n’en est plus
le souverain. Il y a près de vingt ans que son domaine temporel, dont l’origine remonte à quinze siècles, lui a été arraché par la fraude et la viclence.
Ah ! sans doute on lui faisait alors bien des promesses solennelles, en face de l’Europe et de la catholicité. On reconnaissait que le Chef de l'Eglise devait être libre, et que pour être libre il devait être souverain. On s’engageait à sauvegarder son indépendance, à l’entourer d’honneurs et à le défendre contre les outrages.
Mais, depuis, les journaux, les livres, les gravures, les théâtres, l’insultent, le bafouent et le calomnient. Des réunions blasphèment contre lui aux portes même de son palais. On répète, même en présence de M. Crispi, l’inepte parole de Garibaldi, ‘ qu’il faut extirper le Pape de l'Italie comme un chancre.”
On confisque les biens des Congrégations romaines ; on déclare criminels et l’on punit tous les actes par lesquels les catholiques témoignent de leur respect et de leur dévouement au Saint-Père! L'hiver dernier, pendant mon séjour à Rome, on a destitué les syndics qui avaient osé présenter leurs hommages aù Saint-Père, à l’occasion de son jubilé.
On vient de refaire le Code pénal afin de mettre le clergé hors la loi, et l'empêcher, sous peine de prison, de réclamer l'indépendance promise à son chef suprême !
Et contre quel homme sont dirigées ces persécutions ?
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