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Il y a des gens qui disent: ‘“ À quoi bon nous agiter ? Puisque l'Eglise est d’institution divine, elle ne saurait périr ! ”
Messieurs, ce n’est pas pour l’existence de l'Eglise que nous devons craindre, mais pour le bien-être et l’avenir des sociétés. Sans doute l'Eglise ne peut pas périr ; mais elle peut être plus ou moins puissante, et le bien qu’elle fait aux sociétés humaines est proportionné à sa puissance.
Sans doute, il n’y a pas une prison, pas une forteresse qui soit assez vaste pour contenir la cons-
: me j - + mm CONFÉRENCES ET DISCOURS 285 ARE qe 2 6 cience d’un Pape; c’est là le domaine inviolable de sa liberté! Mais il ne suffit pas que la conscience du ét Pape soit libre ; il faut que son action le soit aussi. fil be Sans doute, quand on supprime son pouvoir tem- | SES à porel, son pouvoir spirituel n’est pas anéanti; mais il ji 1 A n’a plus la même puissance extérieure; il ne peut ! plus étendre librement au loin son influence et faire qu dl prévaloir ses enseignements, intervenir efficacement LC it dans les conflits des Etats, ou s’interposer entre les ns di souverains et les sujets pour rétablir partout la paix 1 1 Ni (4 et l’harmonie. 1 :
qui J'ai comparé la Papauté à un phare: détruisez la (he 1 118 tour de ce phare, et placez-en le réverbère sur le ! tte, rocher à fleur d’eau, la lumière continuera de briller, si di he mais elle ne rayonnera pas au loin, et les vagues de FINIS l’Océan empécheront de l’apercevoir. Voilà l'image ( du Pape sans pouvoir temporel.
C’est pourquoi l’indépendance du Chef de l'Eglise, —. \ que la souveraineté seule peut garantir, est nécessaire jt 1 aile À à la fois aux intérêts spirituels et aux intérêts tem- 3 porels des peuples. 1 xlise 1 L'autorité de quelques grands hommes et le témoi- ft ai ul | gnage de l’histoire suffiront à vous le démontrer. Je ‘3 f ; pas è n’invoquerai pas l'opinion des penseurs catholiques : | e, et |. elle vous est connue. ‘il )por- «| IV 1] sue ! Je commencerai par vous citer quelques libéraux 1411008 cons- À italiens, parmi les plus remarquables. Ecoutez ce que |
disait l’'éminent sénateur Cadorna : fa
‘ La nécessité absolue de la liberté effective du Pape crée un droit pour les peuples catholiques et pour leurs gouvernements ;” et M. Minghetti exprimait la même idée en termes différents.
Massimo d’Azeglio, qui fut le disciple de Cavour et qui connaissait la pensée du maître, écrivait: ‘ Le Chef de l'Eglise doit avoir le nom, l'indépendance, la grande et exceptionnelle situation d'un souverain. A] doit résider seul à Rome, sur les ruines de deux antiquités que protège et qu’illumine la majesté de la tiare, et Rome doit être à toujours en communication libre et directe avec le monde entier...”
Dans un discours prononcé au Sénat, l’éminent orateur ajoutait: ‘ J'ai peine à concevoir que le catholicisme universel puisse jamais admettre, à côté du Pape au Vatican, le roi d'Italie au Capitole.”
Et Capponi, le penseur illustre que l'Italie regarde comme une de ses gloires nationales, et dont elle a déposé les cendres, il y a quatre ans, dans le Panthéon de ses grands hommes, Capponi ne voulait pas, à cause des gouvernements étrangers, que la ville des Papes devînt la capitale du royaume d'Italie. ‘ Je crois, disait-il, que le Pape doit avoir une ville où il n'ait personne au-dessus de lui; que cette ville doit être Rome; et que Rome serait une mauvaise capitale pour l'Italie. Je crois ces trois choses fermement.”
Voilà, Messieurs, comment les adversaires euxmêmes du Souverain Pontife reconnaissent, au moins en théorie, que son indépendance est de nécessité
vd. : nn —…
ape absolue, qu’elle est un droit, non seulement pour lui, our mais pour tous les peuples catholiques, et que les t la gouvernements de ces peuples ont droit d’ exiger
qu’elle soit garantie par la souveraineté du Pontife r ét sur un domaine territorial.
« Le Ecoutez maintenant le plus grand homme d'Etat » la peut-être que l'Autriche ait jamais eu, le prince de à fl Metternich :
ati “L’Autriche est intéressée à l'indépendance du le la Souverain Pontife, et cette indépendance n'intéresse libre pas moins les autres peuples. C’est ce que j'ai tou-
jours essayé de faire comprendre aux hommes polinent tiques. Je n'ai pas fondé la nécessité de la liberté du atho- Pontife et du maintien de l'Etat pontifical sur des à du raisons spirituelles: ces politiques s’en seraient mo-
qués. Je leur ai dit: “Vous ne pouvez pas nier les arde ‘faits. Vous ne pouvez pas nier que l’Europe ne vive di le a ‘du christianisme, et que par conséquent le chef de 1 héon “la religion chrétienne ne soit dans l’ Europe un très as, à : “grand et très puissant personnage, À qui nul n’a | à des “jamais touché impunément. 8 «Te ) “Il faut que ce grand et puissant personnage habite 1} où il | in part: vous ne pouvez le nier. Il faut qu’il UE , doit | soit chez lui ou chez quelqu'un.
pitale S'il habite chez quelqu'un, il est au pouvoir de i ss | “quelqu'un. Or moi, qui ai des sujets catholiques, À eux- L qui relèvent du Pape, comment pournoins rais-je, sans m’exposer aux plus grands inconvéessité ; “nients, tolérer que le Pape eût un maître? Par le