‹ Conférences et discours [microforme] (volume 3)Chapitre 49 sur 63 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

MESSIEURS LES Erèves,

Lorsque j'étais à votre place, il m'en coûtait parfois d'obéir à M, le Supérieur, et j'avais hâte d’arriver à cette époque de la vie où je m'imaginais que je serais mon maître,

C’étaituneillusion, Messieurs, C’esten vain que l’homme rêve de liberté et d’affranchissement ; en avançant dans la vie il ne fait que changer de maîtres, et toujours il lui faut obéir à quelqu'un, ou être l’esclave de quelque devoir.

Le plus souvent ila pour maître et pour supérieur, le public, et soyez sûrs que ce n’est pas le plus facile à servir.

Ce soir, me voici soumis au même

Supérieur que vous: il m'a demandé de vous adress

er la parole, et je lui obéis, Il m'en coûte, mais il le faut bien. Au reste, Messieurs, votre éminent Supérieur (*) m'a toujours gêné. Quand j'étais son confrère de classe, j'avais l'humeur très gaie, enjouée, folâtre même : disons le mot, J'étais léger. Or il était austère, et d’une sagesse qui me paraissait surhumaine. Cela me gênait,

(*) M. Nantel, qui est encore Supérieur à Ste-Thé

rèse,

Aujourd’hui il me gêne encore; car il est là de-

vant moi, et je voudrais faire son éloge. Pour l’en pu-

nir, j'ai bien envie d’en dire du mal. Au moins vais-

je répéter le mal que j’en disais autrefois.

‘Il est sage trop jeune, disais-je alors ; vous verrez

qu’il tournera mal plus tard.” Eh bien! j'attends de-

puis lors qu’il tourne mal, et je commence à croire

qu'il ne tournera pas mal du tout.

Enfin, cela prouvera, une fois de plus, 1° que je

n'ai pas été prophète ; 2° que l’homme vaut mieux

que le diable, et n'attend pas toujours qu’il soit vieux

pour se faire ermite.

Ce qui est certain, c'est que votre excellent Su] é-

rieur ne nous a pas seulement précédés dans la vertu ;

il a également marché devant nous dans la science.

Nous ne savions rien quand il savait déjà beaucoup

de choses, et il a continué d'apprendre depuis, tandis

que nous avons peut-être oublié ce que nous savions.

I ya ici un autre homme à qui j'ai des reproches

sérieux à faire; car c’est sa faute si j'ai passé tant de

temps à faire des vers que personne ne lit, Il est

maintenant Principal de l'Ecole normale Jacques-Car-

tier; mais il était alors notre professeur de rhétorique.

Un jour, il nous donna comme sujet de discours :

‘‘Les adieux des exilés canadiens à leur pays en 1858.

Les vers n'étaient pas admis, mais le sujet prétait à

la poésie: je le traitai en vers, et jattendis mon châti-

ment.

Eh bien! Messieurs, cet homme qui nous paraissait

là deen puy vais-

verrez 1ds decroire

que je inieux

, vieux

;, Su} évertu ; cience.

iucoup tandis avions.

roches tant de Il est es-Carorique.

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