SCOUTS
| 1838.” ‘était à
1 châti-
raissait
toc, fe " RE Ce na ca SO PET EN PRET En
si sévère et si fort,se montra faible dans cette cecasion, Cet esclave de la règle mit la règle de côté, et procla- Ma ma composition la meilleure. Ce ne fut pas tout : il me remit, en cachette, un volume des Méditations de Lamartine, en me recommandant de ne pas le dire au directeur ; le directeur, c'était lui.
Je n'ai jamais revu ces premiers vers, qui avaient eu pour moi l'attrait du fruit défendu ; mais il est évident qu’en les accueillant avec faveur, notre professeur, qui était dès lors un éminent homme de lettres, a fait preuve d’une indulgence coupable.
Je lui pardonne, parce que la poésie m'a procuré, depuis, bien des heures délicieuses. Mais je mets à sa charge tous les vers que j'ai faits, lorsque mon publie s’en plaint; et je lui garde rancune de m'avoir attiré tant d'albums de femmes à griffonner {n'allez pas comprendre de femmes à griffonner).
Cependant il faut être juste, et je dois, en revanche, le remercier pour l'argent que mes vers m'ont rapporté.
Oui, Messieurs, c’est invraisemblable, mais cest vrai: on nelit pas mes vers, mais on ls achète. Il fut même un temps où ma muse, tant calomniée, me fut d’un secours pécuniaire très appréciable.
J'étais à l’université Lavai :. cu par charité, et ma bourse étaic vide. Gr, tarmi mes amarades il y en avait qui étaient mches et qui, sans avoir eu aucun commerce avec les Muses, étaient souvent sollicités (suivant la mode d'alors, qui n'est Las encore
entièrement passée) d'écrire dans les albums des jeunes filles. Dans leur embarras ils avaient recours à moi, et ils me payaient.
Que de sentiments tendres j'ai ainsi versifiés pour des inconnues! Que de madrigaux plus ou moins sincères, que d’épîtres enflammées j’ai ainsi éparpillés dans les salons, et qui sont signés par de braves médecins et par d’excellents notaires de campagne qui pouvaient à peine faire rimer lyre avec délire !
Au reste, je n’affirme pas qu’ils en avaient pour leur argent. Je leur vendais la propriété littéraire de mes œuvres au taux de $3.00 à $4.00 par cent vers, et j'ignore s’ils en ont jamais pu tirer aucun profit. Malheur à moi, si mes vers les ont conduits à quelque mariage malheureux !
En justice pour ma muse, je dois ajouter qu’elle a servi depuis de plus nobles causes, et qu’elle n’a jamais mis ses services à l’enchère.
CDRORRREEEEEEE) 0000000 000000000000 © 0000000800 reneueese