‹ Conférences et discours [microforme] (volume 3)Chapitre 51 sur 63 · AUTRE FRAGMENT · texte numérisé non relu

AUTRE FRAGMENT

Messieurs, on se plaint généralement dansle monde que les grands hommes se font rares; et dans notre pays vous avez dû entendre dire souvent que nous manquons d'hommes.

Eh bien! Messieurs, ce sont les collèges qui doivent nous faire des hommes, et vons devez travailler à le devenir. Vous ne savez pas encore quelles destinées Dieu vous prépare; mais soyez bien sûrs que vous

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nr et aurez tous une mission à remplir, mission élevée pour quelques-uns, mission modeste mais non moins méritoire pour le grand nombre,

Il est également certain que, dans toutes les carrières, Vous serez appelés à servir Dieu et la patrie dans la mesure de vos forces et dans les limites de os attributions.

Or, pour vous bien préparer à ce double service, il faut nourrir et développer dans vos cœurs un double amour, l’amour de la science et celui de la religion ; et soyez bien convaincus d’une chose, c’est que la science trouve dans la religion un puissant auxiliaire.

Vous connaissez tous une fleur qu’on appelle le tournesol, et vous savez pourquoi on la nomme ainsi: c’est que pendant tout le jour elle suit le soleil dans sa course, en se tenant tournée vers Ii. Pourquoi cela ? Evidemment parce qu'elle reçoit du soleil lu lumière, la force, la vie.

Eh bien! Messieurs, il y a la même affinité entre la vraie science et la religion. Otez le solei] à la fleur, elle dépérit; ôtez la religion à la science, elle tombe en Aéradence. Aussi la religion a-t-elle été la grande insiifurice des nations.

Maï: ve n'es, pas tout d'aimer la science, il faut tra\all'er à l’acquérir! il faut entrer laborieusement dans la vaite champ qu’elle ouvre devant vous, et vous efforcer de le parcourir sous la direction et la garde de la foi, pendant des années de labeurs et de vailles,

111 Vous n'êtes pas tous doués de ces brillantes facultés qui sont le partage de quelques privilégiés ; mais

il arrive souvent qu’un travail persévérant accomplit

ce que le talent n’a pu faire.

En vous promenant sur les rivages d’une rivière, ou dans le lit desséché d’un torrent, vous avez dû par-

fois ramasser quelqu’une de ces pierres rondes et po-

lies que les flots avaient entraînées dans leur course.

Vous avez dû admirer alors le merveilleux travail de

l’eau.

Rien n'est : ‘ar qu’un caillou, et cependant voyez ce que l& : ::ce en a fait. Elle l’a pris rude,

grossier, anguleux, plein d’aspérités ; elle l’a lavé,

roulé, frotté sans se lasser jamais, et elle a fini par

lui donner ce poli et ce brillant que vous savez.

Eh bien ! Messieurs, ce travail de la vague doit être le modèle du vôtre et de celui de vos professeurs. Lors

même que votre esprit se montrerait revêche et rude, il ne faut pas vous décourager. Si vous y mettez de

la bonne volonté et de la persévérance, le zele et le

dévouement de vos professeurs développeront vos fa-

cultés, et vous mettront en état de faire honneur à

votre pays dans la carrière que vous embrasserez. Ah! Messieurs, profitez bien du temps de vos études. Je ne sais plus quel pensrur a dit que le temps est une

pluie d’or. Cela est surtout vrai à l'âge où vous êtes ; recueillez donc soigneusement chacune de ces gouttes

d’or, afin de vous amasser un trésor pour l'avenir.

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