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commencées, et que je me propose de continuer, les droits de l'époux et de l'épouse, du père, de la mère et de l’enfant, sont les premiers qu’il convient d’étudier, à raison de l’antériorité de leur origine.
Suivant l’ordre naturel et logique les sujets d'étude qui s'imposent à notre examen doivent être en premier lieu la société domestique, en second lieu la société civile, en troisième lieu la société religieuse, et en dernier lieu les rapports de ces différentes sociétés entre elles. C’est aussi l’ordre adopté dans les codes des nations, et les questions de mariage et de filiation y précèdent toujours toutes les autres matières de Droit civil.
La société domestique a pris naissance longtemps avant la société civile, et le mariage du premier homme a été le premier acte de sa vie sociale. Aussi lisons-nous dans la Bible le récit de ce mariage immédiatement après celui de la création du monde.
A peine l’homme a-t-il vu le jour que le caractère éminemment social de sa nature ge révèle, et Dieu lui-même le constate en disant : “Il n’est pas bon que l’homme soit seul!” Alors la sagesse divine veut compléter son chef-d'œuvre, et elle fonde la société domestique, qui deviendra la mère de la société civile, comme Adam sera le père du genre humain.
C’est cette première société que nous allons étudier ensemble.
Je vous avoue, Messieurs, que je n’aborde un pareil sujet qu'avec crainte; car il en est peu, je pense, qui
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soient plus féconds en difficultés juridiques et théologiques, et je redoute de n'avoir pas les lumières nécessaires pour le traiter comme il faudrait. Mais il s’impose vraiment aux Ctudes de Droit chrétien que jai commencées, et c’est d’ailleurs le temps d’en parler, puisque les principes qui le régissent sont maintenant remis en question dans un grand nombre de pays.
En pareille matière, il me semble convenable de déclarer que j'accepte entièrement et sans restriction les doctrines de l'Eglise catholique, et que je réprouve sans discuter toutes les erreurs qu’elles condamnent. Si donc il m'arrivait de commettre sans le vouloir quelque erreur de doctrine, je me ferai un devoir de la répudier, aussitôt qu’on me l’aura montrée, et de remercier qui m’en avertira.
En même temps, je m’efforcerai de ne rien dire sur un tel sujet qui puisse blesser des oreilles chastes.
Et d’abord, Messieurs, qu'est-ce que le mariage qui donne naissance à la société domestique ? Est-ce un contrat ? est-ce un sacrement ?
C’est l’un et l’autre. Avant Jésus-Christ, le mariage était un simple contrat d'institution divine ; mais Jésus-Christ lui a conféré la dignité de sacrement.
Ce nouveau titre n’a pas changé sa nature, mais a seulement grandi sa dignité. Comme contrat, aussi
bien que comme sacrement, il est religieux, un et
indissoluble. Avant comme depuis Jésus-Christ, il a
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Rp 2 à 2 revêtu ces deux caractères, l’unité et lindissolubilité ; et nous verrons qu’on ne peut les nier, ni les repousser, en invoquant certains faits historiques. Nous verrons aussi que le contrat et le Sacrement sont une seule et même chose, et que la distinction que l’on peut faire, pour l'intelligence du sujet, n'est qu’une distinction de raison qui n’est pas réelle.
Mais pour procéder avec ordre, et pour étudier le mariage dans sa nature intime, son mobile, son objet et sa fin, remontons à son origine.
Vous connaissez tous le texte de la Genèse racontant le mariage de nos premiers parents, et je ne crois pas nécessaire de vous le citer.
Mais arrêtons-nous un instant à en considérer les circonstances remarquables ; tout est digne d’étude
dans cette mystérieuse formation de la première s0ciété conjugale.
Remarquez d’abord comment Dieu crée la femme. Il ne la tire pas du néant, comme il a fait pour les mondes qu’il vient de lancer dans l’espace. Il n’emploie pas un peu de limon comme matière première, ainsi qu’il vient de le faire pour l’homme. On dirait
qu’il ne veut pas briser cette belle unité humaine qui vit et se meut sous ses regards ;
et cependant il la briserait s’il créait un autre être humain absolument
séparé, indépendant, et complet par lui-même.
Il envoie donc à l’homme un sommeil profond, et pendant ce sommeil mystérieux il lui enlève une côte, et il en forme la première femme. Puis il restitue en
quelque sorte au côté d'Adam, comme son complément nécessaire, cette côte ainsi transformée. Adam ouvre les yeux, il est ravi, et il s’écrie : ‘C’est l’os de mes 08, la chair de ma chair.” C’est sa moitié.
L'homme est complet. Il est un en deux personnes. Le plan divin est exécuté ; l’unité hnmaine n’est pas brisée, et, suivant la merveilleuse expression de la Genèse, l’homme est créé mâle et femelle. La femme tirée du côté de l'homme par la volonté divine, est venue, en obéissant à la même volonté, reprendre sa place sur son cœur, et tous deux ne forment plus qu’une seule chair, s’écrie Adam : duo in carne una !
Quelle merveille, Messieurs, que ce premier contrat de mariage, contenu tout entier dans cette formule qui en fixe à jamais le caractère un et indissoluble : duo in carne una ! C’est Dieu lui-même qui l’a formé, du consentement des deux parties contractantes ; donc c’est Dieu seul qui pourra le résilier. Oh ! que ces premières noces de l’Eden durent être belles, et que de tableaux gracieux j'aurais à vous peindre, si je faisais de la poésie et non du Droit |
Mais quelle est la fin de ce contrat ? Dans quel but Dieu l’a-t-il formé ? Il le déclare lui-même en bénissant les deux époux, et en formulant cette grande loi de l'humanité: Crescite et multiplicamini. L'homme devient l’auxiliaire de Dieu dans l’œuvre créatrice, et son collaborateur dans le plan divin.
Oh! Messieurs, combien nous sommes loin de ces contrats du droit civil dort l’Etat règle la formation,