ALAN RE
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mière épouse, le premier enfant sont vivants: la F mille existe, et l'Etat est encore à naître,
Le contrat de mariage a créé des obligations et des droits entre l'époux et l'épouse, entre les parents et l'enfant, et comme la société civile
n'existe pas encore, il est évident qu’elle n’a pas pu donner naissance à ces obligations et à ces droits,
Non, la famille est constituée en vertu d’un contrat de droit naturel, d'institution divine, et c’est en conséquence le Droit naturel ou divin, qui doit déterminer et régler la nature et les conditions d'existence de ce contrat et de cette société.
C’est pourquoi la famille a des droits auxquels l'Etat ne peut rien changer, et c’est PCurquoi le père a sur ses enfants des droits qu'aucune loi civ
ile ne peut lui ravir.
Nous tirerons plus tard les conclusions de ces prémisses,
Mais n’anticipons pas, et reprenons l’esquisse historique du mariage, dont le premier chapitre est gi admirablement résumé par Moïse.
L'engagement solennel pris par Adam, en présence de Dieu, ne l’a pas été seulement en son nom, mais au nom de sa postérité. Ecoutez ses paroles lorsque Dieu lui présente son épouse :
“ Voici los de mes 08, et la chair de ma chair. Elle sera appelée du nom pris de l’homme, parce qu’elle a été tirée de l’homme, C’est pour
quoi l’homme quit-
tera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront tous deux une seule chair.”
Alexandre Dumas, fils, s’est plaisamment moqué de ces paroles d'Adam. ‘Il n'avait pas grand mérite à s'imposer ce sacrifice, dit-il, puisqu'il n'avait ni père ni mère à abandonner.” Le spirituel dramaturge a fait Ià une mauvaise plaisanterie. Au lieu de rire de ces paroles, il aurait dû en conclure que le premier homme parlait au nom du genre humain dont il allait devenir le père. A cette heure solennelle du premier mariage, Adam, transporté d’un saint enthousiasme et inspiré par Dieu, sans doute, ne voit pas seulement le présent, il découvre l'avenir; et comme chef de la première famille, comme père de tous les hommes, il accepte la loi du mariage que Dieu lui impose, et il lui donne une formule humaine, c’est-à-dire applicable à tous les hommes, en disant: ‘L'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une geule chair.”
Ces paroles du premier homme ont retenti jusque dans sa postérité la plus reculée, et elles ont créé une tradition que l’on a retrouvée chez les races primitives, et parmi les peuples sauvages, tantôt plus ou moins altérée par la décadence des mœurs. et tantôt presque intacte.
Dans les temps anciens, soit pour hâter la multiplication de l’espèce, soit pour empêcher des alliances entre les enfants de Dieu et ceux qui furent nommés
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CONFÉRENCES ET DISCOURS 385 emma me enfants des hommes, soit pour d'autres raisons que Moïse n’a pas jugé à propos de nous faire connaître, Dieu à quelquefois permis la pluralité des femmes, surtout au temps des patriarches ; mais ce furent 1à des exceptions que Dieu a voulu faire, et dont nous n'avons pas À lui demander compte. Ce que Dieu avait uni, il pouvait le séparer.
De même, la loi de Moïse permettait aux Hébreux, dans certaines circonstances, des lettres de divorce. Mais Jésus-Christ a dit que c'était à cause de la dureté de leurs cœurs, En dépit des désordres que la dépravation universelle entraîna, la grande loi du mariage, telle qu’établie par Dieu et publiée par Adam, a été reconnue et respectée par beau: up de peupies, au moins à leur origine, et tant qu'ilsont gardé la pureté des mœurs.
Vous savez que les Indes, dans les temns primitifs, ont vu fleurir les lois de Manou. Or, savez-vous comment ce code considérait et traitait le mariage? Ecoutez ce texte, il est étonnant :
‘ L'homme et la femme ne font qu'une seule personne, L'homme Complet se compose de trois : lui, la femme et l'enfant. Et la femme est la compagne de l’homme, à la vie, à la mort... Que la veuve vive dans la mortification de son corps, qu’elle se nourrisse de fruits purs, de fleurs et de racines: que jamais la femme, son seigneur mort, n’03e prononcer le nom d’aucun homme.”
Qu'en dites-vous, Messieurs ? N'est-ce pas admi-
rable de grandeur et de fierté? Les premières paroles semblent copiées de la Bible, et les dernières ne pèchent que par trop de sévérité. L'Eglise catholique, par la bouche de saint Paul, conseille aux veuves en général de ne pas se remarier. Mais les lois de Manou proscrivent formellement les secondes noces, Quelle rigueur! mais en même temps, quel respect profond de l’indissolubilité du lien conjugal, plus fort que la mort |
Cet excès de sévérité pour Les veuves est une erreur que le Christianisme condamne, et le Christianisme a raison. Or, un excès appeile un autre excès, abyssus abyssum invocat, et les Indiens, ne pouvant sans doute faire respecter cette loi trop rigoureuse, en sont venus à contraindre les veuves de s’immoler sur des bûchers qui consument les cadavres de leurs maris. Telle est aujourd’hui encore la loi chez les Indiens, qui ne veulent pas permettre à la mort même de briser le lien conjugal.
Les Chinois des temps anciens avaient le plus grand respect pour le lien conjugal, et Confucius voulait punir sévèrement celui qui se permettait un regard impudique sur la femme d'autrui.
Les philosophes grecs, avant Platon, professaient les mêmes doctrines, et parmi les disciples de Pythagore, Ocellus de Lucanie a parlé du mariage comme nos Livres saints en parlent.
Il veut que l’homme dans le mariage ne se propose que de donner la vie à des hommes, pour perpétuer