LE SABLE DU DESERT DAKS LE SABLIER
« Une poignée de sable rouge, apportée des chaiudes régions du désert de l'Arabie, est devenue dans ce crietal Tespion du temps et le ministre de ma pensée.
c( Depuis combien de siècles pesants ce sable a-t-il été roulé dans le désert ! Que de vicissitudes étranges il a vues et combien d'histoires l'ont eu pour témoin I
« Peut-être les chameaux de l'Ismaélite l'ont foulé en
11* ul^^au:^cis■ snoflcii'^rs.
paiiKaiit, quand, loio At la me àa futmnJie, ib portaieDt «B Êjçypt* «m tiU préPÉr* ; .
« i'e»l-éUe les {>iede <]« Moîec, ottsct brûlants, y ontil» iai|iri[U£ l«iir Ince, on les roues brannles do char de fliaraxn t'oBl-€ll«t bit jaillir dans les airs;
a Ou Ifien Marie, avec le Christ de Nazareth, embrassé dariH mt» carœei, lorsque soo pèlerinage d'espérance, tl'iimoiir et de fui, îllumioait le désert sauvage ;
ti Ou k'H anachorètes, quittant les palmiers d'Eiigaddi [tour ((i>iini:t les bords de ia mer Morte, en chantant lenieinunl les vieux psaumes de l'Arménie en strophes iiiarlicultyoi;
Il Ou k>a cBravanos, qui de Bassora dirigent leurs pas veri l'Oi'ieiit, ou les pèlerins de la Mecque, soumis au ili'hliii, n^^ulu!) danH leur cœur;
K lU iMil passé sur co snble, ils peuvent l'avoir foulé I Kt mtùiili'iianl, dans cette tour de cristal, emprisonné à jauiaii* imr une maiu curieuse, il compte les heures qui iiVuwilout,
ilroiti's murailles s'élari apparaît le désert avec
;, ce petit filet brillant se .
iuimeuse, porbmt avec
« Devant, au delà du soleil qui se lève, à travers la plaine sans limite, la colonne et son ombre s'avancent et s'élargissent jusqu'à ce que ma pensée les poursuive en vain.
« La vision s'évanouit!.... Sur le. soleil rougi, sur la plaine brûlante et incommensurable, 'les portes de cristal se referment de nouveau. Le sable d'une demi-heure s'est.çcoulé I »
A cAté de. la richesse de l'imagination, voulez-vous, Messieurs, admirer la délicatesse du sentiment et la tendresse du cœur? Vous seriez surpris qu'Henry Longfellow ne les possédât pas. 11 aime les enfants. On raconte que Louis XIV, lorsque Tarchitecte Mansart lui soumit les plans de Versailles, avait écrit en marge : « Avoir soin de répandre de Venfance 'partout. » Dans les poésies de Longfellow comme dans les poésies de Victor Hugo, Tenfance est répandue partout, comme Tornement gracieux du monument. Écoutez, entre tant d'autres, cette jolie pièce, intitulée les Enfants:
LES K^FANTS.
a Venez, venez, enfants, j'entends vos jeux, et les problèmes qui troublaient mon âme s'évanouissent aussitôt.
Vous ouvrez mes fenêtres vers TOrient, du côté où les pensées ressemblent à des oiseaux qui chantent ou aux levers du matin.
« C'est dans vos cœurs que se lève le soleil et les oiseaux chantent dans vos pensées, dans votre âme coulent les clairs ruisseaux, dans la mienne est le vent d'automne et la première chute de la neige.
« Ah ! qaé serait pour nous le monde, si nous n'avions pasl.es enfants? Nous verrions en tremblant derrière nous les ténèbres, devant nous le désert.
a Ce que les feuilles sont à la forêt,' ce que l'air et la lumière sont à la plante, ce que la sève est au bois, le& enfants le sont au monde. A travers les enfants, il sent les rayons d'un climat plus brillant et d'un soleil plus chaud.
« Venez à moi, venez, venez, enfants. Chantez à mes oreilles ce que les oiseaux et les zéphyrs chantent à^ns votre rayonnante atmosphère.
« Que sont toutes nos querelles et la sagesse de nos livres comparées à vos caresses et à la gaieté de vos regards I ,
« Vous valez mieux que toutes les ballades qu'on a chantées. Vous êtes de vivants poèmes, et tout le reste est déjà mort. »
J'aimerais à citer encore les nobles strophes consacrées à flétrir l'esclavage et à chanter les douleurs et les espérances des pauvres Africains, maintenant affranchis, qui nomment Longfellow avec Channing parmi leurs bienfaiteurs ; mais je dois abréger, afin de vous entretenir, Messieurs, d'une œuvre plus considérable. Je veux cependant tous montrer ce que j*ai déjà indiqué, le don de rinattendu, l'originalité, le tour soudain de la pensée, qualités si remarquables dans des pièces très-célèbres, la Vieille horloge^ le Pont de pierre^ et unies à la suavité dans les Oiseaux de passage.