XXV II
Brazzaville, 'Sj septembre 1884.
En même temps que j'écris, je pense à un article sur le Gons go, article que j'ai lu dans un journal dont je ne me rappelle pluie nom. Onyparle entre autres choses de lâchasse que les Aplburou (Bajanji) font à l'hippopotame clans le Sfcanley-Pool. L'auteur de l'article raconte, avec emphase, comment les Bajanji descendent en sourdine dans leurpirogue, sur l'avant de laquelle se tient un homme armé d'un harpon ou d'une zagaye. — Ce harpon est attaché par une corde à l'extrémité de laquelle se trouve un morceau de bois qui sert de flotteur. L'Apfourou arrivé près de l'hippopotame lance le harpon, l'animal prend la fuite, se débat et meurt enfin, et le flotteur sert à faire retrouver la bête. 11 n'y a pas ombre de vérité, dans tout cela, et je ne sais comment on ose présenter au public dépareilles niaiseries vues probablement en songe, pendant un accès de fièvre. Les indigènes font la chasse à l'hippopotame, très rarement, et seulement quand l'animal est à terre et assez éloigné de l'eau, ils le hassent alors avec leurs fusils. Quand je dis qu'ils la font très
rarement, je devrais dire qu'ils ne la font presque jamais, et la raison c'est qu'ils ont une peur terrible de l'hippopotame. L'eau protège trop bien l'animal et les indigènes savent parfaitement que là leurs fusils ne servent à rien.