P. S. DE BRAZZA
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Acte de j)rise de ]»ossessiun d'un tcrriluire cédé et adhésion donnée à son acceptation par les chefs i'eudataires de Makoko (lui l'occupent.
Au nom de la France et en vertu des droits qui m'ont été conférés le lu septembre 188U et le o octobre 188U par le roi Makoko j'ai pris possession du territoire qui s'étend entre la rivière d'Iné et Impila. En signe de cette prise de possession j'ai planté le pavillon français à Okila en présence de Ntaba, ScianhoNgaekadah, Fgaeko, Jouma Noula, chefs vassaux de Makoko et en présence aussi de Ngaliémé, le représentant officiel de l'autorité de Makoko en cette circonstance. J'ai
remis à cliacun des chefs qui occupent cette partie du territoire un pavillon français afin qu'ils l'arborent sur leurs villages en signe de ma prise de possession au nom de la France. Ces chefs, officiellement informés par Ngaliémé de la décision de MakokOj s'inclinent devant son autorité et acceptent le pavillon. Et parleur signe fait ci-dessous ils donnent acte de leur adhésion à la cession de territoire faite par Makoko. Le sergent Malamine avec deux matelots reste à la garde du pavillon et est nommé provisoirement chef de station française de Ncouna.
Par l'envoi à Makoko de ce document fait en triple et revêtu de ma signature et du signe des chefs, ses vassaux, je donne à, Makoko acte de ma prise de possession de cette partie de son territoire pour rétal)lissement d'une station française.
Fait à Ncouna, dans les États de Makoko, 3 octobre 1880.
Signe : l'Enseigne de vaijiseau,
P. S. DE BrâZZA.
Ont apposé leur signe :
Le chef Ngaliémé, représentant de Makoko. Le chef Ngaeko.
Le chef SciANHO Ngaekala, qui porte le collier d'investiture donné par Makoko,
Et commande à Ncouna, sous la souveraineté de Makoko.
Le chef JouMA Noula.
Le chef N'taba.
Tels sont les traits principaux de ce traité, qui fut ratifié une vingtaine de jours après mon arrivée dans une assemblée solennelle de tous les chefs immédiats et vassaux de Makoko. Le
traité étant signé le roi et les chefs mirent un peu de terre dans une boite. En me la présentant, le grand féticlieur me dit: «Prends cette terre et porte-la au grand chef des blancs; elle lui rappellera que nous lui appartenons. »
Et moi, plantant notre pavillon devant la case de Makoko : « Voici, leur dis-je, le signe d'amitié et de protection que je vous laisse. La France est partout où flotte cet emblème de paix, et elle fait respecter les droits de tous ceux qui s'en couvrent. » J'ajoute que depuis cette époque Makoko ne manque pas un seul jour, matin et soir, de faire hisser et amener le pavillon sur sa case comme il me voyait le faire sur la mienne.