‹ Conférences et lettres de P. Savorgnan de Brazza sur ses trois explorations dans l'ouest africain de 1875 à 1886Chapitre 32 sur 71 · Yine de riuiilc · texte numérisé non relu

Yine de riuiilc

DANS LOUEST AFRICAIN 221

ronges clés terres argileuses, font de ce point une des vues les plus jolies et les plus séduisantes de l'Ouest africain. Elle inspire comme un besoin de se reposer en admirant, et en même temps comme un vague désir de marcher vers les horizons qu'on découvre.

En me rendant à Franceville, j'avais conclu de nouveaux traités faits surtout en vue d'une organisation dont j'aurai à parler plus loin et par lesquels, dès ce moment, notre service de pagayeurs était assuré.

A Franceville, quels ne furent pas ma surprise et mon désappointement de trouver encore là la fraction d'avant-garde, partie de Lambaréné depuis trois mois et que je croyais sur l'Alima depuis longtemps.

Mon premier soin fui de me mettre en communication avec M. Ballay, et j'appris cette bonne nouvelle que des pourparlers étaient engagés avec les Bafourou, ceux-là mêmes qui autrefois nous avaient barré le chemin quand nous descendions l'Alima. Ces pourparlers étaient si près d'aboutir, me disait M. Ballay, qu'ils lui faisaient retarder le voyage chez Makoko qu'une dépêche ministérielle lui avait donné l'ordre de faire. C'était vraiment là une bonne nouvelle capable de me faire oublier bien des ennuis.

La fraction d'avant-garde qui était demeurée à Franceville dut être renvoyée à la côte. Dès ce moment les vides se creusèrent dans les rangs du personnel. Maladies, défections, incapacités, nous réduisirent, tant à la côte qu'à l'intérieur, à un chiffre bien faible pour suffire à la tâche. Mais ceux qui demeuraient étaient des vaillants, je pouvais compter sur eux. Le dévouement et le zèle de ceux-là n'a jamais faibli; ils ont été courageusement à la peine, se multipliant partout et sans cesse; il est juste qu'ils soient à l'honneur et que je vous cite quelques noms. C'étaient :

Près de moi, sur rOgùoué-. MM. Devy, Roche, Flicottean, Jegou.

A la côte: MM. Decazes, Manchon, P. Michaiid, V. Ghollet, Kleindienst, J. Michaud,etc.

M. Dufourcq, envoyé par le Ministère de rinstriiction piibiiqiie, n'était pas encore arrivé. Dans la pénurie de personnel où je me trouvais, je n'hésitai pas à me priver de mon secrétaire et à lui imposer la charge d'une nouvelle besogne. Il partit pour rejoindre M. Ballay, et l'aider, aussi bien à organiser notre nouvelle station de Diélé, qu'à créer le service de

M. JOSEPH MICIIAUD

portage par terre, entre les deux bassins de l'Ogôoué et du Congo. Ce service, dont jadis M. Ballay et moi avions jeté les bases, fut organisé avec tant de précautions et de tact que quelques jours après une caravane de cent soixante porteurs arrivait prendre charge à Franceville et d'autres caravanes la suivirent; mes espérances de ce côté étaient largement dépassées. Ce service a, depuis lors, constamment et admirablement fonctionné. Mon vieux et fidèle laptot Metoula et trois Sénégalais ont conduit toutes ces caravanes, sans qu'il ait jamais

été nécessaire de distraire un Européen pour cette pénible besogne. Dans ce service des transports, où la surveillance semblait devoir être insuffisante, jamais le [moindre vol n"a été commis.

Dès que la chose fut possil)le, c'est-à-dire après avoir surveillé l'installation de nos magasins à Franceville et initié aux choses du pays les Européens qui devaient y demeurer, je partis pour rejoindre M. Ballay. Les négociations avec les Bafourou traînaient en longueur, et j'appréhendais de voir l'avantage que devait nous donner la libre descente de l'Alima compromis par une perte de temps considérable.

Quel vif plaisir ce fut pour moi de retrouver mon ancien compagnon de fatigue! Avec quelle joie je l'embrassai après une séparation de trois années î

L'éloge du docteur Ballay n'est pas à faire. Tous savent quel cœur, quelle intelligence, quelle volonté patiente et forte se cachent sous cette physionomie qu'une modestie excessive fait paraître douce, presque timide. Ces qualités ont été justement reconnues quand on a désigné M. Ballay pour faire partie des délégués français à la Conférence de Berlin; il y apportait, avec ses connaissances spéciales, les documents qui assuraient nos droits.

A l'envi M. Ballay et moi nous pressâmes les négociations en cours pendant que le brigadier Roche, au prix de bien des fatigues et de quelques ennuis, amenait sur trois chariots, les chaudières du canot à vapeur qui llottait impatient sur l'Alima. Les négociations aboutirent entln. Le chef M'Dombi et plusieurs autres chefs Bafourou, après avoir fait quelques visites préliminaires à notre établissement de Diélé, se décidèrent à un grand palabre. La patience et l'habileté de M. Ballay portaient leurs fruits.

Nos nouveaux alliés désormais nosamiss'engagèrent à nous

vendre une immense pirogue et à escorter eux-mêmes la descente de M. Ballay jusqu'au Congo.

Ils tinrent parole. Le 15 octobre 1883, une pirogue capable de porter près de buit tonnes, venait s'amarrer au débarcadère de Diélé; on y empilait les marchandises et les vivres nécessaires pour six mois. Et le lendemain, M. Ballay, accompagné de cfuatorze hommes, se laissait dériver au courant rapide de TAlima, emportant les adieux et les souhaits que couvraient les chants des pagayeurs et les roulements sonores du tambour bafourou.

Elle est saisissante l'impression que produit un départ dans ces contrées lointaines. Ceux-là seuls qui en ont été témoins savent quelle sorte d'émotion muette inspire la séparation, quelle profonde amitié tient dans le dernier serrement de main qu'on échange, quelle sorte de fraternelle tendresse il y a dans le dernier embrassement.

Le D' Ballay allait donc revoir cette place où jadis nous avions dû nous arrêter devant des hostilités sans motifs. Quelle émotion le gagnerait, quand il passerait entre ces rives basses et boisées d'où jadis partaient des coups de feu ? Que devionsnous craindre encore? Pouvions-nous espérer atteindre pacifiquement le but? Telles étaient nos pensées en adressant à l'embarcation qui s'éloignait nos derniers signes d'adieu.

J'avais laissé M. Ballay partir seul, quel que fût mon désir de l'accompagner et d'aller, par cette nouvelle route, remettre au plus vite à notre allié Makoko la ratification de nos traités. Une double inquiétude me retenait. Il m'était possible d'aller sur le Congo sans être renseigné au préalable sur une situation qui pouvait offrir de sérieuses difficultés, et dans laquelle en m'engageant trop tôt, jerisquais de fairefausse route. Je sentais d'autre part, mes derrières mal assurés par suite du désordre où j'avais dû laisser nos ravitaillements à la côte.

DANS L'OUEST AFRICAIN Si')

Quinze jours après, le D'" Ballay, par un billet daté du confluent de l'Alima et du Congo, m'informait que tout marchait à souhait. Les indigènes avaient partout manifesté sur son passage une curiosité craintive, absolument sans danger. Ce sentiment s'était même parfois transformé en un véritable bon accueil. M. Ballay venait de nous ouvrir pacifiquement la voie.

CHAPITPxE IV

Nouvelles stations créées. — Le Ballay. — Triste mort de Flicotteau. — Sans nouvelles de la côte. — En vapeur sur TAlima. — Nouvelles du Gabon. — Arrivée de M. Dufourcq. — Dans le Congo. — A N'Gantchou. — Salué par une ambassade. — Audience solennelle. — Remise du traité. — Arrivée à Brazzaville. — Fidélité et déférence des indigènes. — Mauvais vouloir des agents de Stanlej'. — Palabre solennel. — Les droits de la France établis.

Cependant M. de Laslours avait reconnu le N'Goni, aflluent de rOgôoué, qui pénètre très avant chez les Batékés et permettrait peut-être d'économiser, sur les portages par terre, près de cent kilomètres. A Diéié, nous nous séparâmes. M. de Gliavannes, avec quelques hommes, devait fonder la station de Lékéti, point où l'Alima devient réellement navigable pour les vapeurs, et centre commercial avancé des Bafourou. Mon frère devait remonter l'Alima jusqu'à ses sources, puis, après une courte halte au plateau central des Achicouya, il rejoindrait la rivière en aval, en descendant un de ses affluents, le Lékéti. M. Flicotteau, i)ar N'Gampo, allait chercher un point de raccord entre l'Alima etleN'Goni, reconnu par M. de Lastours; M. Roche menait les travaux deDiélé; quant au quartier-maître mécanicien, Ourset, il travaillait du matin au soir à la mise en place des chaudières dans le canot à vapeur, qu'au prix de rudes fatigues le D' Ballay avait amenées de la côte. Gc premier vnpeur français sur le Gongo, je l'appelai le Balloy.

Une triste nouvelle me parvint au moment où moi-même je retournais à Franceville pour compléter nos ravitaillements et assurer autant que possible l'avenir : Flicotteau venait de mourir, tué par un bœuf blessé. C'était un brave compagnon de moins et dont bien des fois j'ai regretté l'activité intelligente et les loyaux services.

A Franceville, je reçus quelques informations intéressantes.

CE PREMIER VAPEUR FRANÇAIS SUR LE CONGO JE L'APPELAI a LE BALLEY »

Sous la direction intelligente et ferme de ^I. de Lastours, tout allait bien; de nouveaux postes avaient été créés, parmi lesquels le poste importantde Bôoué, installé par M. Decazes. Mais, de la côte, toujours pas denouvelles ! Gesilence me parut la preuve du manque d'ordre que j'avais pressenti; l'indice de la désorganisation qui se produisait en mon absence. A mon retour sur l'Alima, j'étais fort inquiet à ce sujet, car j'allais être obligé de partir bientôt pour le Congo avec des ravitaillements moins que

considérables, et de continuer à vivre avec cette économie, cette frugalité d'ascète qui constituait le fond de notre existence depuis six mois. Elle nous était inij^osée par le respect dû aux malades qui n'ont jamais manqué de rien et aux devoirs de l'hospitalité française envers les étrangers nos voisins d'en face.

Deux courriers successifs de M. Ballay me donnèrent de bonnes nouvelles. Il était installé à N'Gantcliou et avait été cordialement reçu par Makoko, demeuré fidèle à sa parole, malgré toutes les tentatives et toutes les promesses faites pour l'en détourner. L'insuccès de ces tentatives fut sans doute l'origine des bruits qui circulèrent alors en Europe et sur la foi desquels on annonça que Makoko avait été détrôné; sa mort fut annoncée ensuite, puis la mienne, puis celle de mon frère, trois personnages qui ne se portaient pas mal et dont les affaires allaient fort bien.

Le canot à vapeur était prêt, il avait fait ses essais. Notre ravitaillement était transporté et accumulé à Lékéti ; nous avions acheté des pirogues; tout fut chargé et je partis. Nous « stoppions » quelques jours dans le bas Alinia où je voulais en même temps gagner à nous les populations et choisir l'emplacement d'un poste.

C'est là que cinq jours plus tard M. de Ghavannes me rejoignait avec un courrier important que lui avait remis M. Decazes, arrivé à Diélé le lendemain de mon départ. Ces nouvelles, les premières qui m'arrivaient de la côte, ne confirmèrent que trop mes inquiétudes. Le Ministre de l'instruction publique sachant que je devais demeurer longtemps à l'intérieur, m'avait envoyé un second sur la côte, en nommant M. Dufourcq son délégué direct dans la zone maritime. L'arrivée de M. Dufourcq produisit un certain mécontentement dans un personnel habitué depuis mon départ à en prendre à son aise; nous étions loin de ce bel enthousiasme du début, de ces promesses de vail-

lance, de ces serments de tout supporter sans plaintes. Tout s'était évanoui devant la simple nécessité de renoncer à l'indolence et au bien-être. Les vides furent heureusement comblés, en partie, par un renfort de six Européens que M. Dufourcq avait amenés avec lui. Je dois ajouter ici que plusieurs des anciens restèrent fidèles, malgré tout, et ne dissimulèrent pas le sentiment que leur inspirait la résolution prise par leurs camarades.

En somme, j'ainuiis mieux qu'il en fût ainsi ; la part du teu était réglée : j'avais derrière moi un homme d'activité qui m'assurait de son dévouement. Je pouvais aller de l'avant, débarrassé d'une inquiétude qui, jusque-là, m'avait poursuivi. -►En constituant M. Dufourcq son délégué direct, le Ministère de l'instruction publique m'a enlevé le droit d'en faire l'éloge; je me bornerai donc à dire que M. Dufourcq s'est trouvé entouré de graves difficultés et que, même malade, il trouvait dans son patriotisme l'énergie nécessaire pour résister à tous les découragements et pour se multiplier sans cesse.

Après une nuit passée entière à l'expédition d'un courrier, je rejoignis notre campement général, qui se trouvait quelque peu en amont, tandis que M. de Ghavannes poursuivait sa route sur le Congo, avec cinq pirogues emportant toute notre richesse. Il s'arrêterait à N'Gantchou, près de M. Ballay, et y annoncerait notre prochaine arrivée. De mon côté j'achetai quelques pirogues qui nous étaient encore nécessaires, et nous nous mîmes en route, définitivement cette fois. Partout m'accueillirent des démonstrations d'amitié, qui ne laissaient aucun doute sur l'heureuse influence exercée par le passage du docteur Ballay.

A chaque agglomération de villages, toute une population grouillante abandonnant ses occupations, nous entourait des manifestations les plus cordiales.

L'Alima, après s'être infléchi longtemps au Nord-Est puis à l'Est, se dirigeait maintenant de plus en plus bas; la végétation se transformait, les marécages du delta apparurent avec leurs hautes herbes et les 5o>Yl5.s^^5 qui en émergent; tout à coup, brusquement, nous débouchions dans le Congo. Magnifique spectacle ! Une immense nappe d'eau touchant le ciel à l'horizon, semée d'innombrables îlots et sur laquelle s'épandait à l'infini une lumière intense qui semblait noyer tous les objets et tous les plans dans une buée tiède et jaunâtre.

Mais passons sur les beautés du site, aussi bien que sur les incidents d'un voyage de quatre jours dans les méandres du Congo. J'avais touché à la station de Bolobo et salué son chef, M. Librecks, un très avenant et très aimable officier de l'armée belge. Le 27 mars, j'arrivai à N'Gantchou. M. Ballay y était parfaitement installé et dans les meilleurs termes avec les chefs environnants, vassaux de Makoko. Je me retrouvais en pays connu. Gest là que, trois ans auparavant, je m'étais embarqué pour aller prendre possession des territoires cédés à N'Couna, que vous connaissez sous le nom de Brazzaville. Tous les chefs et nombre de leurs sujets étaient pour moi de vieilles connaissances. Je fus assailli de visites et me fatiguai à serrer la main de tous ces amis de jadis.

Makoko prévenu de mon arrivée m'avait envoyé saluer par une ambassade. En grande hâte, nous réunissions les présents destinés à récompenser sa loyauté, et une marche de nuit nous conduisit aux abords de sa résidence.

Il serait trop long de décrire en détail la cérémonie de réception et la remise des traités : j'en fais un abrégé sommaire.

Est-il indispensable de dire que le cérémonial n'avait point tout à fait la rigoureuse correction d'étiquette exigée en pareil cas dans nos pays?

Makoko me reçut avec une pompe peu usitée et des démons-

trations de joie excessives. Tout d'abord, dans une chanson improvisée en mon honneur, et faisant allusion aux faux bruits qui avaient couru sur mon compte, aussi bien en Afrique qu'en Europe, il disait au peuple présent :

« En vérité, en vérité,

» Vous tous, qui êtes là, voyez.

» Voilà celui qu'on disait mort;

» Il est revenu.

» Voilà celui qu'on disait pauvre ;

» Voyez ses présents. »

Et il désignait, en parlant ainsi, un magnifique tapis et un coussin de velours, que nous avions placés sur ses peaux de lion.

Le peuple reprenait en cliouir et en manière de refrain : (( Ceux qui ont ainsi parlé sont des menteurs. »

Puis, suivant le cérémonial admis, se levant en même temps que moi, et faisant le même nombre de pas, Makoko me donnait une vigoureuse accolade, ne se lassant pas de sourire à son ancien ami.

Je le priai de faire prévenir ses premiers vassaux, afin que la remise des traités pût se faire en séance solennelle . La cérémonie fut renvoyée au surlendemain.

Au jour dit, tous les chefs et leurs plus notables sujets répondirent à la convocation. Le palabre se tint sous un veluir. de laine rouge, semblable à celui sous lequel avait eu lieu notre première réception. On avait déployé l'appareille plus brillant des grands jours. Et, dans le but de donner plus de solennité à la cérémonie, chacun avait apporté ses dieux lares pour les prendre à témoin.

C'était un spectacle bien étrange que cette nombreuse réunion, foule compacte accroupie où, dans la bigarrure des

étoffes à couleurs vives, le mouvement d'une lance ou le déplacement d'un fusil faisait passer des éclairs. Çà et là, tranchant sur le reste, quelques pagnes de satin ou de velours qui nous indiquaient que desgénérosités étrangères avaient devancé les nôtres et quêtons n'avaient pas eu, comme le grand chef, le couraoe de refuser.

Makoko trônait sur ses peaux de lion, négligemment accoudé sur des coussins, entouré de ses femmes et de ses favoris. En face, à quelques pas de lui, M'pohontaba, l'un de ses premiers vassaux, et les autres chefs assis à terre sur des peaux de léopard, attendaient que le souverain donnât le signal du palabre. Nous étions entre les deux groupes, un peu sur le côté. Makoko, sans se lever, souhaita la bienvenue à tout son monde ; il expliqua en quelques mots le ])ut de la réunion. Puis chaque chef, M'pohontaba en tète, vint à genoux protester de sa fidélité à Makoko, seul vrai chef, disaient-ils, seul propriétaire et souverain de tous les territoires Batékés.

Tous se déclarèrent, comme autrefois, heureux et tiers d'être placés sous la protection de notre drapeau et le jurèrent sur les fétiches et par les mânes de leurs pères. A mon tour je rappelai le passé en quelques mots. Meshommes présentaient les armes, on sonna aux champs et je fis à Makoko la remise des traités au nom de la France.

Procès-verbal de la cérémonie tut dressé et signé, et on se rendit sous le « hall » improvisé où se trouvaient, exposés à l'admiration de tous, les présents destinés à chacun et étiquetés à son nom. Les cris de surprise, les marques de joie, les remerciements, jetèrent leur note bruyante et gaie dans le vaet-vient d'une foule curieuse; puis, chacun emportant ses nouvelles richesses, on se dit gaiement au revoir.

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