‹ Conférences et lettres de P. Savorgnan de Brazza sur ses trois explorations dans l'ouest africain de 1875 à 1886Chapitre 39 sur 71 · LAHVE DE PAPILLON QUE MANGENT LES BATEKES · texte numérisé non relu

LAHVE DE PAPILLON QUE MANGENT LES BATEKES

Le 4 juin, à 11 heures du matin, j'arrive à la station d'Osika située dans une excellentissime position à 30 mètres du fleuve Lékila et placée à lUO mètres sur le niveau du fleuve même. Note bien que les arrêts de trois ou quatre jours dans ce village furent employés à chercher des porteurs. A Apiri nous n'avions pas pu en avoir assez à cause d'un grand tam-tam, de sorte que je suis parti seul en avant avec 33 Batékés; j'avais avec moi les charges les moins lourdes. Le D' Ballay a pu partir le même jour avec d'autres porteurs. Jusqu'au 24 juin, je suis resté à la station d'Osika; j'ai continué, sans interruption, mes observations barométriques et météorologiques.

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Voici les notes prises dans mon journal le 18 juin": Aujuurd'liui, journée formidable. Nous avons lancé la chaloupe; sa quille toute peinte en rouge comme habillée de pourpre , soutenue par des Sénégalais, des Gabonais, des Paliouins et des Galoa, tous gens au service de l'expédition, glis- ■ sait sur des rouleaux de bois, et à quatre heures • et demie du soir, au milieu des liourrah et des cris de nos hommes, elle flottait sur les bords du Lékila à Osika par 1"34 latitude sud et 12" 15 longitude ouest à environ 380 mètres d\n]i:- 1"^"'^ tude du niveau de la mer. Le "^"^^t soleil, qui était déjà descendu ^^p»" ' \^ derrière la colline, empour-

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CHALOIPK DU DOCTEUR BAI.LW AVANT SON LANCKMENX

prail, incendiait tout le ciel, cependant que la lune se mon-

trait blafarde au travers de l'inextricable réseau des brandies pendantes et des lianes agitées par le vent. A la nuit close, riUumination devint ojénérale

J'ai un petit accès de fièvre qui m'avertit de prendre demain une bonne dose de quinine : Quelle vilaine cbose que la fièvre ! mais quand je l'ai, je pense alors au beau ciel d'Italie et en y pensant mon esprit se raffermit.

Tu me diras que je suis devenu un peu romantique ; mais que veux-tu? Je t'écris et cette idée me fait considérer la journée que je passe avec toi comme je regarderais un paysage pour le dessiner et je t'assure que j'écris simplement les impressions comme je les ressens.

Le 23 juin, un homme de la station de Kenkuna est arrivé vers les trois heures de l'après-midi, me dire que quelques Apfourou voulaient parler au blanc; ils étaient huit hommes et trois femmes dans une pirogue, laquelle était chargée de manioc. Que faire? Avant tout, faire ses bagages pour partir le lendemain. Ce que me disait l'homme de la station de Kenkuna n'était pas chose sûre. Les Apfourou voulaient probablement recommencer ce qu'ils avaient fait à Mizon qui, lorsqu'il s'approchait d'eux, les mettait en fuite.

Il est vrai que Mison les cherchait et que, au contraire, ils venaient, eux-mêmes, chercher le blanc. En tous cas, je me rappelai ce vers : Timeo clanaos, etc.

Le 24 juin, je pars avec quatre Batékés de la station d'Osika pour aller à celle de l'Alima ou même à Kenkuna nom du village près duquel cette station est établie, j'y arrivai au soleil couchant.

Le 25 au soir, arriva le D"" Ballay. Le 27 au matin, Firmin, que nous avions expédié avecUgula au camp des Apfourou, était

de retour disant mille belles choses de ces mêmes Apfouroii qui attendaient pour parler au blanc.

Vers deux heures de l'après-midi, M Ballay, Firmin, moi et et Renkekisa, nous partîmes pour le camp des Apfourou où nous arrivâmes à nuit close. Nous avions traversé tous les villages Batéké, ce qui avait allongé le cliemin. Nous avions de plus traversé dans une petite pirogue le fleuve Gambo et passé àgaé deux ruisseaux, l'eau nous venant jusqu'à la ceinture. J'ai oublié de te dire que le fils de Kenkuna était avec nous.

Ne pouvant perdre du temps à t'écrire sous une nouvelle Jorme ce que j'ai déjà relaté dans mon journal, je t'en envoie une partie, tout en omettant la description des instruments et du manioc des Apfourou dont je t'ai déjà parlé.

Il était déjà nuit noire quand, grimpés sur une colline au coin d'un bois qui borde l'Alima, nous vîmes briller un feu, c'était le camp Apfourou; j'envoyai en avant le fils de Kenkuna pour annoncer l'arrivée des blancs; quelques minutes après nous nous trouvions assis sur une espèce de petit banc plat près du feu et entourés par les Apfourou qui, étonnés, nous regardaient de la pointe du chapeau à la pointe desjpieds.

Après avoir serré la main au chef et frappé une main contre Fautre, les interrogations commencèrent. Ugula, qui parle forbien le Batéké et le Pongué, servait d'interprète et, grâce à lui, nous pûmes compléter divers renseignements qu'on avait réussi à recueillir. La journée passée avec les Apfourou, nous servit d'autant mieux qu'ils connaissaient Makoko et Kunkuna où j'étais déjà allé avec Pierre.

Ils préféraient d'ailleurs pouvoir rejoindre cette fois Makoko en pirogue au lieu de faire le chemin par terre.

La première impression que me causèrent les Apfourou à la lueur du feu au milieu duquel bouillait la marmite caractéristique fut que c'étaient des hommes braves, grands, robustes,

ayant de forts bras, le visage étonné mais loyal. Quelle différence avec ces squelettes de Batéké !

La contemplation intense dont nous étions l'objet se manifestait à chaque moment par quelque exclamation répétée à son tour par chaque bouche. — Le feu, qui brûlait sans flamme, était à chaque instant attisé avec des brindilles que les Apfourou s'empressaient de mettre sucessivement pour pouvoir s'éclairer et observer à leur aise. Ce fut un interminable examen des pieds etdes chaussures ; ces dernières, ils les voulaient examiner scrupuleusement et les passaientde main en main au milieu de l'admiration générale. Qui aurait dit à mon cordonnier d'Udine que ses chaussures auraient fait la stupeur des Apfourou! Pour moi, c'était un vrai rêve de voir ces visages noirs illuminés par la flamme et dont les seuls traits éclairés se découpaient sur le bois obscur : au-dessus de notre tête un beau ciel tout constellé sans lune et à travers les arbres les eaux de l'Alima. Je pensais à tant de choses, je me rappelais Pierre quand, pour la première fois, il se trouva sur ce fleuve inconnu arrêté par de nombreuses pirogues pleines de noirs armés de fusils, c'était alors le 3 juillet 1877.

L'endroit où nous étions était probablement celui où pour la première fois Pierre avait vu et découvert l'Alima ; c'était probablement le même jour avec une différence de cinq années

Je ne te parlerai pas du repas fait de manioc, de poisson fumé et de noix de palme rôties ; je ne te dirai pas notre nuit passée tout entière à la discrétion des moustiques qui nous empêchèrent de fermer l'œil et qui nous firent vivement désirer de voir apparaître le jour.

Il serait trop long de te parler des innombrables paniers dans lesquels ils mettentle manioc; ils l'échangent avec les Batékés contre du poisson fumé, le manioc est alors en racine, ils le préparent ensuite.

La conclusion du discours avec le chef fut que,lapremièrefois qu'il était venu un ])lanc, il avait fait la guerre mais que maintenant tout était fini et qu'alors ils voulaient être grands amis des blancs.

Celui-ci voulait que le blanc vint chez lui pour pouvoir faire avec lui un grand commerce d'ivoire. Son frère qui avait fait la guerre était mort, et, lui, il voulait s'accorder avec les blancs.

Ce chef s'appelle Dombi, ilavait la chair delà jambe traversée par une balle dont nous nous sommes bien gardés de lui demander la provenance.

De notre côté, nous lui dîmes que d'autres blancs viendraient volontiers avec de nombreuses marchandises, que nous voulions descendre chez Makoko et que nous les apporterions dans leurs pirogues.

Il fut alors décidé que M. Ballay porterait les marchandises déjà arrivées à Séné, sur les bords du Diélé, et que, lorsque tout serait prêt, je lui enverrais un de nos enfants (c'est ainsi que nous appelions nos hommes) pour le prévenir. Il se mettrait alors en route avec une très grande pirogue à cent rameurs où seraient réunies toutes les marchandises. Le paiement fut fixé ainsi : un fusil à capsule pour Dombi, et trois pagnes d'étoffe par chaque homme. Un pagne mesure un peu plus de trois mètres.

Le palabre ainsi terminé, nous retournâmes à notre campement après avoir fait notre distribution de cadeaux : un gros grelot, un pagne, du sel, des perles, de la poudre, quelques petits grelots et des kauris (petits coquillages), ils en parurent d'ailleurs fort satisfaits; ce dont ils sont le plus avide c'est l'étoffe rouge.

L'Alima, paraît-il, se descend en huit jours jusqu'au point le plus voisin de Makoko; ce pointserait indiqué sur la carte sous le nom de Nganchino et je crois qu'il doit s'écrire Gancin.

JACQUES I)K Br,.\ZZA

UANSL'OUESTAFRIGAIN 299

De chez Makoko jusqu'à Franceville ou va très commodément en douze ou quinze jours au plus,

P. S. Campement de Ballay au confluent du Lckina et du Diélé....

La santé continue à être très bonne. Je suis arrivé ici partant du fleuve rAlima,descendantleGambo en pirogue et remontant le Diélé.

France fille, 3 août 1883.

Nous voici finalement arrivés à Franceville, après cinquantedeux jonrs de voyage heureux, mais fort souvent ennuyeux.

De Asuka (Aduma) aux cascades de Boue, rien de remarquable, excepté les Pahouins du haut Ogôoué, qui sont un })euple vraiment intéressant. Bien qu'ils soient- sauvages jusque dans la moelle des os, intelligents et courageux, c'est l'unique peuplade de la rivière qui ait un caractère délié et qui ne ressemble pas à un trou])eau de singes stupides^de poltrons comme tout le reste des triljus du fleuve.

A Boue nous avons eu quidques difficultés avec ces braves gens. Il était beau de voir le courage et la joie de ces sauvages, et comment ils allaient au-devani de la fusillade, et avec quelle habileté ils s'embarquaient ])our soutenir rann(|ue. Heureusement loiil liiiil ])0urleniieux et iiousnous (|uitlàmes bons amis.

Le Pahouin a un lype particulier, et de fait différent des autres tribusde la rivière, tant pour la coifiureque parles armes dont il se sert, par ses h;il)ilu(l('s v[ par sa langue.

DANS L'OUEST A l' Il 1 (J A 1 X ;JUl

Les feiiiiui's des Paliouins soiil, autant qu'un i)L'Ut le dire, laides: et, je dirai plus, dégoûtantes. Elles sont petites, ivrognesses, elles ont des cheveux longs eterèpus qui leur forment une espèce de perruque, frisée euninie celle d'un caniche. Leurs jani])es sont recouvertes jusqu'aux genoux de gros anneaux de fer ou de cuivre, mais elles n'ont rien aux hras. Leur vêtement consiste en un collier de ])erles au cou et un au-dessous des lianes soutenus par les reins. A ce collier est pendu un bout de peau de gazelle de forme carrée large de 50 centimètres, dure etroide connne nue planche ; le tout est gras, sale, rougi par riiahiliule (|ue les tribus de la rivière ont de se teindre le corps eu rouge après qu'ils se sont oints préablement avec de l'huile de palme.

Les Paliouins étant une peuplade de l'intérieur, ne savent ni nager, ni pagayer, ni construire une i)irogue. Celles qu'ils jiossèdent, ils les ont toutes volées aux tribus voisines. Ils emploient le radeau p(jur descendre le lleuve.

Quand je suis arrivé à un village Pahouiu, tous les liummes

étaient sur pieds armés, de leurs fusils, (ju'ilsuequittent jamais,

et du couteau caractéristique dont je t'ai envoyé un échantillon.

L'homme, couinie dans toutes les tribus le long de la rivière,

est un peu iilus adroit ({ue la femme, mais pas beaucou}».

Les Pahouins sont des commerçants trts-halnles et ont poni' ainsi dire le monoj[)ole du trafic de l'ivoire. Ils sont d'ailleurs adroits chasseurs et vendent leur chasse fumée (très Injune) aux peuplades voisines. Un de leurs o])j('ts de chasse le plus usité est le long lilet en corde avec lequel ils })rennent une énorme quantité d'antilopes el de sangliers :

Les Pahouins tendent pour la iilnjiarl toujours à se rait}trocher de la côte où ils sont arrivés déjà les premiers ; d'autres émigrent continuellement. Des villages entiers descendent.

Je crois que lorsque les Pahouins seront à la côte, ils pourront rendre de réels services à la colonie, qui se servira de ce

I)euple laborieux et intelligent et de beaucoup supérieur à toute cette stupiderace des Mpongué, d'ailleurs race presque complètement éteinte.

Les Paliouins étant dégoûtamment sales (ils ne se baignent jamais) ont le corps couvert d'énormes i)oux; nous en avons presque tous attrapé après avoir simplement traversé leur village et sans avoir même passé une nuit chez eux.

Après les Paliouins viennent les Aduma, autre peuple très intéressant, non par lui-même, mais parce qu'il est très nombreux et essentiellement navigateur.

Le pays des Adounia est le seul de la rivière qui ait un aspect agréable, fertile, cultivé et qui fasse exception à l'éternelle monotonie du paysage, monotonie qui vous poursuit, ennuyeuse au possible de Lambarené à Franceville.

De l'Adouma comme peuple, je ne te parlerai pas ; il est peu intelligent ; comme industrie, l'huile de palme, les nattes (très belles) et les étoffes indigènes faites de feuilles de palmier.

Ces gens cultivent beaucoup et bien: ils construisent des pirogues et les mènent dans la perfection. Du reste, comme peuple sauvage, il n'a rien de caractéristique; il est pacifique et poltron. Il me suflira de te dire que je suis allé seul, dans un village avec ton fusil à l'épaule : je leur dis que j'étais venu pour faire la guerre. Je liai le chef du village et tous les autres prirent la fuite. De sorte que si j'avais voulu, je pouvais incendier tout le village et emmener le chef prisonnier, tout cela, sans tirer ])his d'un coup de fusil en l'air.

Les Adouma sont extrêmement avides de viande. Il m'arriva un jour d'interroger un chef et de lui demander pourquoi il n'élevait pas des porcs dans son pays, comme le font les autres tribus voisines; il me répondit ({u'il avait ])ien essayé, mais qu'il les avait trouvés si Ijoiis (|u"il avait toujours fini par les manger tous.

Après les Adouma, il y a encore quelques petites tribus (pii n'ont rien de particulier; les Dangiaka et les Ohamba. Les Obamba sont remarquables par la façon relativement merveilleuse avec laquelle ils travaillent le fer, ({u'ils tirent eux aussi du minerai. Ils 'sont toujours armés de une ou de jjlusieurs zagayes fort bien faites, d'un petit arc et d'un carquois de flèches empoisonnées, plus d'un beau couteau d'une forme particulière. La zagaye est une fort bonne arme.

Dans le bas de la rivière, les étoffes, la poudre, le fusil et le tabac sont les principaux objets d'échange, tandis qu'à Boue le sel est le Dieu des noirs et l'étoffe, les perles et les fusils sont ce qu'on donne, non pour leurs besoins journaliers, mais comme cadeaux et comme paiement aux hommes.

Pour une cuillerée de sel, on achète une poule, quatre œufs, un régime de plus de cinquante bananes.

Quant aux verroteries, leur valeur dépend de la mode et des demandes plus ou moins nombreuses ; mais le sel reste malgré tout le maître des marchandises. A peine donné il est mangé et, à peine mangé, il est de nouveau désiré ; il en est ainsi de la poudre qu'on brûle aux trois quarts dans l'air.

Et maintenant parlons un peu de Franceville.

Première chose à noter; il y a près de Franceville un pont suspendu sur le fleuve, long d'une soixantaine de mètres et fait avec des lianes. Ce pont est construit d'après lesmèmes principes que nos ponts suspendus avec cette seule différence que ce sont deux grands arbres qui soutiennent, sinon les trois cordes principales, du moins les cordes de suspension.

La liane présente l'aspect d'une grosse canne de l'Inde elle est fibreuse et très forte.

Franceville est placée sur le haut d'une colline d'où l'on jouit d'une vue étendue et très belle. Tout le paysage consiste en collines pas très élevées mais couvertes d'une herbe très haute

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(plus liante que moi) dure et sèche; et, à l'heure qu'il est, pour la plus grande partie hrùlée, tandis que tous les vallons du fond sont couverts d'arbres, ce qui rend étrange le contraste entre l'aspect sombre des collines et l'aspect riant de la vallée. Je crois que dans la saison des pluies quand toute les collines qui nous entourent seront couvertes de verdures, le paysage ne sera plus ni trop vilain ni trop uniforme.

La station consiste en un groupe de cases, les unes faites de paille et de ])am])ou, les autres de troncs d'arbres avec une belle petite case en planches pour le chef, quelques bananiers, des palmiers et quelques arbres entourent le village.

Comme centre de chasse Francevilie n'est pas mauvais, mais pour tuer quelque chose il faut s'éloigner un peu et faire quelques jours d'excursions. On y trouve alors le bœuf, l'éléphant et la i)anthère, sans comi)ter le iietit gibier comme les singes, le faisan, etc.

Ma sanli' a été i)arfaile pcudanl le Irajel, sauf ({uch^ues accès de lièvre, l'apiiétit est toujours Jjon, comme l'humeur.

Pendant le voyage, on a tué un crocodile long de plus de trois mètres, deux énormes hipixqiolamcs, un serpent boa et un bœuf sauvage. Naturellement on mange de tout cela et je te dirai de suite ce ({ue j'en pense. Le crocodile est du vrai caoutcliMiic mais n'a rien de dégoûtant. L'hippopotame a une chair tendre et savon leuse comme celle du bu'uf, et la première fois qu'on eii mange, on le trouve très bou^ nuiis on lui découvre ensuite un certain goût do ménagerie qui ne vous va plus autant. Le boiiilb)ii eu est excellent.

Le serjM'ut ])oa est très dur, mais il a ])on goût. A mon avis ce (|u'il y a de vraiment bon eu l'ail de gibier, c'est le singe et l'antilope.

(Jnand nous mangerons une soupe à la tortue je t'en donnerai des nouvelles.

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