‹ Conférences faites au Musée Guimet en 1903-1904Chapitre 5 sur 27 · buke), noblesse féodale · texte numérisé non relu

buke), noblesse féodale

4. Le domaine du cbôgoun, et par extension le gouvernement chôgounal. Le Kwantô comprend les provinces de Sagami

{Sagami), Mousasi ^ i

(Musasi) , Kôtsouké

goun ayant autorisé, alors on pourra accomplir l’union. Au cas où les conventions seraient faites sans cette procédure, il y aurait crime. Si de plus il était connu que, pour une telle union, des pourparlers ont eu lieu à la Cour, il y aurait crime grave. »

De telles prescriptions s'adressent non à des sujets, mais à des égaux, rivaux éventuels. Les seigneurs s’y conforment aussi longtemps que dure la prédominance des Tokougawa. A Edo, pendant leurs périodes de séjour, dans leurs fiefs, en voyage même, les seigneurs se rencontrent difficilement en personne, à cause des questions de préséance, du caractère public, dépourvu de secret, de leurs actes, de l’espionnage pratiqué par les agents du

±m {Kautuke), Simotsouké {Simotuke), Hitatsi

1^ (//fto^i),Katsousa ± Simôsa

[Simousa), Awa {Aha). Le domaine du chôgoun

s’étend en outre sur les provinces suivantes : Mikawa {Mikaha), Tôtômi MU {Toholahumi), Sourouga mm {Suruga), Kahi {Kahi), Sinano {Sinano), et

sur des possessions éloignées, engokou m H {engoku).

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bakou-hou. Mais par leurs pages, secrétaires, hommes de confiance, qui voyagent sans difficulté ouvertement ou incognito, ils sont les uns avec les autres en communications constantes ; leurs agents

les plus utiles sont les rousoui W tI" /S [rusuwi) et les fonctionnaires, représentants, officiers de leur garde, attachés aux résidences ou yasiki

[yasiki), que chaque seigneur important possède à Edo, dans les faubourgs de Édo, à

Nikkwô El [Nitukuwau), à Housimi 'tft [Hiisimi), à Osaka, etc.; ils ont là toute une diplomatie reconnue pour leurs rapports avec le bakouhou et les agents du bakou-hou, et qui a toujours un rôle officieux à côté.

Pour Tadministration intérieure du fief comme pour les relations extérieures, le daimyô est donc le chef d’un état dépendant : son pouvoir se complète par l’hérédité. La perpétuité de la famille, reposant comme en Chine sur le culte des ancêtres, est recherchée dans toutes les classes par les mêmes moyens : mariages secondaires à côté du mariage principal, adoption. Ces principes sociaux, assurant la durée des états feudataires, ont été reconnus et consacrés par les Cent Lois comme par les Dix-huit Lois^ Le fief territorial, ryôtsi

^ (riyauti) ou siro m (siro) est perpétuel, passe à l’héritier qui est le fils par nature ou par adoption. L’aîné, d’habitude, succède, sauf exceptions motivées et agréées parle seigneur suzerain. Un fils adoptif n^’est choisi qu’en l’absence de descendant mâle; il est pris d’abord parmi les agnats de naissance légitime, à défaut d’agnals parmi les

1. Dix-huit Lois, loi 8 (Rudorlf, 7) — Cent Lois, lois 45, 46, 53.

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membres des familles d’égale noblesse. La succession d’un frère à son frère n’est pas rare. La succession s’ouvre soit par la mort du titulaire, soit

par sa retraite, inkyo (inkiijo) : il est d’u-

sage que, vers cinquante ans, le vassal renonce volontairement au fief en faveur de son héritier et quitte la vie active, tout en gardant souvent une voix écoutée dans les conseils du clan. Parfois la retraite est imposée au chef du clan, soit par le clan même, soit par le suzerain.

Ainsi est réglée l’hérédité du fief, La 48® des Cent Lois est de la teneur suivante : « A l’exception des anciens kokousi m n [kokiisi)i, tous les seigneurs de moindre rang ne doivent pas conserver leurs territoires à perpétuité. Tous les ans, il doit être rendu compte et disposé à nouveau. Quand les seigneurs possèdent à perpétuité les territoires, ils deviennent orgueilleux et tyranniques ». Cette règle, appliquée exactement, eût fait de la plupart des daimyô des fonctionnaires et concentré le pouvoir dans la main du chôgoun. Après la nouvelle distribution des territoires qui

suivit la bataille de Sékigahara ^ M [Seki ga

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