Vase à du Vatican(Gerhard, VasenbUder, pl
dernes qu’il faut affirmer avec insistance que l’idée d’un dieu mort de mort violente n’est
Lorsque l’anthropomorphisme l’emporta en Grèce sur le culte des animaux et des plantes, peut-être par l’effet d’une invasion de peuples dont la mythologie était plus évoluée, Prométheus fut nécessairement conçu comme un homme qui avait été empalé, lié et cloué. Mais il fallait imaginer un motif à ce traitement barbare infligé à un personnage quasi -divin. Le prototype du Prométhée anthropomorphe, l’aigle protecteur, fournit tout naturellement l’explication. L’aigle, avons-nous dit, passait pour un bienfaiteur des mortels, puisqu’il s’était élevé jusqu’au ciel et leur avait rapporté le feu céleste; c’est de lui que l’humanité avait reçu le plus précieux des dons. N’est-ce point pour cette raison qu’il avait été cruellement châtié par Zeus, le nouveau maître du ciel, le dieu jaloux?
Mais l’aigle faisait partie intégrante de la légende; il ne pouvait pas en être éliminé; il devait seulement changer de rôle, être associé, en quelque manière, au demi-dieu conçu sous figure humaine, soit à titre d’ami, soit en ennemi. Gomme dans la légende d’ Adonis, où le sanglier sacrifié devint un sanglier homicide — dans celle d’Hippolyte, où les chevaux sa-
PROMÉTIIÉE
crifiés 'passcnl pour les meurtriers de leur maître — l’aigle divin, jadis victime, devint bourreau. Serviteur désormais du dieu céleste, il fut chargé du soin de sa vengeance sur le téméraire qui avait volé le feu du ciel. Ainsi le proinétheus se dédoubla en quelque sorte et l’aigle, qui avait d’abord porté ce nom, devint l’ennemi et le tourmenteur de Prométliée,
On avouera que cette théorie se tient assez bien et qu’elle fait état des données essentielles du problème, à la différence des autres que je vous ai brièvement rappelées en commençant. Elle offre, en loutre, cet avantage de suivre, pour ainsi dire, la même marche que certaines explications de mythes grecs auxquelles je me suis appliqué depuis dix ans, — ceux d’Orphée, de Penthée, d’Actéon, d’Hippolyte, — tous caractérisés par le traitement violent et indigne que subissent ces héros, vénérés comme des demi-dieux à l’époque classique. Je ne dis point que mes conclusions soient certaines ; ce serait mal connaître la nature des problèmes que soulèvent l’exégèse
et l’origine des mythes. Je pense seulement qu’elles sont vraisemblables, qu’elles sont cohérentes, et je vous invite amicalement à les accepter avec moi, si vous n’en avez pas de meilleures à proposer.
ORIGINES BOUDDHIQUES
PAR