LES PÈRES DU PROTESTANTISME
Lie et docete omnes genes.
Allez et enseignez toutes les nations.
(Sr Marru., XXVIN, 19.)
Telle fut la mission divine confiée aux Apôtres et à leurs légitimes successeurs, “Toute puissance ” dit Notre-Seigneur à ses Ap6tres, “ m'a été donnée dans le ciel et sur la terre ; . Comme mon père m’a envoyé, voici que je vous envoie, et voici que je suis avec Vous tous les jours Jusqu'à la à la fin des temps ; ” “Qui vous écoute, m'é-
me méprise, et qui me méprise,
successeurs de Jésus.
lui-même, obéissent d
Pour enseigner la, religion de notre divin Sauveur, il faut avoir reçu une mission spéciale, il faut avoir été choisi par Dieu, et saint Paul nous dit :"« Qu'il faut être appelé de Dieu comme Aaron l'a été,” Personne ne peut usurper ce pouvoir, En effet, le Christ, prêtre nommé par son père éternel et qui a reçu de lui tout pouvoir, data est mihi omnis. protestas, (MarTx. XXVIN, 18), choisit lui-même Ceux qu’il vent £lover à
cette sublime dignité, et il dit à ses douze Apôtres : “ Allez, prêchez, baptisez, faites ce que j'ai fait et souvenez-vous de moi, c’est-à-dire agissez en mon nom, je suis avec vous tous les jours.”
Telle fut la mission confiée aux Apôtres. Cette mission est divine parce qu’elle vient de Dieu.
Les Apôtres, à leur tour, agissant au nom du divin Sauveur, et d’après l'autorité qui leur avait été donnée par lui, établirent des évêques et des prêtres.
Voilà le sacerdoce formé et établi d’une menière régulière dans l’Eglise de Dieu, et c’est ainsi qu’il a toujours été pratiqué dans l’Eglise catholique depuis les Apôtres jusqu’à nos jours.
Maintenant, si j'examine les titres des ministres protestants, je me demande qui les envoie prêcher et de qui ils ont reçu leur mission ?
Est-ce de notre divin Sauveur ? Est-ce de saint Pierre ? Est-ce de l’un de ses successeurs ? Non. Qui donc les envoie ? Luther et Calvin ?
Quel est donc ce Luther ?
Luther, comme je vous l'ai déjà dit dans mes instructions précédentes, fut un religieux apostat, IL ‘nt baptisé et élevé dans la religion catholique, I! entra chez les religieux de l’ordre des Augustins, et, à 28 ans, il fit librement, volontairement, en parfaite connaissance de cause, sachant parfaitement bien ce qu'il faisait, ses trois vœux perpétuels d’obéissance, de pauvreté et de chasteté; c’est-à-dire qu’il promettait solennellement à Dieu d’obéir, d’être pauvre et de garder la chasteté tous les jours de sa vie, jusqu’à l'heure de sa mort. Il se consacrait donc volontairement
70 CONFÉRENCES SUR L'ÉaLIsE
à Dieu, au service du Seigneur et de la religion catholique à l'âge de 23 ans. 11 était parfaitement libre de de ne pas les prononcer, de se consacrer à Dieu ou de ne Pas se Consacrer ; mais, une fois ses vœux faits, il n’était plus libre de déserter son monastère — Voici ce que nous disent les Saintes Ecritures : « Souviens-toi d'accomplir le vœu que tu as fait.” (3 Esp, IV, V. 43), “ Chacun peut faire le vœu qui lui platt, mais il doit avoir soin de tenir le vœu qu’il a fait.” (Sup. Psal, 75). , “ Lé vœu est volontaire, mais son accomplissement est nécessaire ; autrement l'homme est Parjure dans sa Promesse.” (Sup, Eccles. c. 5). “ Vous pouvez faire un Vœu ou ne pas le faire, mais vous n'êtes pas libre de ne pas l'accomplir.”— Luther demeura dans cet ordre religieux jusqu'à l'âge de 35 88, par conséquent douze ans,
Pendant ce temps, il passa sa vie en austérités, en . jeûnes, en veilles, en oraisons, avec Pauvreté, chasteté et obéissance,”
“ Cependant je brûle,” disait.il à ses amis, “ je brûle “ de mille feux dans une chair indomptée, je me sens “ poussé au libertinage avec une rage qui va jusqu’à la folie (1.” Ce fut Pour satisfaire . cette rage, qu’il débauche une religieuse avec huit autres qui touteg avaient fait des vœux solennels, et se maria sacrilège. ment avec celle qui s'appelait Catherine Bora.
Maintenant, que fut Calvin ?
Calvin naquit à Noyon en 1509, d’un père tonnelier,
() Propos de table, Luther,
Il fut baptisé et élevé dans l'Eglise catholique, car à cette époque il n’y en avait pas d'autre.
Comme on remarquait en lui certaines dispositions pour l'étude, il fut élevé aux frais de l’Eglise, et étudia selon les désirs de son père aux Universités d'Orléans et de Bourgês. Il lia connaissance avec un jeune homme fort débauché, du nom de Théodore de Bèze. Pour procurer à Calvin le moyen de terminer ses études, il fut pourvu d’un bénéfice de chapelain, et ensuite-des revenus d’une cure, bien qu’il ne fût pas prêtre, mais simple tonsuré, Un prêtre fut chargé de desservir sa paroisse.
Telle était la coutume du temps.
Mais bientôt convaincu de crimes horribles contre les mœurs, il fut marqué d’un fer rouge sur l'épaule et perdit ainsi ses revenus ecclésiastiques (1).
Tels furent les commencements de Luther et de
Calvin.