‹ Conférences familières sur l'Église et les sacrements [microforme]Chapitre 12 sur 53 · II · texte numérisé non relu

II

Voyons maintenant ce qu’en ont dit les ministres

otestants eux-mêmes qui lee ont suivis dans leur revolte contre l’Eglise catholique. Je ne citerai que les auteurs protestants qui avaient, il me semble, tout intérêt à ménager leurs chefs,

Voici comment s'exprime Conrad en parlant de Calvin : “ Dieu a manifesté en ce siècle sa justice sur Calvin qu’il a visité avec la verge de sa fureur, et qu'il a horriblement puni, avant l'heure de sa malheureuse mort; car Dieu a tellement frappé de sa main puis-

€) Conrad Schlusselberg, dans sa Théologie caiviniste,

sante cet hérétique, qu'il a exhalé sa méchante âme en désespérant de son salut, en invoquant les démons, en jurant, en blasphémant misérablement.”

“ Les vers entassés vers les parties honteuses de son

D Compagnon d'étude et en-

nt les quinze ans que Calvin

à consacrés à enseigner aux autres les voies de la justice,

il n’a pu se former ni à la tempérance, ni à des habi-

tudes honnêtes, ni À Ja véracité, mais il est demeuré enfoncé dans la boue Cr Calvin connaissait bi

moutons et de génisses, peu d'enfants ! ”

C’est de l'histoire que je vous cite, et de l'histoire écrite de la main même de Luther et de Calvin, Je Pourrais vous citer encore Plusieurs autres paroles au

©) 0.7. Conrad.

@) Vie de Ca

sujet de ces deux apostats, toutes écrites par des prédicants protestants et dans le même sens, si je ne craiguais pas d’être trop long.

Quels sont les premiers qui ont suivi Luther et Calvin dans leur apostasie ?

Zwingle, né en Suisse, et curé, fut chassé de sa paroisse à cause de ses débauches et du commerce criminel qu'on l’accusait d'entretenir avec plusieurs femmes.

Il se maria avec une riche veuve et dit un jour publiquement : “ Qu'il brûlait tellement du feu impur, qu’il avait commis beaucoup d'actions malhonnêtes, et que les effets de son incontinence lui avaient attiré bien des reproches déshonnêtes.”

“ Si l’on vous dit, “ écrivait-il, “ que je pèche par orgueil, par gourmandise et impureté, croyez-le sans peine; car je suis sujet à ces vices et à d'autres encore, cependant il n’est jas vrai que j'enseigne le mal pour de l'argent.”

Carlostadt était chanoine .et archidiacre; une vie régulière lui déplaisait, il aimait mieux 1: cabaret que les livres et devint l'ami de Luther,

Œcolampade se fit religieux de Ste-Brigitte; mais comme il trouva les doctrines de Luther fort commodes, il apostasia pour se faire ministre de la nouvelle religion luthérienne et se maria.

Bucer était religieux Dominicain ; il jeta le froc et eut successivement trois femmes. Il se fit apôtre protestant à Strasbourg.

Ochin, supérieur des capucins, en Italie, après plusieurs années d’une ‘piéts hypocrite, abandonna son monastère, séduisit une jeune fille et se maria à Genève,

prêchant par les paroles et par les exemples qu'on pouvait avoir plusieurs femme

Henri VII, roi d l'Eglise catholique co:

Tes contre ceux qui "Eglise catholique, eut la fantaisie . Le Pape n'ayant Pu lui donner son Consentement, Henri VIII — pour s’en venger — se déclara chef de l'église d'Angleterre, se séparant par là de l'Eglise catholique.

Ce même Henri VIII Confisqua tous les biens des Couvents, des mbnastères et des églises pour s’enrichir,

’échafaud, dans de staient, et changea.

six mois, pour prendre Cathecapiter en 1542, afin d’épouser une sixième femme, Catherine Parr.

Voilà un abrégé de l’histoire des pères du protestantisme, voilà la vie et les œuvres des premiers apôtres pro testants. Notre-Seigneur à dit: « Ex fructibus eorum. Cognoscetis e08, Vous !-3 Connaîtrez à leurs fruits”

Quels fruits épouvantables, fruits d’iniquités, fruits de mort, fruits de l'enfer !

Ils sont loin, bien loin, comme vous le voyez, de ressembler aux Apôtres choisis par Notre-Seigneur, qui ont produit de si abondants fruits de vie, fruits du ciel.

Comment se fait-il que le protestantisme n’ait pour fondateurs que des hommes qui étaient catholiques romains, qui ne sont devenus prédicateurs protestants, qu'après avoir été rejetés de l'Eglise romaine à cause de leur libertinage, qu'après avoir été marqués du fer rouge à cause de leurs crimes ?

Nos frères séparés dans la foi nous diront :

Il faut faire ce qu'ils nous enseignent sans examiner leur conduite ; car, disent-ils, Pierre a renié son Sauveur Jésus ; cependant nous lisons ses épitres et nous trouvons à nous édifier.

David & commis un double crime, le meurtre et l'adultère, et cependant nous chantons ses psaumes dans nos temples et nous les regardons comme la parole de Dieu.

Cela est vrai et parfaitement vrai, mais je vois une grande différence, une énorme différence même, entre saint Pierre, le roi David et les pères du protestantisme. Saint Pierre et le roi David ont fait pénitence toute leur vie ; toute leur vie, ils ont pleuré leurs péchés jour et nuit, tandis que je ne vois rien de tel dans les fondateurs du protestantisme, Je vois, au contraire, qu’ils se sont abandonnés aux crimes les plus hideux, aux ordures les plus infâmes, jusqu’à la fin de leur vie, et qu'ils sont morts en blasphémant contre Dieu, dans le rage et le désespoir,

que ces apôtres du protestantisme une mission de Jésus-Christ de © nouveau, d'établir une religion

Ce n'est certainement pes à eux, ni à leurs succes seurs que Notre-Seigneur à dit: “ Allez, prêchez et baptisez les nations ; en un mot, convertissez le monde, et je serai avec vous tous les jours jusqu'à la consom-

mation des siècles,”

Lorsque Luther, Calvin et autres commencèrent à précher leur nouvelle doctrine, ils avaient dû — je suppose — reconnaître que la religion de Jésus-Christ n'existait pas ou n'existait plus,

Si elle n'existait plus, quand done était-elle disparue ; Y avait-il 100, 200 ou 300 ans ?

Je me rappelle avoir lu dans certains livres protestants que la religion du Christ était disparue vers le quatrième siècle, douze cents ans dorc avant la naissance des fondateurs du Protestantisme, avant la naissance de Luther, de Calvin et compagnie,

Comment se fait.il alors que le Christ ait abandonné son Eglise pendant tant de siècles ?

Notre-Seigneur n'aurait donc pas dit la vérité, en DOUS assurant qu'il serait avec elle tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles ?

Nos frères séparés dans la foi diront : Mais: ce n'est pas la faute du Christ, cela est dû à la perversité des hommes !—

Cela est bien, mais Dieu est tout-puissant, et il nous dit que s'il le veut, il peut des pierres susciter des

CONFÉRENCES sur L'ÉGLISE 77

Es enfants à Abraham, c'est-à-dire former des serviteurs Le fidèles.

| Pourquoi donc uurait-il laissé anéantir son épouse, ne sa chère Eglise qu'il avait achetée et acquise au prix PA de son sang ? de, Quoi! pendant 1200 ans, il n'aurait pas trouvé une = seule âme fidèle qui annonçât ses volontés saintes ! Vous comprenez, comme moi, tout le ridicule de cette prétention de nos frères séparés dans la foi : prétendre que l'Eglise de Jésus-Christ n'existait plus depuis 1200 à ans ! Cependant, pendant tous les siècles, dans l’Eglise Je romaine, on trouve des âmes pures et saintes comme st les Ambroise, les Augustin, les Chrysostômes, les Jérôme, les Louis IX, saint Louis roi de France, les 5 Thomas, les Bernard et tant d’autres qui ont illustré l'Eglise catholiqne par leur vertus et leur science. cu Ils étaient des saints, ne respirant que la gloire de e

Dieu, vivant dans la pénitence et voulant certainement opérer leur salut,

Comment se fait-il que Dieu ne se soit pas manifesté à ces âmes pures et saintes, qu’il ne leur ait pas fait connaître que l’Église romaire ’était pas la véritable Eglise, mais qu’il se soit servi au XVIr< siècle, pour établir la vraie religion du Christ, des hommes précisément les plus corrompus et les plus pervers de leur époque, des hommes à la fois rejetés de l'Eglise romaine et de leur pays, à cause de leurs débauches et de la corruption de leurs mœurs ?

Voilà un mystère incompréhensible aussi bien pour le protestant que pour le catholique.

Si nos frères séparés dans la foi me disent que l'Eglise

78 CONFÉRENCES SUR L'ÉGLIS

de Jésus-Christ n’a jamais existé, la difficulté devient encore plus grande,

Comment supposer que ni les apôtres ni le Sauveur lui-même n'ont Pu faire, avec toute leur sainteté et leurs nombreux miracles, ce que Luther et Calvin et autres devaient accomplir 1500 an 3 ‘ard ?

Luther, Calvin et leurs compagnon duits ignominieusement de l'Eglis se venger contre elle en la déchirun eu par le mensonge et l'injure,

Four établir une religion qui contuiss à u salut, il faut avoir une mission divine, il f., té iuspiré de Dieu.

Les fondateurs du protestantisme ls reçu cette mission de Dieu ?

Ont-ils été inspirés par lui? Je vous le demande,

Ils n’ont fait aucun miracle pour Prouver la divinité de leur mission, Ils n’ont jamais prouvé qu’ils avaient l'esprit de Dieu en eux : la vie de libertinage qu’ils ont menée prouve autre chose !

Lorsqu'on demandait à Luther de prouver que sa mission était divine, il répondait que la preuve était évidente dans ses Succès, —comme si le vol, le libertinage, le brigandage honteux étaient le cachet d'une mission divine,

Mahomet alors serait un apôtre, car son sabre a triomphé, ?

Les succès de Luther et de Calvin sont dus à la grande facilité qu’il y a de devenir protestant, et à la corruption des mœurs du temps, Pour devenir protestant, que faut-il faire ? Il ne s'agit que de s6 déclarer

protestant et de ne rien faire, du coup on est protestant,

Ainsi, le plus souvent, vous voyez ceque nous avons de mauvais et de plus ignorant dans l'Evlise catholique se faire protestant, Les protestants admettent tout sans examen.

Tandis que ce qu’il y a de plus instruit et de meilleur chez eux se fait catholique. Voyez la différence, Pour se faire catholique, il faut s'instruire des enseignements de l'Eglise, et les pratiquer, tandis que pour 8e faire protestant, il ne s’agit que de se procurer une bible.

” Luther a écrit de lui-même qu'il avait des rapports avec le diable et que Satan lui avait enseigné plusieurs secrets,

Un soir, sa femme ex-religieuse, lui montra le ciel étoilé; il lui répondit en poussant un long soupir : “ Hélas ! je ne le verrai jamais ! ”—Et pourquoi ? reprit Bora ; est-ce que nous serions dépossédés du royaume des cieux ?—Luther soupira : “ Peut-être, dit-il, en punition de ce que nous avons quitté notre état.”—I] faudrait donc y retourner ? reprit Catherine.—C'est trop tard, le char est embourbé, Et il rompit l’entretien.

L'apôtre d’une crryance nouvelle dit qu’il n'ira jamais au ciel! Que vont donc devenir ceux qui embrassent

sa croyance ?—

Les ministres protestants ont-ils le droit d'enseigner ? Je réponds: non, Ils n’ont reçu aucune mission, ni de Dieu, ni de son Eglise, et je vous le prouve par ces paroles du docteur Bernier, ministre protestant de Vaud, en plein sÿnode protestant, en 1538, disant : “ Nous sommes tous rien et pas plus que des laïques.”

Jean-Jacques Rousseau lui-même, né et mort protestant, disait: “ Les contradictions des ministres et les concessions qui leur échappent dans des moments de sincérité, me prouvèrent que nous n’étions pas dans la vérité, parce que la vérité ne varie point.”

Jean-Jacques avoue que ni Jui ni les ministres ne sont dans la vérité; s’il en est ainsi, de quel droit veulent-ils enseigner au nom de la Vérité? Ils n'ont reçu aucune mission pour prêcher la parole de Dieu,

Peut-on en sûreté de Conscience suivre les enseignements du protestantisme ? *

Je réponds négativement, ni dans ses dogmes ni dans sa morale, ‘

À moins d’une ignorance invincible, à peine admissible, il est impossible de faire son salut avec Calvin, qui nie la présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et avec Luther, qui croit à la présence réelle, mais repousse d’autres dogmes, |

Il est impossible de faire son salut avec Ochin, qui enseigne que le Christ n’est qu'un envoyé de Dien comme Moïse, et qu'il ne s’est jamais donné pour le Messie.

Si c'est Dieu qui a parlé, qui a révélé sa religion aux hommes, de quel droit serait-il permis aux uns de croire et aux autres de ne pas croire ?

Dieu, par les Saintes Ecritures, par la révélation, n’a enseigné qu’une seule doctrine, Il n’a pas dit aux uns: Vous pouvez croire telle et telle chose, et aux autres : Vous pouvez croire telle et telle autre chose.

Comme vous voyez, le catholique ne peut pas suivre l'enseignement des protestants, parce que parmi eux

les uns admettent ce que les autres rejettent. Dans la doctrine protestante, il n’y a que contradiction et dans ses dogmes, et dans sa morale.

Luther en préchant aux princes leur disait « Prenez, “ vous tous empereurs, rois, princes ; prenez, vous tous “qui avez des mains Pour prendre; car, je vous le dis, “ Dieu ne bénira pas ceux qui ont des mains pares- “ seuses (1).” -

A ces paroles, Albert de Brandebourg, moine défroqué, s'empare du duché de Prusse dont il avait la garde, abandonne ses vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté.

Christian II, roi impie et sanguinaire, en Danemark, à la voix de Luther, pour avoir de l'argent, chasse les évêques, confisque les couvents et fait mourir un grand nombre de chrétiens,

Les nobles de Genève, à la voix de Calvin, s'emparent de tous les biens de l'Eglise, chassent les religieuses de leurs couvents, les pillent et défendent au peuple d'aller à la messe.

Gustave Wasa, en Suède, ayant besoin d'argent, de Concert avec la noblesse du pays, aussi corrompue que Jui, embrasse le nouvel évangile et pille les évêchés, les couvents et les cures. Cependant le reuple tenait à sa foi : il se révolte et on voit alors des populations entières, pour éviter la persécution, se réfugier pendant la froide saison de l'hiver dans la profondeur des forêts.

Plusieurs moururent de froid et de misère, Le roi

(© Kæningaus, T. I p. 375.

feint d'accorder la paix, Le peuple, sans défiance, se présente sans armes, Quatorze mille soldats entourent ces pauvres malheureux, tranchant la tête à tous les chefs, et forçant le reste de la population à plier sous le joug protestant.

Dans toute la Suisse, dans toute l'Allemagne, les princes, les nobles, la bourgeoisie se livrèrent aux plus affreux brigandages, Plusieurs évêques et grand nombre de prêtres furent exilés, emprisonnés et mis À mort, Les églises furent saccagées, les biens des moines et des religieuses furent confisqués et volés.

Le pauvre peuple qui tenait à la foi de ses pères, la seule vraie, et qui était étranger à tous ces vols et brigandages, se voyait enlaver toutes ses ressources : il pleurait, il s'indignait et se révoltait, car le bien des prêtres et des moines. était son bien, parce qu'il en retirait en partie sa subsistance.

Que fit-on pour le calmer ? On le traîna aux prêches, on l'emprisonna, on le pilla et on l'égorgea comme un vil bétail,

Les prédicateurs de ce nouvel évangile, pour couronner tous ces forfaits, permirent aux ‘seigneurs, aux princes, aux dues de quitter leurs femmes légitimes et d'en prendre d’autres, et même d’en avoir plusieurs à la fois,

Un nommé Froment, protestant dauphinois, très zélé et très ardent, racunte que “tous les nouveaux convertis couraient au pillage, hommes, femmes, mêmement ceux qu'on estimait les principaux de l’évangile ; et un proverbe a longtemps régné, dit-il, parmi les

paysans et les genstilshommes, que c'était l’évangile ‘Robin et l'évangile Larron [és Res

Le protestant Arnold disait : « Des hypocrites sans nombre se prêtaient à ce qu'on ‘sur demandait, obéissant en cela à la voix de leur ventre,” Aussi, ajoute-t-il, “que de gens prennent gars scrupule dans les mai- Sons consacrées à Dieu de l'or, de l'argent, du vin, du froment et jusqu’à des religieuses,”

Mosheim, protestant, nous dit : “ que les principaux agents de cette révolution furent conduits plutôt par Fimpulsion de leurs passions et leurs vues d'intérêt que par zèle pour la religion.”

Les principaux chefs protestants de la réforme avaient malheureusement prévu jes terribles conséquences qui devaient résulter de la prédication de ce nouvel Éévangile.

“ Mon Dieu, disait Mélanchtou, quelle tragédie verra la posérité!” Et Voltaire à son tour ajoutait: “ Le Calvinisme devait nécessairement enfanter des guerr.s civiles, et ébranler les fondements des Etats.” Luther 2e craiguait pas d'affirmer: « L'autorité des princes est une chose païenne, impie; les rois sont les plus grauds fous et les plus fieffés coquins de la terre.’?

Quel est celui qui a étudié l'histoire, et qui ne connait pas l'allocation de Munzer aux protestants d’Alle- Magne ? “ Sou'evez les villes et les villages, etc. ” Cette allocution suscita la malheureuse guerre de trente ans, qui fut dirigée de 1618 à 1648 par Gustave-Adolphe, Au témoignage de Charles Villiers, cette malheureuse guerre changea l'empire gerinauique en uu vaste

() Actes et gestes, etc., par Froment.

cimetière, et se termina par le traité de Westphalie qui amens l'indifférence religieuse, '

Calvin ne s'attaque d’abord qu’à la-religion, mais bientôt après à la royauté, Les protestants assemblés à Foix déclarèrent que la religion catholique devait être anéantie dans le royaume. Ils préludèrent par un attentat contre le trône, La France alors offrit le plus triste spectacle que l’on puisse voir, Le pillage, les profanations, les incendies, les assassinats furent à l'ordre du jour et la première fureur des protestants se déchargea sur le Dauphiné. Ils abolissent le Saint-Sacrifice de la messe, brisent les images, les croix, les vases sacrés, brûlent les églises, massacrent ou enterrent tout vivants les prêtres et les religieuses,

Le protestant Cobbett, en parlant du règne de la reine Elisabeth en Angleterre, ne craint pas de dire: “I] “ serait impossible d'énumérer toutes les souffrances que “ les catholiques eurent à endurer pendant ce règne de “sang. Avoir entendu la messe, avoir donné l’hospi- “ talité à un prêtre, reconnaître la suprématie du Pape, “ rejeter celle de la reine, suffisait pour faire périr un “ de ces malheureux dans les plus terribles tourments, “ Dans la vingtième année du règne de la bonne Elisa- “ beth, les prêtres catholiques n’étaient plus qu’en très “ petit nombre, parce que la loi défendait sous peine de “ mort d’en ordonner de nouveaux, et que d'ailleurs il “ n'existait plus de hiérarchie ecclésiastique, Comme “il y avait en outre peine de mort contre tout prêtre, “venant de l'étranger en Augleterre ; peine de mort “ pour celui qui lui donnait l'hospitalité; peine de mort “ pour le prêtre catholique qui exerçait les fonctions de

Mae Se CON

“son ministère sur le territoire anglais ; peine de mort “pour tous ceux qui allaient À confesse, il semblait que “ fen ne s’opposerait désormais à ce que la reine réusstt “ dans son projet de détruire entièrement en Angleterre “ cette antique et vénérable religion qui, pendant tant “de siècles, avait fait le bonheur et la gloire de la “ nation ; cette religion, d’hospitalité et de charité, qui, “ tant qu'elle avait subsisté dans le pays, avait empé- “ ché qu'on n’y connîût ce que c'est qu’un pauvre ; ‘‘ cette noble et grande religion aux inspirations de “laquelle on était redevable de la construction de tou- ‘tes ces magnifiques églises, de toutes ces importantes “ cathédrales qui décoraient l'Angleterre ; enfin, cette “ religion de véritable liberté qui avait consacré tous “les actes glorieux de notre législation, (1) ”

Voilà de l'histoire, des faits publics importants et irrécusables,

Comment Dieu a-t-il pu se servir d'hommes sans principes, sans religion, perdus de mœurs, se vautrant dans la fange du vice, pour établir une religion divine ?

Is sont bien différents des Apôtres établis par notre divin Sauveur Pour annoncer son évangile à toute créature, lesquels, au lieu de piller, de voler, d’assassiner, ont abandonné leurs biens, ont souffert la prison, les dents des bêtes féroces, le feu, les huiles bouillantes, le glaive et la mort.

Le protestantisme a pour fondateurs des hommes flétris, des moines excommuniés, des libertins éhontés,

as

(:) Lettre sur l’histoire de la réforme,

des pillards, qui ont, chacun à leur goût et d'après leurs propres caprices, ajouté, retranché, changé les dogmes de la nouvelle croyance et les enseignements de sa morale,

La religion catholique a eu pour fondateurs Jésus-

Christ et les Apôtres, st elle s’en glorifie. Elle n’a jamais rien changé à leura enseignements, et les protestants avouent eux-mêmes qu'on peut se sauver en suivant sa doctrine ; tandis que l'Eglise catholique nous enseigne qu’en suivant les enseignements du protestantisme nous sommes dans l'erreur.

” On voit malheureusement des catholiques, après avoir été bien négligents dans laccomplissement de leurs devoirs religieux, se faire protestants pour recevoir quelques aumônes. Les prédicants protestants abusent de l’indigence de quelques mauvais catholiques pour les entraîner dans l'erreur, mais ces mauvais catholiques ne feront pas plus d’horneur aux protestants qu'ils n’en faisaient aux catholiques. Un honnête homme ne vendra jamais son âme pour un peu d'argent.

Nos frères séparés dans la foi prétendent qu’on peut se sauver dans toutes les religions.

Mais de grâce, je vous le demande, Notre-Seigneur a-t-il dit à quelqu'un de ses Apôtres : Enseignez qu'il y a sept sacrements; aux autres qu’il y en a que deux ou trois? Notre-Seigneur a-t-il jamais dit aux uns: Prêchez que je suis dans i'Eucharistie; aux autres : Dites que je n’y suis point ; à celui-ci : Publiez qu'il y a un purgatoire, et à celui-là : Certifiez qu’il n'existe pas ?

Puisque les protestants admettent qu’on peut se sau-

ver dans la religion catholique, pourquoi cherchent-ils à faire des prosélytes parmi les nôtres, en disant que leur religion est la meilleure, et qu’elle est la vraie religion du Christ? Les protestants nous disent dans leurs prêches et nous enseignent dans leurs livres que les catholi jues adorent la Sainte-Vierge et les Saints, que l'Eglise vend le pardon des péchés et autres absurdités semblables,

Vous qui êtes catholiques, vous savez, comme moi, que cet enseignement protestant est absolument faux et dépourvu de tout fondement, Je vous le demande, avez-vous jamais entendu un prêtre vous dire qu'il fallait adorer la Sainte-Vierge et les Saints ?

Je vous le demande encore, vous qui allez à confesse : Avez-vous jamais payé un seul centin pour la rémission de vos péchés ?

L'Eglise catholique vous enseigne qu’on doit honorer la Sainte- Vierge et les Saints comme les amis intimes de Dieu, Les catholiques savent aussi bien que les protestants, et même bien mieux qu'eux, que le seul médiateur entre Dieu et les hommes, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ mort sur la croix pour nous racheter de la damnation éternelle, En invoquant la Sainte- Vierge et les Saints, nous les prions d’intercéder pour nous auprès de Jésus-Christ, notre seul et unique médiateur : nous ne les adorons pas.

“ Un seul Dieu tu adoreras,” Voilà le premier commandement de Dien adressé à tous les hommes, et tous les catholiques connaissent cet ordre du Seigneur de n’adorer que lui seul,

Les protestants nous reprochent d’avoir dans nos

églises des images et des statues de Jésus-Christ, de la Sainte-Vierge, des Saints et des reliques.

L'Eglise autorise le culte des saintes images, à cause des grands avantages que les fidèles peuvent en retirer,

Le protestant Davy ne nous dit-il pas : “ Les images excitent à la piété, et les Catholiques ne les adorent pas plus que les protestants n'adorent la Bible lorsqu'ils la baisent avec respect ? ” ï

Le ministre protestant Lavater disait encore : “ Rien n'est plus naturel que l’invocation des restes d'hommes pieux, Est-il impossible qu’une vertu particulière s’attache aux ossements des Saints ? Combien de preuves nous en donnent les Saintes Ecritures ? Il est naturel d’avoir une espèce de culte pour les reliques des hommes distingués,”

Aujourd'hui les protestants instruits conviennent que les cotholiques ne sont pas idolâtres en honorant la Sainte- Vierge, les reliques et les images des saints,

Où donc les protestants ont-ils trouvé tout ce qu'ils racontent contre le Pape, contre les évêques et les prêtres ? Tout ce que l'Eglise catholique enseigne par leur bouche est reconnu bon par la plupart des protestants instruits et de bonne foi, Ecoutez ce que disait Luther à ce sujet: “ Nous avouons, dit-il, que le papisme possède le plus grand nombre des bienfaits du christianisme, qu'il les possède même tous, que c’est de lui que nous les tenons. Nous avouoné qu'i possède la véritable sainte Ecriture, le véritable baptême, le véritable Saint Sacrement de l'Eucharistie, les vraies clefs pour la rémission des péchés, la: vraie prédication de l'Evangile, le vrai catéchisme.”" Je dis que sous le

Pape se trouvent les vrais chrétiens, le vrai troupeau choisi et beaucoup de pieux et grands Saints; si donc la vraie chrétienté est sous le papisme, il faut bien qu'il soit le véritable corps composé des vrais membres de Jésus-Christ, Et s’il est son vrai corps, il est aussi son esprit, son Evangile, sa foi, son baptême, ses sacrements, sa prière, son écriture et tout ce qui tient au christia-

: nisme.” (Op, t, IV, Tena).

Le grand argument de Zwingle contre la préserice réelle était sa haine contre le papisme. Luther lui répond ainsi: “ Misérable argument ! Niez donc l'Ecriture, car nous l'avons reçuc de la papauté ; c’est dans le papisme “que nous retrouvons le vrai catholicisme, les vrais articles de foi, le vrai christianisme”

Ecoutons encore Luther, s'adressant au duc de Prusse: “Il est dangereux, Ini dit-il, de croire ou d’ensei. gner coutre le témoignage de la foi et des dogmes de l'Eglise. Celui qui doute d'un seul article écrit dans son symbole, est un hérétique en révolte contre le Christ et ses Apôtres, et contre son Eglise, roc inébranlable de vérité,”

Qoradik, théologien protestant, écrivait : “ J'avoue sincèrement que je ne connais aucun article nécessaire à notre salut, que l'Eglise romaine ait déserté, ni aucun article nuisible à l'âme, qu’elle ait prescrit.” Un autre ministre protestant, Levater, avoue dans une lettre au comte Stolberg que rien n'est plus respectable que l'Eglise catholique, Je vénère, disaitil, l'Eglise catholi. que comme un antique et majestueux édifice qui conserve les traditions primitives et des titres précieux.

La ruine de cet édifice serait la ruine de tont le christianisme,

Voilà le langage des fondateurs, des pères du protestantisme, Or, une Eglise qui conserve les traditions primitives, qui enseigne tous les articles nécessaires au salut, qui n’en enseigne aucune nuisible à l'âme ; cette Eglise qui possède lu véritable Sainte Ecriture, le véritablo baptême, le véritable sacrement de l'Eucharistie, les vraies clefs pour la rémnission des péchés, la vraie prédication de l'Evangile, le vrai catéchisme, d’après le témoignage même du premier protestant Luther; cette Eglise, enfin, qui possède le vrai catholicisme, les vrais articles de foi, lé vrai christianisme d'après le témoi- Bnage encore de Luther, et que la ruine de cet édifice serait la ruine de tout le christianisme, ne saurait être que la véritable Eglise de Jésus-Christ,

Nous devons donc conclure, d’après le témoignage même des pères du protestantisme, que l'Eglise catholique, apostolique, romaine, est la seule vraie et véritable et que toutes les religions qui en sont séparées sont dans l'erreur —Un mot, en terminant de la doctrine calviniste qui est horriblement injurieuse à Dieu, et; de toutes les erreurs, la plus funeste au geure humain.

Sa théologie enseigne : “ que Dieu est le plus grand tyran, ce n’est plus le démon, c’est Dieu lui-même qui est l’auteur du mensonge.” £

Si Dieu est l’auteur du péché, comme le prétend la théologie de ces protestants, pourquoi distribuent-ils tant de petites brochures Pour prouver qu'il faut fuir le péché ? Si Dieu veut nous damner, d’après leurs enseignements, il faut qu'il nous porte au mal et par

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conséquent nous ne pouvons éviter le péché, Ils représentent Dieu comme le plus cruel des tyrans, plus cruel que le démon lui-même !

Une telle doctrine ne saurait être vraie, car elle renverse toute notion de justice : il faut donc en conclure que cette croyance n’est pas la vraie, mais qu'elle est la plus fausse de toutes,

D'autres professeurs de théologie protestante enseignent une doctrine non moins pernicieuse, Chenevière enseignait À Genève ce qui suit: “ L'homme qui croit est lavé et justifié, Les bonnes œuvres sont absolument inutiles et étrangères au salut. Une fois régénéré, il persévère jusqu’à la fin; le salut est son partage, il en est assuré. Jésus-Christ est venu abolir la loi moïale : une partie de la liberté chrétienne consiste à transgresser les commandements de Dieu.”

Il faut donc conclure de ce nouvel enseignement que Jésus-Christ n'a point dit la vérité, lorsqu'il a dit : “ Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l’accomplir. Si vous voulez entrer dans la vie éternelle, observez les commandements.”

Saint Paul aussi aurait menti, lorsqu'il a dit: “ Ni les voleurs, ni les ivrognes, ni les adultères, ni les fornicateurs n’entreront dans le royaume des cieux.”

Nous voyons donc d’après ces différentes doctrines les contradictions sans nombre qui existent chez nos frères séparés dans la foi, L'an prétend que Dieu est l'auteur du mal ; l'autre, que l’homme, une fois baptisé, persévère dans cet état de grâce jusqu’à la fin de sa vie, et par conséquent n’a plus besoin de rien faire pour son salut, que Jésus-Christ a tout fait pour lui. Vous

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