PLUS BELLES PAGES DES LETTRES FRANÇAISES MODERNES
Que pourrions-nous dire après une telle louange et un tel juge?
Après avoir ainsi payé sa dette à la mémoire de saint Dominique avec une éloquente tendresse, le P. Lacordaire allait revoir la France qu'il aimait tant et où tout le rappelait. Mais on ne réfléchit pas assez peut être par combien de sacrifices il eut la force d'accomplir sa plus chère et plus profonde pensée. Pour pouvoir s'imposer successivement tant d'exils longs et volontaires; pour aller s'ensevelir, au milieu des ardeurs de la vie, dans d'obscurs couvents italiens ; pour interrompre tout à coup par la plus sévère retraite , et durant plusieurs années , une renommée déjà flatteuse et grandissante, il faut avoir reçu de Dieu une grande vertu de volonté. Tantde dévouement eut aussi sa digne récompense. Il recueillit de ses séjours fréquents et prolongés 'a Rome quelque chose de cette gravité triste qui tempère heureusement le feu de l'imagination , et qui enlève aux passions et aux opinions de l'homme ce qu'elles peuvent avoir de trop vif et de trop individuel. L'esprit du P. Lacordaire était déjà mûri par beaucoup d'épreuves. Mais tout cœur, je ne dis pas grand, mais seulement d'une certaine portée, qui a vécu et médité sur les ruines de Rome, en rapporte nécessairement, ne fùt-il pas chrétien , je ne sais quoi de calme et de haut qui est déjà comme l'impartialité de la phiJo-