NEUVIÈME DISCOURS
INFLUENCE BU CHRISTI1SISIB SUE LES DELITIONS DE FUILLK.
Femme», soyes soumises à vos maris, comme cela se doit selon le Seigneur. — Maris, airon vos femmes et ne -vous emportez point contre elles. — Entant», obéisses eu toutes choses à vos pères tt à vos mères; car cela est agréable au Seigneur. —Pères, n'irritez point vos enfants, de peur qu'ils ne perdent courage. Col. III, 18-21.
Trois relations différentes se rencontrent dans la famille : celle des époux, celle des parents avec les en~ fants, celle, des enfants entre eux. Chacune de ces relations a ses devoirs, ses jouissances et ses droits; mais, on peut dire que tout cet ensemble, tout ce réseau d'actes journaliers et de sentiments réciproques qui unissent les membres d'une famille sont dominés par un principe unique, par un sentiment fondamental qui crée et embrasse tous les autres, l'intimité. De cette union absolue, de cette affection mutuelle qui fait de la famille un tout distinct, découlent, comme d'une source commune, toutes les vertus et tous les plaisirs domestiques. — Tantôt c'est la confiance : le père voyant dans sa compagne une aide chargée de partager ses travaux, une amie qui s'intéresse à tout ce qui l'intéresse lui-même, éprouve le besoin de lui confier ce qui le réjouit ou ce qui l'inquiète, d'entendre ses conseils , d'obtenir ses encouragements ; il trouve en elle
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une âme qui sympathise toujours avec la sienne, et qui se sent heureuse d'être la fidèle dépositaire de ses vues, de ses désirs, de ses chagrins, de ses espérances; l'épouse, comptant sur l'intelligent appui de celui à qui elle a donné son cœur, forte de sa force, comprenant aisément qu'elle ne saurait cheminer seule, et que rien dans sa pensée ne doit fuir la pensée de son époux; l'un et l'autre s'efforcent par leur bonté , leur justice, leur vigilance de gagner la confiance des enfants, et peuvent, quand ils y sont parvenus , accorder la leur à ces êtres chéris dont toute la destinée va dépendre d'eux ; ceux-ci voient dans leurs parents leurs premiers et leurs plus tendres amis, et saisissent en outre, avec empressement, l'occasion que leur fournit la Providence d'en trouver d'autres dans des frères et des sœurs placés dès l'enfance à côté d'eux , avec les mêmes besoins et les mêmes ressources, — Tantôt c'est le support mutuel, le support l Est-il dans une famille une vertu d'une plus haute nécessité, mais en même temps d'une plus facile réalisation quand on s'aime ? Le support, sans lequel le toit domestique recèle un enfer, le lien conjugal se change en une insupportable chaîne , et l'union fraternelle en une incessante discorde. — Tantôt c'est l'aide et le secours; en temps ordinaire, par de bons conseils, de prudents avis , par la complaisance et une continuité de bons offices;dans les circonstances graves, par une assistance sérieuse et active, par des services désintéressés ; dans la maladie, par des soins affectueux et bienveillants, par des soins d'autant plus appréciés de ceux à qui on les prodigue, que ceux-ci sont plus dépourvus de leurs agréments habituels, ou plus éloignés de l'époque où ils pourront témoigner efficacement leur reconnaissance. Confiance,
support, secours, tels sont les inappréciables fruits <3e l'intimité dans une famille. Vous les avez goûtés ces fruits précieux, et je né saurais supposer aucun de vous assez malheureux pour en avoir été privé; vo«s avez tous trouvé près de vous des cœurs pour vous aimer, et pour la plupart, sans doute, les joies de la vie domestique ont été et sont encore les premières. IL est certain d'ailleurs que ces joies contribuent profondément à modifier, à améliorer les mœurs publiques; plus la vie domestique est intime, plus la vie publique obéit aux grands principes de la simplicité, de l'austérité et de la charité; plus l'union est grande dans la famille, plus aussi le lien social est solide . La société civile a son élément et sa base dans la société de famille; une nation n'esl heureuse que lorsqu'elle réussit à n'être qu'une grande famille; les lois civiles reposent sur les relations de parenté, et les droits du sang sont les premiers qu'elles ont pour mission de faire respecter, à tel point que l'on peut mesurer le progrès social d'un peuple et le degré de sa civilisation à l'intimité que ses mœurs et ses lois auront installée dans la famille. Eh bien! c'est ici que brille d'un éclat inimitable la supériorité et l'efficace du Christianisme : lui seul, en effet, a proclamé les principes et donné les préceptes sans lesquels il n'y a point de véritable famille, et partant, point de société solide. Partout, les hommes se sont essayés à constituer la famille, parce que partout un instinct vague , quoique naturel , leur a recommandé l'union intime des parents et des enfants. La longueur de l'enfance, l'indispensable nécessité des soins d'nn père et d'une mère pour l'existence et l'éducation de ceux qui leur doivent le jour, ont suffi pour établir en toute nation les premiers essais de la famille; mais,
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autres sont ces essais, ou mieux encore, ces rudiments, autre la famille chrétienne telle que l'Évangile nous apprend qu'elle doit être. Les passions de l'homme, les influences du climat, les variétés des caractères nationaux, tantôt féroces, tantôt indolents et sensuels, les préjugés sociaux ont tellement défiguré le type de la famille, que pour le rétablir, il a fallu la puissance de l'idée religieuse et de la révélation. On peut affirmer en effet, sans crainte de se tromper, que nulle part, sauf dans les pays chrétiens, les institutions et les lois n'ont su ménager l'intimité, la sainteté et la solidité des relations d'époux, de parents et de frères. Chez les anciens et chez les modernes, auprès des peuples sauvages comme auprès des nations civilisées, on trouve des mœurs en opposition avec le caractère sacré de ces relations; le sort misérable des femmes, l'autorité paternelle changée en tyrannie, les jalousies des frères oorrompentdans son essecce la première et la plus naturelle des associations; ils en bannissent toute sécurité, y sèment la discorde, et sont, en outre, nue source d'impureté et de souillures. Au christianisme il a appartenu de rendre à la femme sa dignité, d'enlever aux parents ce qui était une aberration de leur juste autorité, et de rétablir la concorde entre les enfants d'un même père; à lui, en conséquence, il a appartenu do donner à l'institution du mariage la fixité et la solidité qu'elle mérite; à lui enfin, l'éternel honneur d'avoir adouci et purifié les mœurs , soit en donnant une juste part d'influence au sexe le plus sensible et le plus aimant, soit en exigeant pour lui de Ja considération et de respectueux égards. Entrons dans l'étude de cet important sujet; oublions pour un instant les avantagea dont nous jouissons en paix, pour contempler ce que
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nous serions sans la salutaire intervention de ce Sauveur qui nous a apporté la sagesse d'En-Haut; que chacun de nous se pénétrant de sa propre faiblesse et des nombreux obstacles que rencontre tout changement social , bénisse la puissante action de là Parole divine qui a sa triompher de ces obstacles ! Vous surtout, femmes chrétiennes] comprenez tout ce que vous devez à oe bon Sauveur qui ne vous a point laissées sans défense au milieu de la barbarie ou de la corruption ! Que tous ensemble, reconnaissants de si grands bienfaits, nous sachions nous écrier du fond du cœur, en tournant vers le Père céleste un regard d'adoration : Ton règne vienne!