CONCLUSION
Ces bienfaits de l'Évangile ont leurs corrélatifs dans les devoirs des citoyens, et nous devons, en terminant, vous les signaler. Aimez votre patrie; c'est un sentiment qui ne trouve que des encouragements dans la morale évangélique ; aimez le sol où la Providence vous a placés, les institutions au milieu desquelles vous avez vécu, les concitoyens dont vous êtes entourés; employez vos forces à augmenter la prospérité générale, à faire le bien de vos semblables, à embellir le séjour terrestre qui vous a été assigné ; soyez jaloux des droits, de l'indépendance et de l'honneur pour votre pays; la nature vous dicte ces sentiments et la religion les approuve. Mais, je le reconnais, la religion veut quelque chose de plus ; elle veut que l'amour de la patrie terrestre soil sanctifié par l'amour de la patrie céleste dont vous êtes aussi bourgeois ; elle veut que ces deux affections soient dans votre cœur intimement unies, et la clef, le principe de cette nnion, c'est que vous dirigiez vos volontés, vos lois, vos institutions vers le règne de la charité et de la sainteté ; charité et sainteté, tels sont les caractères distinctifs du séjour céleste qui vous attend dans l'avenir; humanité et moralité, tels doivent être aossi les caractères correspondants du séjour terrestre où vous devez vous préparer pour les nouveaux eieux et la nouvelle terre : que ce soit là le point de vue dominant de vos patriotiques pensées; réalisez-le dans les personnes et dans les choses.
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S'il s'offre à vous une législation dure, tyranniquc, ou contenlieuse et processive, ou propre à soulever les passions haineuses, repoussez-là; travaillez sans doute àcequeleméchantsoitfermementréprimé, mais qu'on reconnaisse dans votre oeuvre les disciples de Celui qui veutfaire du bien à tous et n'avoir aucune acception de personnes.
Surtout que la moralité publique vous trouve prêts à la défendre en toute occasion; ne transigez jamais à ce sujet; la moindre faiblesse produirait des fruits amers. Que vos lois protègent toujours la simplicité des mœurs, l'esprit de famille, la décence et la tempérance; que jamais elles ne tendent des pièges à la vertu en laissant au mal des facilités déplorables; ne craignez pas de montrer hautement votre préférence pour les gens moraux sur ceux d'une inconduite notoire; fuyez les joies illicites et ne laissez pas rejaillir sur votre patrie les hontes dont elle a su se préserver. Citoyens et magistrats, tels sont vos devoirs; tel est l'amour de la patrie réchauffé au foyer du christianisme; vous avez entendu l'appel sérieux de l'Évangile et vous y répondrez; ce n'est point au nom de la politique qu'il vous est adressé, quoique sans doute il fut d'une sage politique de l'écouter toujours; c'est au nom de la conscience, au nom de la morale, au nom de la religion, au nom du Dieu dont proviennent cette conscience, celte morale, cette religion. Ah! oui! aimez votre pays; aimez-le toujours; aimez-le avec ardeur, avec tendresse; mais que votre amour soit celui d'un chrétien qui recherche sans cesse toutee qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle ! Amen !