CONCLUSION
Nous voici parvenus, chrétiens, au terme de In tâche que nous nous étions proposée; nous avons étudié les principes dogmatiques et moraux de l'Évangile, et de cette étude est résultée pour nous la conviction que le christianisme devait produire au sein des sociétés humaines les plus heureux effets ; nous avons voulu vérifier cette conclusion, et nous avons indirectement recherché ces effets tels que nous les fournit l'histoire de dix-huit siècles; les miracles de l'action évangélique se sont offerts en foule à nos observations ; le monde païen tiré de la corruption dès l'apparition de l'Évangile par l'exemple de ses premiers sectateurs, la barbarie vaincue et les portes ouvertes à la civilisation, la constitution de l'esprit de famille par la sainteté du mariage, la réhabilitation de la femme, l'abolition de l'esclavage, le rapprochement des conditions sociales par la seule égalité qui soit possible et désirable, l'humanité et la moralité introduites dans les lois, dans l'action des gouvernements et dans les relations internationales, l'Église dotée d'un culte spirituel, ta liberté de conscience reconnue : tels sont les bienfaits de l'Évangile; un seul de ces faits immenses suffirait pour immortaliser une doctrine, une époque, un homme; que dire de la religion qui les a tous fécondés dans son sein et les a répandus en abondance au milieu de ses disciples? Un devoir, un grand devoir résulte pour nous tous de la grandeur même de ces bienfaits ; c'est de travailler efficacement,
avec constance, avec ardeur, au progrès d'une doctrine si pure et si belle ; c'est de ne point nous contenter de dire machinalement : Ton règne vienne, mais d'agir de toutes nos forces pour le progrès de ce règne.
Ne nous le dissimulons pas, la foi évangélique a, dans ce moment, de rudes ennemis à combattre : un vent de scepticisme a soufflé dans les hautes régions de la science, et des philosophies célèbres ont détourné de l'Évangile des esprits sérieux, mais présomptueux; les restes hideux de l'incrédulité matérialiste du dernier siècle se retrouvent dans les classes sociales les plus nombreuses, parmi lesquelles l'indifférence, et par suite la démoralisation, exercent de cruels ravages ; les classes supérieures, amollies par une longue prospérité et par les délices d'une civilisation croissante, perdent de vue la nécessité de ce combat continuel que le christianisme doit livrer aux tentations et s'affaissent sous la recherche des aises; voilà bien des entrées ouvertes au génie du mal, bien des obstacles aux influences évangéliques. Si donc vous désirez la diminution de ces influences (et comment pourrionsnous supposer que vous ne la désirez pas?), montrez votre désir par votre conduite. Celui qui veut le règne de Christ en soi se sanctifie; celui qui le veut au milieu de ses concitoyens, de ses proches, cherche tout ce qui peut contribuer à la paix et à l'union; celui qui le veut au milieu des peuples encore plongés dans l'ombre de la mort, encourage les efforts entrepris pour porter au loin la bonne nouvelle du salut : sanctification, union, zèle, tels sont les moyens à la portée de l'homme qui souhaite avancer selon ses forces le progrès du règne de Dieu.
La sanctification d'abord. Comment, je vous le do-
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mande, amener l'empire de Jésus, si on ne lui assure pas avant tout une pleine obéissance dans son propre cœur? Où puisera-t-on l'ardeur nécessaire pour répandre l'Evangile, si l'on ne prêche d'exemple, et si l'on n'est pas profondément pénétré soi-même des pensées évangéliques? Combien, au contraire, on saura donner d'efficace à ses bonnes intentions , si l'on accepte de fait et sans hésiter le joug de l'Évangile! Un seul vrai chrétien, chrétien dans toute l'étendue de ce mot, fait autour de lui un bien inexprimable, il répand au loin une lumière sanctifiante ; quel immense bénéfice s'il pouvait s'en rencontrer quelques-uns, s'en rencontrer plusieurs au sein de la nation 1 L'éclat de leurs vertus luirait devant les hommes et les porterait à glorifier le Père céleste, source infinie de toute vertu.
L'union ensuite et la charité. Point de christianisme sans charité, point de christianisme réel là où règne la convoitise, la jalousie, l'esprit de procès, l'amour de la dispute, la discorde; point de chance véritable aux progrès évangéliques tant que dure l'empire des passions haineuses. Pensez-y sérieusement, ce n'est pas seulement par des discussions politiques que se fomente la désunion ; celui qui sépare des concitoyens et des frères sous prétexte de religion, celui qui sème la défiance entre les diverses classes de la société, celui qui enseigne comment on peut violer la justice et enfreindre le droit, tous ceux-là sont responsables pour leur part à l'instant où la discorde éclate violente et terrible; ils ont mis dans la pâte un fatal ferment, et le moment vient où ce ferment produit ses effets.
Le zèle enfin : zèle à la fois pieux et éclairé qui désire pour tous les peuples le bénéfice des doctrines chrétiennes , qui encourage les tentatives de hardis mis-
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sionnaires et se réjouit à l'annonce des conquêtes que fait au milieu des gentils la folie de la croix.
Veillez donc et priez : veillez sur vous-mêmes, afin de donner à tous un exemple de sainteté; veillez autour de vous, afin de maintenir intacte l'union des âmes et L'amour du prochain; priez pour te prompt accomplissement des promesses que le Dieu de l'Évangile a daigné faire à ses disciples. Le jour viendra où il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul berger; le temps arrivera où toutes les nations de la terre fléchiront le genou et où toute langue confessera que Jésus est le Christ à la gloire de Dieu le Père; tout passera, tout disparaîtra, les cieux même et la terre s'évanouiront comme au bruit de la tempête; seule, la parole de Dieu ne passera point; il ne s'en effacera pas même un seul iota, et contre elle les portes de l'enfer ne prévaudront jamais. Qu'elles sont belles! qu'elles sont encourageantes ces divines promesses! De quelles merveilleuses espérances ne doivent-elles pas remplir le cœur des croyants ! Déjà, sans doute, le voile a été levé pour nous; déjà nous avons pu contempler une partie des bienfaisantes dispensations du Très Haut! Cependant ce n'est encore là que le bord de ses voies, et il est réservé à l'avenir, à un immense avenir, d'en développer toutes les magnificences. Heureux ceux qui pourront voir ces temps merveilleux! heureuses les Dations pour qui Dieu a réservé ce sublime spectacle ! heureuses surtout celles qui sauront en comprendre la grandeur! Eu vain la faible humanité lutte au sein des vanités de ce monde, et y cherche avec angoisse cette unité, cette direction fixe qui lui échappe sans eesse ; l'Évangile lui en offre seul la perspective et lui eu montre dans le lointain l'entière possession. Unité
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de pensée avec le Créateur, unité de charité avec les hommes, unité de vue sur la vie à venir et de marche vers le Ciel : l'Évangile renferme tout cela.
Dieu souverain ! auteur de toute grâce excellente ! accomplis ta vertu dans notre infirmité. Donne toimême gloire à ta Parole. Puissions-nous par elle, par sa puissante efficace, savourer la joie de t' appartenir et dans le temps et dans l'éternité!
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