DOC IM ASIE PULMONAIRE
chiffres qui renversaient la proportion et donnaient l’avantage aux poumons d’enfants mort-nés. Cette méthode est donc à rejeter dans une expertise, elle ne conserve de valeur qu’au point de vue scientifique pur pour établir qu’il y a augmentation du poids du poumon sous l’influence de l’acte respiratoire.
Je me hâte d’arriver à la seule méthode vraiment
décisive pour déterminer à la fois le fait de la respiration et de la vie chez le nouveau-né. Son importance est si grande que je me propose d’y insister longuement, et je vais vous exposer, dans leurs plus minutieux détails, en exécutant sous vos yeux ces différentes opérations, toutes les précautions à prendre, pour rendre l’épreuve concluante.
Cette méthode porte le nom de Galien, parce qu’il en a posé le principe dans son livre De usu partium ; mais elle a été définitivement introduite dans la pratique médico-légale par Thomas Bartholin en 1664. Elle est basée sur l’augmentation de volume ou mieux sur la diminution de densité que subissent les poumons qui ont respiré. Autrement dit elle est fondée sur l’énorme différence de densité qui existe entre les poumons qui ont respiré et ceux qui n’ont pas été pénétrés par l’air. Les premiers surnagent dans l’eau ordinaire, les autres plongent, dans ce liquide. Le principe est donc d’une extrême simplicité et d’une exactitude mathématique .
A ces qualités, déjà si précieuses, la méthode de Galien joint l’inappréciable avantage d’être d’une exécution facile, ne nécessitant aucun outillage spécial. S’il en est ainsi, ce n’est point la faute de certains
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autours qui so sont évertués à plaisir à multiplier les précautions préliminaires et à introduire dans cette opération des complications inutiles. Les uns recommandent de fa ire usa ge d'un vase de verre dont ilstixent les dimensions, les autres veulent ({lie l'on opère avec de l'eau à di lieront os températures, comme s’il s'agissait do constater les plus minimes ditlérenees de poids spécifique entre l'eau et le corps qui y est plongé, l'ont cela, par bonheur, est parfaitement oiseux, et fussiez-vous dans la campagne la plus reculée, loin de toute ressource, vous pourrez toujours faire cette opération dans des conditions satisfaisantes.
N ous remplisse/ d'eau potable, à la température ordinaire, un vase dans lequel vous allez plonger les viscères du frottis, l u seau, ou un baquet quelconque, sutlii pourvu qu'il soit assez profond et assez large pour laisser les organes se mouvoir eu liberté. Voilà tout l'outillage exigé par l'expérience.
On procède alors à l'autopsie en suivant le manuel opératoire que je vais exécuter, ,1e pratique sur le devant de la poitrine, depuis la base du thorax jusqu'au sommet, une double incision qui coupe les cartilages costaux à leur insertion aux cotes. Je les réunis inférieurement par une incision transversale, et je relève en masse le sternum avec les cartilages qui y sont adhérents, eu séparant le périeaisle. Puis je désarticule avec soin les clavicules pour ne pas léser les gros vaisseaux sous-jacents. Prolongeons en haut et sur le devant du cou les deux premières incisions, qui viennent se réunir au niveau du larynx. Quelques auteurs recommandent même de les prolonger j usqu'au niveau
DOCIMASIE PULMONAIRE.
du maxillaire inférieur que l’on coupe également. Cela permet, en écartant les deux branches, de voir aisément jusque dans l’arrière-gorge s’il n’y a pas des traces de violence.
Nous avons mis ainsi à découvert tous les viscères contenus dans la cavité thoracique, le cœur dont le péricarde est ouvert, les poumons, le thymus, les gros vaisseaux, la trachée artère et le larynx.
Avant d’extraire ces organes pour faire l’épreuve de la docimasie, il est indispensable d’ouvrir la trachée artère et d’examiner si elle ne contient pas du sang ou de la mousse, indices d’une grande valeur, qui disparaîtraient pendant l’opération.
On détache la trachée après l’avoir séparée du larynx. Attirant en avant son extrémité supérieure avec une pince, on rase avec le scalpel la colonne vertébrale pour détruire toutes les adhérences; puis arrivé au niveau du diaphragme, on ramène l’instrument en avant. On enlève ainsi d’un seul coup toute la masse des viscères contenues dans la cavité thoracique.
Quelques auteurs recommandent de lier au préalable la trachée, l’aorte et les veines caves, autant pour ne pas laisser écouler le sang qui y est contenu que pour ne pas y laisser pénétrer l’eau. C’est là une complication bien inutile, et je me fonde pour le dire sur la haute autorité de Tardieu ; la perte de sang, d’ailleurs peu considérable, est compensée au-delà par le poids du thymus et du cœur et par l’eau qui pénètre dans ces tubes ouverts.
La masse des organes ainsi extraite est portée dans
le vase suffisamment rempli d’eau et abandonnée à elle-même. C’est, à proprement parler, le premier temps de la docimasic pulmonaire.
Ce premier temps, bien qu’il ne démontre pas absolument l’existence ou l’absence de la respiration, est obligatoire, parce qu’il permet de résoudre des questions incidentes qui feraient fatalement le sujet d’objections plus ou moins fondées dans les débats, si on négligeait de l’exécuter.
Le deuxième temps consiste à séparer les poumons des autres organes et à répéter sur chaque poumon isolément l’épreuve de la docimasic. Il fournit déjà des présomptions plus grandes que le précédent, mais il 11e donne pas encore la certitude désirée.
Le troisième temps seul conduit à des résultats concluants. Il consiste à couper chaque poumon par petits morceaux du volume d’une noisette; à mettre chacun d’eux successivement dans l’eau et à les malaxer assez fortement entre les doigts sous l’eau.
Nous allons examiner l’un après l’autre ces différents temps de l’opération et discuter les indications que l’on en peut tirer.
Premier temps. — La masse des organes est plongée dans l'eau. — Trois cas sont à considérer :
1° La masse surnage.
2" L’ensemble des organes reste entre deux eaux.
3° Il y a immersion totale, la masse gagne le fond de l’eau.
(a) La masse surnage. — Cela indique que, malgré le supplément de poids provenant du cœur et du thymus, la masse totale a une densité inférieure à celle