DOC IM A S LE 1> U LM () N A I H K
est mamelonnée de petites bulles plus ou moins volumineuses, translucides, pleines de gaz, analogues aux bulles de F emphysème sous-pleural ou interlobulaire. C’est en effet dans le tissu interlobulaire que se développent les gaz putrides. A la coupe, le parenchyme est ramolli et de couleur mélangée de rouge, de gris
et de vert.
Avant de procéder à la docimasie sur de pareils poumons, il faut percer ces petites bulles une à une avec la pointe d’une épingle, pour donner issue aux gaz ; puis on les fragmente, et on presse les morceaux sous l’eau, suivant le procédé ordinaire. Les gaz s’échappent facilement, parce qu’ils ne sont pas contenus dans les alvéoles, mais bien dans le tissu interlobulaire. Ils forment alors, sous l’eau, des bulles relativement volumineuses, qui éclatent à la surface du liquide et qui sont bien différentes des innombrables petites bulles que l’on fait sortir des poumons ayant respiré (1). Quand on a bien chassé les gaz, si les fragments surnagent, on peut conclure à Fexis-
(1) N. B. Il est un moyen, que je n’ai vu signalé nulle part, et qui me paraît avantageux pour différencier les bulles d’air de celles qui sont fournies par les gaz putrides, et surtout pour reconnaître la pénétration de l’air dans les alvéoles, quand les poumons n’en contiennent qu’une très-faible quantité.
On enlève avec des ciseaux fins une très-légère couche du poumon et on la porte sur une lame de verre servant aux préparations histologiques; on ajoute une goutte ou deux d’eau ou de glycérine, et on recouvre le tout d’une petite lamelle en observant les précautions ordinaires; on presse sur la lamelle avec l’extrémité d’une baguette. Aussitôt on voit sourdre en groupes serrés les bulles, dont le volume et les autres caractères sont alors remarquablement nets.
Si la préparation est assez fine, on peut même, avec un objectii
tence de la respiration. Dans ce cas, on voit, au moment de la compression, les petites halles de l’air contenu dans les alvéoles se mêler, sous forme de mousse, aux grosses bulles des gaz putrides.
Nous avons vu plus haut que, dans le cas contraire, lorsque le fragment putréfié tombe au fond dç l’eau, on admet que c’est une preuve d'absence de respiration. Il y a cependant une réserve à faire sur cette conclusion trop absolue.
Lorsque la putréfaction est complète, il peut arriver que des poumons ayant respiré ne surnagent pas. La désorganisation du tissu pulmonaire a été telle, qu’il s’est liquéfié, pour ainsi dire, au point que les gaz putrides, développés dans les premiers temps, se sont échappés spontanément, et que l’air, contenu dans les alvéoles, a pu se dégager par suite de la destruction de leurs parois. Dans ce cas, d’ailleurs très -rare, la docimasie pulmonaire ne peut donner aucun résultat, ni pour ni contre.
Il est encore plusieurs causes d’erreur dans l’épreuve de la docimasie, par exemple : la congélation qui fait surnager les organes ; la coction qui les fait plonger; la macération dans l’alcool; les altérations pathologiques. Mais la discussion de ces faits, que
faible, l’examiner au microscope. On est frappé dans ce cas de voir combien deviennent caractéristiques ces milliers de petites bulles, que l’on surprend pour ainsi dire au moment où elles s’échappent des alvéoles.
Cette épreuve, à mon avis, acquiert bien plus de valeur encore, si l’on a soin de la pratiquer alors que par la compression sous l’eau on a déjà chassé la plus grande partie des gaz contenus dans le fragment de poumon sur lequel on fait la coupe. E. C.