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ENTRE LE DICR0T1SME ET LA BIGEMINATION

pas une deuxième systole. C’est qu’en effet ce soulève ment n’a point de rapport avec les mouvements du cœur; il se passe exclusivement dans les vaisseaux; il est dû à un va-et-vient de l’onde sanguine. Mais ce ne sont pas là les seules différences entre les deux phénomènes.

Dans la bigémination, un intervalle assez grand sépare toujours les deux soulèvements; dans le dicrotisme, souvent on les trouve très rapprochés l’un de l’autre.

Le soulèvement surajouté constituant le dicrotisme offre ordinairement encore moins d’ampleur que celui de la bigémination; il est d’autant plus accusé, ainsi que l’a montré Marey, que l’on examine une artère plus éloignée du centre; le contraire s’observe dans le pouls bigéminé.

Le dicrotisme est toujours un signe de faible tension constante; il nécessite une impulsion cardiaque énergique, une perte de l’élasticité artérielle.

La bigémination peut se montrer dans des cas de ten sion constante forte ; presque toujours, comme nous le verrons, elle indique un état de faiblesse du cœur.

Le dicrotisme se rencontre dans toutes les affections s’accompagnant d’une diminution de la tension constante; on le voit dans l’état physiologique; la bigémination s’observe rarement dans ces conditions; on la constate surtout après l’administration de la digitale.

Les observations de pouls bigéminé en dehors de l’action de la digitale ne sont pas, en effet, nombreuses. Lorain, dans son ouvrage, en cite deux cas chez des' femmes nouvellement accouchées; il donne aussi le tracé du pouls d’un malade atteint d’affection aortique et qui offrit pendant la convalescence d’une pneumonie intercurrente un pouls bigéminé, sans qu’on lui ait administré

CAS DE BIGÉMINATION de la digitale ; mais il suffit d’examiner ce tracé pour se convaincre qu’il ne s’agissait pas d’une bigémination régulière, trois ou quatre pulsations normales se succédant souvent sans pulsations secondaires. Il l’a rencontré aussi chez un tuberculeux de cinquante- cinq ans. Marey en a observé un exemple offert par un vieillard; il attribue son apparition dans la sénilité à des influences respiratoires.

Les faits de bigémination sous l’influence de la digitale sont moins rares ; Lorain en rapporte quatre ou cinq ; il parle d’un homme de 51 ans, sans antécédents rhumatismaux, affecté d’une lésion cardiaque caractérisée par un dédoublement du premier bruit à la pointe avec un pouls régulier. Après l’usage de la poudre, à la dose de 0 gr. 30 pendant plusieurs jours, le pouls devient irrégulier, puis bigéminé; la saturation existant alors, on suspend le médicament ; la durée de la bigémination, la fréquence des pulsations avant et après, ne sont pas indiquées; il cite l’observation d’une femme de 57 ans atteinte d’insuffisance mitrale, dont le pouls est fréquent, inégal, et chez laquelle la digitale, donnée pendant trois jours consécutifs à la dose de 0 gr. 50, fait apparaître le rythme bigéminé.

Il parle encore d’un homme de 42 ans présentant une lésion cardiaque non spécifiée, avec des battements telle ment tumultueux, qu’il est impossible d’arriver à un diagnostic exact; après quatre jours de digitale, le tracé devient plus ample, plus régulier ; après sept jours, il est bigéminé ; enfin la mort survient. A l’autopsie, on note l’athérome de l’aorte, des végétations des sigmoïdes aortiques, une hypertrophie très considérable du cœur sans lésion mitrale. Il s’agit plus loin d’un individu atteint

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