‹ Conférences pratiques de médecine légaleChapitre 63 sur 99 · INTERPRETATION · texte numérisé non relu

INTERPRETATION

Le 28, pleurésie droite.

Le 3 juillet, souffle diastolique de la base, beaucoup moins marqué ; souffle systolique de la pointe, très accusé.

Le 23, pouls irrégulier (140).— Prescript. ; 1 gr. 50 poudre de digitale.

Le 24, pouls 92.

Le 25, pouls 88, bigéminé ; une pulsation forte, une pulsation aitde successivement. — Suppression de la digitale.

Le 28, pouls 80, toujours bigéminé.

Le 29, pouls 144; la bigémination a cessé.

Le 1er août, pouls irrégulier ; fausse intermittence ; une pulsation sur trois manque à la radiale.

Pendant tout le mois d’août, le pouls est irrégulier.

Le 20 septembre, l’irrégularité persiste. — 0,25 digitale.

Le 22, pouls bigéminé.

Le 23, la bigémination cesse. — Suppression de la digitale.

Le 4 novembre, on prescrit de nouveau 0 gr. 25 de poudre. Sous cette influence, le pouls se régularise, mais ne prend pas le type géminé.

Avant cle rechercher comment on peut interpréter la production de la bigémination digitalique, il me semble utile de passer en revue les explications invoquées par les auteurs pour la bigémination en général. Je crois qu’il est bon de citer aussi las expériences de Marey et de rechercher si elles peuvent nous faire comprendre cette modification circulatoire dans le cas qui nous occupe.

Tout d’abord on serait tenté d'admettre un défaut de synergie entre les deux cœurs, expliquant le quadruple bruit entendu à l’auscultation. Beaucoup de médecins croient en effet à la contraction isolée d’un des ventricules, mais F. Franck, comme je l'ai déjà dit, a montré, en s’appuyant sur de nombreuses expériences, que cette opinion était fausse; jamais il n'a observé le défaut de synchronisme entre les deux cœurs, et d'ailleurs, dans

DE LA BIGÉMINTION

le phénomène de la bigémination, on ne saurait supposer qu’une systole du ventricule droit donnât naissance à une pulsation dans le système de la grande circulation ; il faut, de toute évidence, accepter une double contraction des deux cœurs.

Mais dans la bigémination l’organe central de la circulation est-il affaibli, ou bien, au contraire, peut-on croire qu’il se contracte avec beaucoup d’énergie, que sa force n'est pas dépensée complètement à chaque systole , principale et qu’elle se manifeste alors, après cette systole, par une systole supplémentaire ?

D’après Guttmann, le pouls bigéminé serait toujours l’indice de la parésie du cœur, ainsi que le prouvent des expériences faites sur les animaux; en effet, si l’on curarise préalablement des animaux et qu’on suspende la respiration, on voit le pouls, sous l’influence de la diminua tion non interrompue de la tension sanguine, présenter d'abord le caractère bigéminé, puis se ralentir et finir par s’éteindre avec les derniers battements du cœur.

Les observations citées par Lorain, les deux que j’ai rapportées, semblent bien indiquer un affaiblissement de l’organe central de la circulation et être d'accord avec ces expériences, en raison des symptômes présentés par les malades, du ralentissement très marqué du pouls, de l'état du cœur à l’autopsie; d'ailleurs, la bigémination, en dehors de la digitale, est observée chez des individus âgés dont les artères sont athéromateuses et le cœur souvent graisseux ; c’est là un point sur lequel je reviendrai plus loin.

Ainsi le pouls bigéminé est un indice de l’affaiblissement de la contraction cardiaque.

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