AVEC LES EXPÉRIENCES
après le cœur ait repris un peu de sa force, car le tracé rappelle le premier ; la double systole se reproduit, la deuxième cependant n’est pas suffisante, pour donner toujours lieu à une pulsation radiale ; le malade meurt subitement, peut-être par arrêt du coeur.
Dans la deuxième observation nous sommes en présence d'un homme encore jeune, asystolique ; son cœur est hypertrophié sans dégénérescence graisseuse ; son pouls très irrégulier. En raison de cette arythmie circulatoire, on prescrit la digitale à une dose élevée (1 gr. 50 de poudre); sous cette influence le pouls diminue beaucoup de fréquence et la bigémination apparaît dès le surlendemain ; mais elle cesse quatre jours après la suppression du médicament ; elle se montre de nouveau sous l’influence d’une dose beaucoup plus faible.
De ces observations, de celles qui ont été publiées par les auteurs, nous ne pouvons pas tirer des conclusions bien nettes relativement à l’état du cœur ; habituellement on a affaire à des malades asystoliques déjà d’un certain âge, dont le cœur est affaibli, dilaté plutôt qu’hypertrophié ; dans quelques cas cependant le pouls ne présente pas d’irrégularité avant la bigémination.
Il semble tout d’abord que cette variété de rythme ne soit pas toujours un symptôme indiquant un cœur graisseux et une issue fatale à bref délai, ainsi qu’on l’a admis d’après des expériences sur les animaux. Le malade deM. le professeur Lépine est resté plusieurs mois dans son service après avoir offert le pouls bigéminé, et son état s’est amélioré manifestement. D’ailleurs M. le professeur Chauveau, dans des expériences auxquelles j’ai déjà fait allusion, a obtenu,
après la digitale, la bigémination sur des chevaux dont 15 o