‹ Conférences pratiques de médecine légaleChapitre 70 sur 99 · LA CLINIQUE S ACCORDE-T-ELLE · texte numérisé non relu

LA CLINIQUE S ACCORDE-T-ELLE

le cœur n’était pas atteint de dégénérescence graisseuse.

Mais si la bigémination digitalique peut survenir même chez des sujets peu affaiblis, elle est constamment l’indice d’un début d’intoxication, ou tout au moins d’une action trop énergique du médicament ; car avec ce type circulatoire coïncide toujours une grande lenteur du pouls.

Pendant ce premier degré d’intoxication, la force des systoles cardiaques ne se trouve pas beaucoup augmentée relativement à l’état antérieur ; il en est de môme de la tension intraartérielle ; ces conditions, je crois, doivent faire rejeter dans le mécanisme de la bigémination l’hypothèse d’une sorte de reflux mitral, par suite d’une pression exagérée, c’est-à-dire la théorie de Marey. De plus pourquoi le rythme bigéminé, s’il s’expliquait par un simple jeu de valvule, ne se rencontrerait-il pas également dans certains cas où la digitale ne dépasse pas le but, où elle ne ralentit le pouls que dans les limites thérapeutiques ? Pourquoi ne se rencontrerait-il pas aussi beaucoup plus souvent à l’état physiologique ?

D’ailleurs dans aucune observation on n’a cité le souffle qu’indique Marey ; le malade de l’observation xiv présentait un souffle systolique, mais ce souffle existait avant l’apparition du rythme bigéminé. Les tracés sphygmographiques ne sauraient être invoqués pour ou contre l’hypothèse d’un reflux mitral et d’un accroissement dans la pression aortique. Leur interprétation est beaucoup plus difficile que celle des tracés de Marey; dans ces derniers, les pulsations faibles étant séparées par plusieurs pulsations fortes, on peut constater la diminution de l’amplitude des oscillations pendant cet intervalle, et par conséquent l’augmentation de tension ; avec le pouls bigéminé

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