‹ Conférences pratiques de médecine légaleChapitre 87 sur 99 · INTOLÉRANCE · texte numérisé non relu

INTOLÉRANCE

préférer à la digitaline amorphe ? les praticiens ne sont pas tous du même avis. Devergie1, Const. Paul répondent affirmativement, mais G. Sée et plusieurs autres la regardent comme dangereuse et difficile à manier; M. Teissier se range à cette opinion : il a plusieurs fois observé des troubles graves causés par son administration et croit qu’on n’a pas intérêt à l’administrer plutôt que la digitaline d’Homolle.

Mais si en clinique, lorsqu’on la donne sous forme de granules, son activité est bien supérieure, il n’en serait pas de même pour certains expérimentateurs quand on l’étudie en solution sur des animaux. Blaquart admet la plus grande énergie de la solution cristallisée; c’était aussi l’opinion de Vulpian qui recommandait de pratiquer l’injection chez la grenouille dans la région abdominale. Plus tard, le savant professeur montra que la digitaline cristallisée en dissolution n’avait pas plus d’activité que la digitaline amorphe, à cause de sa solubilité moins grande.

Une des raisons pour lesquelles quelques praticiens préfèrent la digitaline amorphe à la digitale, dans certains cas d’affections cardiaques, c’est qu’elle amène beaucoup plus rarement l’intolérance gastrique (trois fois sur cent seulement, d’après Homolle et Quévenne).

En effet, la digitale provoque des nausées, des vomissements, enlève l’appétit ; tous ces troubles digestifs dé pendent des préparations employées, des doses auxquelles on les administre, et de l’état de la muqueuse gastro-in tcslinale.

1 Devergie, Acad, de médecine (séance du 21 mai 1871).

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