cent
5 à 20 gram.
36 gram.
7 cent.
4mc mois. . . .
5me mois. . . .
6me mois. . . .
7me mois. . . .
8,ne mois . . .
9,uc mois ....
10,ne mois
(1) Pinard, art. fœtus, in JJict. encycl. des sc. méd ,, page 47G.
Si vous comparez ce tableau de Hecker à d’autres
analogues provenant de différents auteurs, vous trou-
verez entre eux de très-grands écarts qui s’expliquent par la difficulté d’observer de nombreux foetus d’âges variés et d’obtenir ainsi une moyenne basée sur une quantité suffisante d’individus. Vous savez en outre combien il est difficile de déterminer avec exactitude la date de la conception : or dans les premiers mois de la vie intra-utérine une erreur de 8 à 15 jours se traduit par des variations énormes dans le développement du produit. Le tableau de Hecker a réuni, comme vous le voyez, un nombre important de foetus aux divers stades de la vie intra-utérine ; nous pouvons donc avec M. Pinard prendre ses données pour bases de nos appréciations, sans perdre de vue qu’il fournit une moyenne et qu’il peut y avoir, par suite de grands écarts, en plus ou en moins dans un cas particulier.
Le foetus que je vous présente pèse 645 grammes comme ceux de Hecker qui ont atteint le 6e mois. Si vous considérez l’extrême différence de poids qui existe entre des produits de 5 ou de 7 mois et ceux de 6 mois, il est infiniment probable que celui-ci est très-voisin de cet âge. Sa longueur, 34 centimètres, correspond aussi à la même période de la vie fœtale. Le poids du placenta, 225 grammes, quoique un peu faible, se rapporte assez exactement aux indications du tableau. Quant au cordon il n’a que 30 centimètres comme chez les fœtus de 5 mois. Mais en présence de la concordance des chiffres fournis par la mensuration et la pesée du corps et du placenta, nous pouvons
DÉTERMINATION DE L’AGE. 55
négliger les indications divergentes données par la longueur du cordon. De cet examen nous pouvons conclure que le fœtus est né avant terme, vers le 6° mois delà vie intra-utérine.
Cette approximation est assurément très-relative. On conçoit très-bien que le tableau ne fournissant que des moyennes, les unités qui ont servi à le dresser ont pu varier en plus ou en moins dans des limites assez étendues. A quel ordre d’unités faibles ou fortes appartient notre sujet? C’est ce que nous ne savons pas encore. D’autres signes, d’autres indications, que nous trouverons dans l’examen plus complet du cadavre, nous l’apprendront. Contentons-nous pour le moment d’affirmer que né avant terme, il a le poids et la longueur d’un produit de 6 mois.
Les autres signes qui permettent d’apprécier l’âge du fœtus se tirent du degré de développement de certains organes et en particulier du développement de la peau et de ses annexes. Chemin faisant, je vous indiquerai les principaux d’entre eux, en insistant davantage sur ceux qui appartiennent à la période où ce fœtus est arrivé. Malgré l’altération qu’elle a subie, il est facile de voir que la peau est bien formée, qu’elle est épaisse et non transparente. C’est à partir du 4e mois qu’elle acquiert cet aspect désormais définitif. Le système pileux est déjà fort développé : le cuir chevelu est garni de cheveux, pâles, abondants et assez longs pour être pincés entre les doigts, un léger duvet couvre la face, surtout au niveau de la racine du nez et sur le front. Les cheveux et le duvet apparaissent dans le 5e mois, et vers le 6e les cheveux ont
déjà une certaine longueur, connue chez notre sujet. — De plus si vous examinez attentivement la région sourcilière et le bord libre des paupières, vous y verrez de petits poils qui sont des rudiments de cils et de sourcils, et qui ne se montrent que vers le 0e mois. — Le degré de développement du système pileux permet d’affirmer que le sujet est arrivé à la fin du 5e mois ou au commencement du 6e. Mais il n’a pas dû dépasser de beaucoup le 1 80e jour de la conception, car nous ne trouvons pas sur lui les traces de l’accomplissement d’une autre fonction de la peau, qui s’établit après cette époque, je veux parler de la sécrétion des glandes sébacées. La matière sébacée s’accumule d’ordinaire dans les aisselles et dans les plis inguinaux, c’est là que nous l’avons cherchée avec soin, sans en retrouver la trace. A moins d’admettre qu’elle a été détruite par suite des conditions de milieu dont nous parlerons bientôt, il en résulte que ce fœtus n’a pas encore atteint le cours du 6e mois où cette fonction s’établit. Les ongles ont une consistance cornée, comme cela a lieu à partir du 5e mois, mais ils sont loin de recouvrir toute la dernière phalange. Les membres inférieurs sont plus longs que les supérieurs et le cordon est inséré à une assez grande distance du pubis. Ces derniers caractères indiquent également que le 5° mois est accompli. L’examen des organes génitaux n’ajoute rien aux renseignements précédents, car dès le 4e mois ils sont bien développés.
Tels sont, Messieurs, les plus importants des caractères extérieurs qui nous permettent de fixer l’âge de notre sujet, sans porter le scalpel sur lui. Nous pour-
DÉTERMINATION DE l’àGF.
rions nous en tenir là, parce que notre jugement est suffisamment éclairé par les données que nous ont fournies la mensuration, la pesée, le degré de développement de la peau, du système pileux, etc. Mais si au lieu de nous trouver en présence d’un cadavre entier, nous avions eu à examiner un cadavre mutilé, ces éléments d’appréciation nous auraient fait défaut. Eussions-nous été désarmés pour cela ? Non, car nous possédons d’autres signes, tirés de l’examen du squelette, presque aussi certains que ceux que je vous ai indiqués.
Vous savez que, dans la première partie de la vie embryonnaire, le squelette est purement cartilagineux. Le tissu osseux apparaît plus tard, par points isolés, formant des petites masses, que l'on appelle des points d’ossification. Ils se montrent d’abord sous l’aspect de taches opaques, au centre de la substance transparente du cartilage, constituant bientôt de petits noyaux rougeâtres que le scalpel divise facilement, mais avec plus de peine que les parties environnantes. On les distingue en primitifs et complémentaires, suivant qu’ils occupent le corps ou la partie épipbysaire. Ils apparaissent successivement et avec une certaine régularité dans les différentes portions du squelette. On a relevé minutieusement l’époque de leur apparition, et malgré de nombreuses divergences entre les auteurs, nombre de faits peuvent être établis.
Cette époque paraît bien établie pour quelques-uns d’entre eux. Ce sont les seuls qui aient actuellement de l'intérêt au point de vue des recherches de médecine légale. Je les ai réunis dans ce tableau.
Tableau des principaux points d'ossification chez le fœtus.