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de ND:
son autorité, et d'employer son témoignage pour tout ce qui tient à la religion, et dans l’ordre spéculatif, et dans l’ordre pratique.
Mais je m’entends objecter que l'on accorderait volontiers ce pouvoir à Dieu, si on voyait le moyen de le concilier avec sa sagesse infinie. Eh quoi donc! lui est-il opposé? lui serait:il contraire? Sans aucun doute, dira-t-on, car si, aux devoirs religieux que prescrit la raison, qu’impose la nature même des choses, et dont se compose la religion naturelle, Dieu pouvait, par une libre disposition de sa volonté divine, en ajouter de nouveaux, il faudrait reconnaître, ou que Dieu peut être l’auteur de devoirs inutiles, ou que la nature, dans cette importante affaire de la religion, nous laisse destitués de ce qui nous est nécessaire, ou, pour le moins, utile. Mais l’un et l’autre est également indigne de la sagesse de Dieu; sa sagesse, en effet, répudie le pouvoir de nous imposer des devoirs inutiles, car elle répugne à tout ce qui n’a ni convenance ni à-propos; elle ne repousse pas moins la supposition que Dieu, créateur souverainement sage de la nature, n’aurait pas enri-
chi cette nature de toutes les lumières dont elle a besoin pour découvrir et connaître les devoirs nécessaires et utiles de la religion. Voilà le glaive dont s’arment les rationnalistes, le casque qui les protége; mais le glaive est faiblement trempé, et le casque est fragile.
Prouvons-le.
J’accorde sans difficulté que Dicu ne peut être l’auteur de devoirs inutiles ; j'accorde qu’il est de la sagesse divine de fournir à l’homme les moyens nécessaires et utiles à l’accomplissement de ses devoirs religieux ; mais je nie que les devoirs ajoutés librement par Dieu à ces moyens nécessaires et manifestés par son témoignage surnaturel se puissent ou se doivent considérer comme inutiles; et, conséquemment, je nie que ce soit une même chose pour Dieu de fournir à l’homme ces moyens nécessaires, et de se priver lui-même du droit de gouverner l’homme dans les choses religieuses, au gré de sa volonté libre dans sa souveraine sagesse.
Commençons par la première de ces assertions. Est-il inutile, qui oserait le penser ou le
dire?
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