‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 13 sur 49 · AR 7 GR · texte numérisé non relu

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— it — dire? est-il inutile de préparer un objet, une matière, à des actes vertueux, de nous fournir l’occasion de les exercer plus souvent, de réveiller le sentiment religieux, et de nous faire ainsi mieux comprendre notre soumission envers Dieu? Je m’en rapporte à la raison, j’en appelle à l'expérience.

Je m'en rapporte à la raison, qui ne peut s'empêcher de conseiller à un père, à un prince, à un législateur, qu’ils fassent en sorte de fournir aux hommes confiés à leurs soins des occasions fréquentes de s’exercer à la vertu, de réveiller en eux-mêmes les sentiments du devoir et de la reconnaissance, et de s’habituer à respecter l’autorité qui les gouverne. J'en appelle à l’expérience, qui nous enseignera quel immense avantage on retire de la répétition fréquente des actions honnêtes, et du soin que l’on prend de raviver en soi les sentiments de la justice et de la sainteté.

Or, maintenant, qu’arrivera:t-il si Dieu, dans sa souveraine liberté, nous commande de croire et nous impose d'accomplir ce qui ne nous est

ni commandé ni imposé par la raison ou la na-

ture? Il en résultera, sans aucun doute, que nous sentirons mieux notre dépendance envers lui, que nous l’honorerons plus souvent comme vérité suprême, que nous le respecterons plus souvent comme notre maitre souverain; il en résultera que des liens plus étroits nous uniront à Dieu; notre intelligence en recevra des perfections nouvelles; nous nous enrichirons de mérites nouveaux; en un mot, ce sera pour nous la source d'innombrables et d’éclatants bienfaits.

Rien donc de plus éloigné de la vérité, rien de plus faux, que de prétexter cette crainte des devoirs inutiles, pour enlever à Dieu le droit de nous gouverner librement à son gré dans le plus important de nos devoirs, dans le devoir de la religion.

Reste l’autre assertion, dont il n’est pas plus difficile de démontrer la fausseté. Et, de fait, que veut-on dire quand on affirme que Dieu nous à donné, en nous donnant notre nature, tout ce qui nous est nécessaire et tout ce qui nous suffit pour satisfaire aux obligations de la religion et du culte ? Certes, cela ne signifie pas

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— (65 —que Dieu, s'il le voulait, ne pourrait rien ajouter; cela ne signifie pas que cet ensemble de secours n'ait besoin pour nous servir, par le fait, du concours multiple et répété de Dieu.

Que Dieu ait créé le monde, cela ne le dispense pas d’avoir encore à le gouverner par sa Providence; parce qu'il a donné le germe et la semence, vous ne le priverez pas du pouvoir de concourir à la croissance et au développement de la plante ; parce qu’il nous a fait présent du nécessaire, vous ne l'empêcherez pas d'y ajouter des biens surabondants.

Tout concourt donc à établir cette vérité :

Dieu est libre, s’il le juge à propos, d’ajouter des devoirs aux devoirs et aux obligations de la religion naturelle. Il peut les manifester par son témoignage; et, en outre et au-dessus de ce qu’exige la nature, réclamer une foi plus étendue, imposer des devoirs plus nombreux.

Cette vérité s'appuie sur ses titres les plus incontestables de père, de maitre, de roi; cette vérité s’appuie sur ses attributs divins, sur sa sagesse, sur sa bonté.

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Et, maintenant, on ne nous refusera pas de soumettre à l’examen une parole, une assertion commune à tous les rationnalistes, base de leurs systèmes, motif de leurs chants de victoire.

À les entendre, professer une religion révélée et surnaturelle, n'est autre chose que méconnaître également et la nature humaine et Dieu.

Méconnaitre la nature humaine, car elle se suffit à elle-même; et méconnaître Dieu, car dans sa sagesse il a dû pourvoir à tout par le don de la raison.

Eh quoi donc! mais est-ce là raisonner? et n'est-ce pas plutôt préjuger la question? Est-ce agir en philosophe? n’est-ce pas s’aveugler soimême? La cause du surnaturel n’a rien à redouter, si ce sont là les armes les plus fortes employées à la combattre. Non, ni la perfection de la nature, ni la sagesse de son auteur, ne s'opposent à ce que des dons utiles et avantageux viennent s'ajouter à ses facultés essentielles et nécessaires ; ne défendent d’unir à la lumière de la raison la lumière encore plus écla-

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