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u 7ù — que Dieu, dans ce monde des sens, ne s'est point resserré dans les étroites limites d’un strict nécessaire; c’est qu’il a pris plaisir à se montrer maître libéral, père généreux, monarque bienfaisant, nous prodiguant et l’agréable et l'utile, et les jouissances et la beauté.
Ceci posé, voici comment nous raisonnons .
si Dieu, dans le monde physique des sens, s’est montré si libéral, s’il a prodigué toutes ses richesses, s’il a ajouté au né‘::saire tout ce qui pouvait nous convenir, nous &r2 “tile, nous être agréable : est-il vraisemëläble, est-il probable que, dans le monde invisible et surnaturel de la religion, il se soit laissé guider par les règles étroites du pur et strict nécessaire ? Est-il vraisemblable, est-il probable, qu’il ait préféré l’homme extérieur et mortel à l'homme intérieur et immortel, les sens à la raison, la vie animale à la vie religieuse? Est-il vraisemblable, est-il problable, qu’il ait donné à l’œil du corps cette infinie variété de lumière et de teintes pour contempler les beautés sensibles et jouir de leur splendeur, et que, restreignant en même temps sa libéralité, il n'ait accordé
D que le strict nécessaire à l'œil intérieur de
est | l'âme, pour contempler la beauté divine et ‘un trouver en elle, comme dans son centre, un re- À SC ; pos plein d'ineffables délices? Tant que l’induc- \ar-
tion sera un moyen de distinguer le faux du
ble vrai, de discerner le probable de l’improbable ; tant que, pour agir avec sagesse et prudence, ns - on devra se laisser guider par les règles de l’anaest logie, c’est une absolue nécessité d’en convenir, ri- ils sont à une distance infinie de l'ombre même > qui de la probabilité, tous ces systèmes par lesquels nous on voudrait circonscrire la Providence, et la roba- réduire au pur et strict nécessaire dans l'ordre turel de la religion.
es rè- Ainsi donc, fàt-il parfaitement sûr que les | st témoignages divins manifestés par la voix de la éféré nature, de la conscience et de la raison, sont jee les seuls nécessaires dans l’ordre religieux, il ar rie ne serait pas encore permis d’en inférer qu'il abla- est probable que Dieu n’a rien fait de plus pour il du déployer sa richesse aux yeux de ses serviteurs, et de sa libéralité envers ses sujets.
sibles Mais cela même est-il certain, et devons-nous De regarder le témoignage divin propagé par la
St ee triple voix de la nature, de la conscience, de la raison, je ne dis pas seulement comme nécessaire, mais encore comme suffisant ? Je redoute ici une méprise ; ie crains que des idées confuses et de fallacieuses abstractions ne soient, pour bien des esprits, la source de graves erreurs. Je vais expliquer nettement l'origme ei le motif de cette crainte.
Je crains d’abord que l’on ne confonde ce qui est r'écessaire avec ce qui suflit. Pour vivre il est nécessaire d’être né, mais cela ne suffit pas. Pour voir, les yeux sont nécessaires, ils ne suffisent pas: 11 faut de plus la lumière. Pour le goût le palais est nécessaire, mais ne saurait sullire sans la saveur des mets. Il y a donc une différence, pour quelque chose que ce soil, entre être nécessaire et être suffisant. Et ce serait faire preuve d’une irréflexion déraisonnable que de conclure de la sorte : les témoignages divins proclamés par la triple voix de la nature, de la conscience, de la raison, sont nécessaires pour que l'homme puisse #’acquitter envers Dieu des devoirs de la religion, donc ils sont suffisants, et il ne faut rien deman-